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[E-santé] Vik, le chatbot pour les maladies chroniques et le cancer du sein

La start-up montpelliéraine Wefight fait appel aux technologies de reconnaissance du langage naturel et du machine learning pour proposer un chatbot sur le cancer du sein, ses traitements, ses effets secondaires... Wefight, qui veut intervenir globalement sur les maladies chroniques, travaille sur des solutions "compagnon" pour la dépression et l’asthme, qui pourraient sortir fin 2018.
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[E-santé] Vik, le chatbot pour les maladies chroniques et le cancer du sein
[E-santé] Vik, le chatbot pour les maladies chroniques et le cancer du sein © Wefight

"Vik est un agent conversationnel qui répond aux questions des patients atteints de maladies chroniques ou de leurs proches, assure Benoît Brouard, CEO de la start-up e-santé Wefight. Il ne dénature pas la relation avec le médecin, il remplit au contraire un vide en permettant aux malades de poser des questions, à toute heure, sur un large panel de sujets : le traitement et ses effets secondaires, des questions administratives, d’alimentation, de sexualité... De plus en plus, les traitements ont lieu à domicile, où les patients sont seuls face à leur maladie et perdus dans la masse d’infos des forums santé et sites web."

Ancien pharmacien hospitalier de l’AP-HP, Benoît Brouard a soutenu sa thèse sur l’aide que peut apporter le numérique aux malades chroniques. Après deux ans chez le spécialiste de la santé connecté Withings, il a fondé Wefight avec l’ingénieur Pierre Nectoux à Paris en février 2017, avant de rejoindre Montpellier, où il a fait ses études, en janvier 2018.

Langage naturel et machine learning

Vik est intégrée dans les applications de messagerie instantanée "parce que les gens n’ont plus envie de télécharger une application et de créer un compte", estime Benoît Brouard. Le chatbot simule une conversation en langage naturel, contextualise les réponses et fait appel au machine learning pour s’améliorer. "Nous avons une énorme base de contenus, validée par des professionnels de santé, sur laquelle nous avons travaillé depuis l’été 2017."

En octobre 2017, Wefight a lancé sa première version sur le cancer du sein et Vik-Sein dépasse aujourd’hui 4 000 utilisateurs. "Nous avons conçu un carnet de suivi qui peut noter l’observance des traitements, enregistrer les effets secondaires, les exporter en pdf, afin de partager les informations avec le médecin traitant", ajoute Benoît Brouard. Wefight cherche à intégrer les médecins dans la boucle. "Sur le suivi patient, nous sommes en proof of concept avec des hôpitaux." La start-up lancera pour "Octobre rose 2018" un complément de Vik-Sein sur le cancer du sein métastatique, et de nouveaux agents conversationnels sur la dépression et l’asthme fin 2018. Elle travaille aussi sur la reconnaissance vocale.
 

Modèle économique en construction

Vik est gratuit pour les utilisateurs, et le restera. Pour construire son modèle économique, Wefight veut convaincre des hôpitaux de financer le suivi du patient dans le cadre de la télémédecine et des assureurs/mutuelles d’offrir un service "plus" améliorant la qualité de vie de leurs clients... Quant aux laboratoires pharmaceutiques, ils pourraient s’intéresser aux utilisateurs de Vik pour leurs études cliniques de phase IV (après autorisation de mise sur le marché des médicaments). "90% des études sont retardées pour des problèmes de recrutement, note Benoît Brouard. Nous avons demandé à nos utilisateurs quels services ils souhaiteraient que Vik intègre. Ils ont répondu en numéro 1 l’accès aux études cliniques."

Accompagnée par le BIC de la métropole de Montpellier et hébergée à sa pépinière Cap Oméga, Wefight est aussi incubé par l’Institut du Cerveau et de la mœlle épinière de La Pitié-Salpêtrière à Paris, partenaire santé de Station F. En 2017, la start-up a reçu une aide du réseau Entreprendre, bénéficié d’une bourse French Tech et de l’initiative européenne EIT Health. En juin et juillet 2018, elle a obtenu deux aides de la région Occitanie : un Contrat innovation pour soutenir la recherche et développement et une aide Start’Oc à la commercialisation. Pour monter en puissance, Wefight cherche à lever d’ici fin 2018 entre 500 000 et 800 000 euros."Cela permettrait de recruter plusieurs postes, dont un business développeur". La start-up emploie aujourd’hui 4 personnes : les deux fondateurs, un pharmacien et un ingénieur data scientist.

 


 

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