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EasyMile veut tester sa navette autonome sans opérateur de sécurité à Toulouse

EasyMile aimerait tester sa navette autonome sans opérateur de sécurité à bord à l'oncopole de Toulouse dans le courant de l'année 2021. La pépite française s'est rapprochée d'Alstom pour monter un dossier et obtenir toutes les autorisations nécessaires à cette expérimentation, qui doit atteindre un haut niveau de sûreté de fonctionnement.
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EasyMile veut tester sa navette autonome sans opérateur de sécurité à Toulouse
EasyMile veut tester sa navette autonome sans opérateur de sécurité à Toulouse © Léna Corot

EasyMile poursuit discrètement le développement de sa technologie de conduite autonome. Le Français souhaite mener un test de sa navette autonome sans opérateur de sécurité à bord en 2021. Il se déroulait à l'Oncopole de Toulouse, lieu qui a déjà accueilli l'expérimentation d'une navette autonome EasyMile, mais avec un opérateur présent à bord. Ce serait une grande première en France puisque l'Hexagone n'a pas encore effectué de tests dans ces conditions sur des routes ouvertes à tous les citoyens.

Un premier test sans opérateur en 2019
EasyMile a déjà mené de telles expérimentations. "Le premier test a été réalisé en 2019 dans une usine TLD, le leader mondial des engins de support au sol pour les aéroports", se souvient Gilbert Gagnaire, président fondateur d'EasyMile, à l'occasion d'une interview accordée à L'Usine Digitale. Pendant six mois, une navette reliait tous les jours l'usine à la cafétéria 800 mètres plus loin. Cette expérimentation a été un vrai premier essai pour EasyMile puisque la navette était confrontée à un peu de trafic.

Dans un premier temps, l'objectif a été de bien comprendre les enjeux opérationnels. Mais cela a aussi permis de saisir l'ampleur du rôle de l'opérateur à bord qui, au-delà de la sécurité des passagers, s'occupe de tâches annexes comme régler le chauffage, parler aux passagers, etc. Actuellement, EasyMile mène des essais de navettes autonomes sans opérateur de sécurité sur le campus GreenTech en Allemagne, à Colombus et en Norvège.

Un partenariat avec Alstom
L'oncopole de Toulouse pourrait devenir le premier site à accueillir un véhicule autonome sans opérateur à bord sur la voie publique en France. Avant d'en arriver là, EasyMile doit réaliser en amont un gros travail autour du dossier de validation. De nombreuses démonstrations autour de la sécurité du pilote doivent être menées pour que les autorités françaises valident le projet. EasyMile s'est donc rapproché d'Alstom qui a l'habitude des dossiers très épais pour faire valider des systèmes de métro automatique.

"Alstom a un vrai savoir-faire dans le domaine de la signalisation ferroviaire et de la démonstration de la sûreté de fonctionnement", ajoute Gilbert Gagnaire. Par exemple, l'entreprise sait comment faire valider des systèmes de signalisation ferroviaire ce qui pourrait aider pour la validation d'un système de communication entre l'infrastructure (comme un rond-point ou un feu de signalisation) et la navette. "Le niveau de fiabilité de cette transmission doit atteindre moins d'un défaut par 10 000 heures d'opération", ajoute-t-il.


Ce dossier de validation pourrait devenir une référence pour la suite des expérimentations menées en France. Dans ce pays, et la majorité des autres pays européens, la réglementation et les normes à respecter en termes de sécurité et sûreté avant de mener des tests sont strictes. A l'inverse d'autres pays, comme les Etats-Unis ou la Chine, où la culture du risque est différente : les expérimentations sont autorisées plus rapidement et les problèmes éventuels gérés ultérieurement.
 

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