Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Ebola : les TIC engagées dans la lutte contre l’épidémie

Dans les pays émergents, le numérique et les téléphones peuvent jouer un rôle crucial pour limiter la propagation de maladies infectieuses. Qu’il s’agisse de détecter un virus à l’aide d’applications mobiles ou de géolocaliser et suivre la progression d’une épidémie.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Ebola : les TIC engagées dans la lutte contre l’épidémie
Ebola : les TIC engagées dans la lutte contre l’épidémie

Trois jours. C’est le temps qui a été nécessaire à l’hôpital new-yorkais de Mount Sinai, en août, pour s’assurer qu’un patient n’avait pas attrapé Ebola. Sans vaccin ni traitement autorisé à ce jour, le virus qui sème la panique en Afrique de l’Ouest se propage d’autant plus vite qu’aucun outil de diagnostic rapide et abordable n’existe pour le détecter. De nombreux centres de recherche académiques et petites entreprises travaillent pourtant sur des méthodes de détection, ou tentent d’adapter leurs technologies pour aider à combattre cette épidémie qui a déjà causé plus de 2 000 décès. Mais le manque d’incitation économique et la pénurie de personnel et d’équipement médical sur place constituent des freins non négligeables, rapporte USA Today

Pour résoudre la problématique du diagnostic d’Ebola, une autre piste émerge : celle des TIC. Depuis quelques années, les initiatives se multiplient dans les pays émergents pour transformer les smartphone en médecins numériques. Une démarche prometteuse alors que l’Afrique a enregistré la plus forte croissance de nouveaux utilisateurs de téléphones mobiles durant la précédente décennie, avec un nombre d’usagers qui pourrait atteindre le milliard en 2015 !

Quand la téléphonie répond à des enjeux de santé publique

Au tout début de l’été, le syndicat mondial représentant les opérateurs téléphoniques, GSMA (qui compte notamment le français Gemalto), a lancé un grand programme de développement, M-health, à travers l’Afrique sub-saharienne, afin de fournir une gamme de services mobiles répondant à des besoins de santé publique. Il travaillerait aussi sur des programmes de communication pour suivre les épidémies et partager les bonnes pratiques.

Car les TIC peuvent permettre de gagner un temps précieux. Il y a trois ans, HP, la Clinton Health Access Initiative, l'opérateur Mascom et l'ONG Ping avaient mis au point au Bostwana une expérimentation pour informer plus rapidement le gouvernement sur les départs d’épidémie de paludisme. La méthode : équiper les professionnels de santé de téléphones portables et les former à l'utilisation d'une application leur permettant d’alerter les autorités à chaque nouveau cas d’infection. Ces dernières seraient ainsi prévenues au bout de trois minutes, contre trois à quatre semaines auparavant, estimaient-ils au bout d’un an.

Le smartphone transformé en outil de diagnostic

Sur le plan technologique, les projets se multiplient pour améliorer la détection des maladies infectieuses grâce aux téléphones portables et limiter d’autant leur vitesse de propagation. Une équipe de chercheurs de Harvard peaufine un détecteur très simple d’utilisation, à bas coût (25 dollars pour la production), qui serait capable de contrôler le diabète, diagnostiquer le paludisme, ou encore détecter des polluants dans l’environnement. Il peut également envoyer des données sur un portable, afin de prévenir un médecin à distance.

Il y a un an, quatre étudiants ougandais avaient déjà mis au point Matibabu, une application sur smartphone capable de diagnostiquer le paludisme, cette maladie tropicale qui tue encore 70 000 à 100 000 personnes dans leur pays, relatait Slate Afrique. L’application permettrait de détecter le parasite avant même l’apparition des symptômes, en insérant son doigt dans un appareil sur mesure, le «matiscope», relié au smartphone, pour qu’il examine ses globules rouges. Prévue pour arriver sur le marché en 2015, l’application serait gratuite mais le matiscope, lui, coûterait entre 20 et 35 dollars…

Le mois dernier, c’est une autre app, nommée Athelas, qui a remporté un concours de codage organisé par l'incubateur californien Y Combinator. Sa promesse : détecter le paludisme voire même certains cancers en quelques secondes à l’aide d’une photographie du sang prise par le smartphone, via une technologie de comptage prédictif de cellules. Mais les experts alertent sur le manque de fiabilité de certaines de ces technologies et sur le risque d’obtenir des résultats incorrects.

Sur le Net se joue aussi la bataille contre Ebola

Dans la course contre la montre engagée contre Ebola, le web est aussi partie prenante. Pour pallier le retard d’actualisation des outils de Google Earth et Google Maps, capables de cartographier les zones touchées par le virus Ebola mais manquant souvent d’informations topographiques précises dans certains pays africains, un projet interactif, OpenStreetMap, a vu le jour à l’initiative de l’ONG Médecins Sans Frontières. Son but : créer une carte mondiale plus détaillée, en proposant à des centaines de contributeurs équipés de GPS d’identifier maisons, immeubles, routes pour géolocaliser le chemin pris par l’épidémie dans plusieurs grandes villes particulièrement touchées.

Au Sénégal, ce sont les blogueurs qui se mobilisent. Dès l’annonce d’un premier cas d’Ebola dans le pays il y a une semaine, une trentaine de blogueurs et de cyberactivistes ont spontanément lancé une campagne d’information sur Facebook et sur Twitter, raconte RFI. Intitulée Sen Stop Ebola, elle vise à partager informations et conseils, avec des schémas simplifiés pour expliquer les gestes de prévention contre cette maladie. En quelques jours, plus de 6 000 personnes avaient déjà interagi sur la page Facebook du collectif.

Gaëlle Fleitour

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Olivier
10/09/2014 11h39 - Olivier

Petit rectificatif... OpenStreetMap existait bien avant l'épidémie d'Ebola. Il s'agit de cartes mondiales gratuites et ouvertes. Par contre, la communauté OpenStreetMap s'est impliquée dans la lutte contre Ebola en lançant une action spécifique pour améliorer la cartographie OpenStreetMap disponible pour les zones géographiques touchées par Ebola, comme elle l'avait déjà fait pour d'autres catastrophes humanitaires.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media