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Efelya, une application pour réduire les risques pendant la grossesse

Sage-femme et échographiste depuis 20 ans, Florine Duplessis a eu l’occasion d’observer et d’exercer sa profession à travers le monde. Devant l’inégalité de suivi des grossesses et des risques qu’elles peuvent présenter, elle a imaginé l’application Efelya. Notamment suivi par une chargée de projet de l’OMS, son concept est disponible depuis juin 2021 pour le grand public avant qu’une version destinée aux professionnels de santé ne vienne la compléter.
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Efelya, une application pour réduire les risques pendant la grossesse
Efelya, une application pour réduire les risques pendant la grossesse © Fourni par Efelya

En France, en Guyane, aux Seychelles, au Moyen-Orient, Florine Duplessis, spécialiste en médecine fœtale installée à Vannes (Morbihan), a pu constater de ses yeux une gestion disparate des grossesses à risque. "Avec l’application Efelya, j’ai voulu uniformiser le suivi pour donner la même chance à chaque femme, partout dans le monde."

Selon les antécédents médicaux, renseignés dans un questionnaire, l’application créée en 2018 va, comme le praticien, évaluer les facteurs de risques médicaux. Efelya prend en compte les six principales pathologies de la grossesse grâce à l’intelligence artificielle : le diabète gestationnel, l’hypertension, la pré-éclampsie, l’accouchement prématuré, le retard de croissance intra utérin et les hémorragies maternelles.

S'adapter aux patientes pour faire gagner du temps aux praticiens
Un algorithme médical va mettre en lien le profil de la future mère et les informations sur les risques de chaque pathologie. Disponible sur l'App Store et le Google Play Store, Efelya entend se différencier des autres applications du même genre. "Elles relèvent plutôt du bien-être et apportent du conseil et de l’information mais ne traitent pas les données médicales pures." D’ailleurs, Efelya est l’une des rares applications obstétriques à avoir le label la qualifiant de dispositif médical.

Cet outil vise à la fois à faire gagner du temps et de l’efficacité au praticien tout en éduquant la patiente avec un contenu qui lui sera propre. "En fonction des données qui seront rentrées, l’application va proposer des podcasts ou des vidéos adaptés où de vrais professionnels donneront leurs conseils." Gynécologue, anesthésiste, sage-femme, nutritionniste… l’équipe pluridisciplinaire entourant la future mère est représentée par 35 praticiens.
 


Renforcer l’avis du praticien
Chaque femme ne vit pas la même grossesse en raison de ses antécédents. Ainsi les symptômes de l’une n’auront pas les mêmes répercussions sur une autre. "L’arbre décisionnel de l’application s’appuie sur l’intelligence artificielle avec une complexité différente selon où la data est située. Nous voudrions aller plus loin avec du machine learning pour appuyer encore mieux le praticien qui aurait une intuition ou une crainte inexpliquée sur un dossier."

En associant les données enregistrées au fil du temps par les futures mamans sur leur grossesse à risque et leurs symptômes ainsi que les conséquences sur la grossesse, le système en déduirait un risque potentiel à venir. "Une femme doit être bien interrogée mais cela dépend de l’expérience du praticien et de ses connaissances de la grossesse à risque pour garantir que tous les risques seront pris en compte."

Accompagnée en Suisse et au Québec
Depuis sa création, Efelya a profité de plusieurs accompagnements, parmi lesquels le programme d’accélération suisse Tech4Eva ainsi que l’UHC School Lab (Universal Health Coverage 2030), une formation pilotée et financée par l’Université de Grenoble-Alpes (UGA), l’Institut Scientifique Européen (ESI) et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dont une chargée de projet accompagne Florine Duplessis dans son développement.

Efelya fait également partie des quatre start-ups françaises sélectionnées dans le cadre du programme l’Esplanade, accélérateur des entrepreneurs d'impact social et environnemental du Québec. "Le Canada est confronté à un problème de démographie médicale à cause des distances et de la météo. L’application arrive comme une aide à la décision avant de se déplacer chez le médecin ou à l’hôpital."

Une levée de fonds pour accélérer l'internationalisation
Pour poursuivre l’internationalisation de l’application, déjà disponible en français et en anglais, Florine Duplessis et l’équipe de 13 personnes qui gravitent autour d’elle devraient lancer une levée de fonds d’ici la fin de l’année. Pour l’heure, Efelya a été téléchargée 12 000 fois tandis que 9 000 comptes ont été créés depuis juin 2021. Dans quelques mois, une version destinée aux professionnels verra le jour. "Quand l’application détecte un risque, elle alerte la patiente ainsi que le praticien. Il aura par ailleurs accès aux différentes données rentrées par la patiente et avoir un dossier complet pour prendre la décision médicale qui s’impose."

Pour rassurer les utilisatrices quant à la protection des données, Florine Duplessis rappelle qu’elle se repose sur un hébergeur agréé pour les données de santé et compte sur les compétences d’un data protection officer indépendant pour s’assurer que toutes les informations médicales indispensables ont été éclusées. Pour rappel, plus de 300 000 décès maternels sont constatés chaque année ainsi que 2 700 000 décès de nourrissons.

 

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