Emmanuel Macron va réunir les Big Tech autour d’une “charte” pour protéger les enfants en ligne

En marge du forum de Paris sur la Paix, le président de la République doit annoncer un “laboratoire” sur la protection de l’enfance en ligne, avec le soutien de Google, Microsoft, Meta et d’autres grands noms de la Tech.

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Emmanuel Macron va réunir les Big Tech autour d’une “charte” pour protéger les enfants en ligne

Un nouveau “laboratoire” dédié à la protection de l’enfance en ligne devrait bientôt voir le jour. À l’occasion de la cinquième édition du forum de Paris sur la Paix, le 11 et 12 novembre prochain, Emmanuel Macron va dévoiler une nouvelle “charte” par laquelle les acteurs majeurs de la tech s’engagent à améliorer, innover et échanger en matière de bonnes pratiques pour mieux protéger les enfants en ligne.

Le Laboratoire commencera comme une coalition de volontaires, avec pour résultat immédiat de briser les silos existants entre les gouvernements, les plateformes et les fournisseurs de solutions”, note le document obtenu par l’Informé.

Microsoft, Google, Meta ou encore TikTok et Snapchat s’emploieront ainsi à “participer aux activités du Laboratoire”, “parrainer certaines expérimentations pertinentes” en fournissant l’expertise ou le financement, intégrer les résultats de ces dernières dans leurs politiques et “soutenir l'élaboration d'un cadre de bonnes pratiques industrielles, de principes ou d'outils [...] orientés vers la sécurité et la vie privée”.

Le “Laboratoire” se réunira en plénière trois fois par an, tandis que son comité exécutif, composé d’une douzaine de membres représentant les entreprises, la société civile, la recherche et les gouvernements, aura son rendez-vous mensuel pour s’assurer du bon déroulement des travaux.

Trois à cinq projets par an

Les priorités du “Laboratoire” seront définies par tous ses membres à l’occasion des sessions plénières et donneront ensuite lieu à des appels à projet. Trois à cinq expérimentations devraient ainsi voir le jour chaque année. Cette annonce fera écho à l’“Appel à l'action” pour défendre les droits de l’enfant dans l’environnement numérique lancé l’année dernière à la même occasion à l’initiative de l’Élysée et de l’Unicef.

Mais cette nouvelle initiative intervient également alors que le gouvernement français souhaite taper du poing sur la table sur le sujet de l’accès à la pornographie pour les mineurs. Depuis l’été 2020, la loi française spécifie que la déclaration de majorité à valider d’un clic à l’entrée d’un site pornographique (les “disclaimers”) n’est plus suffisante pour empêcher la consultation des contenus interdits aux moins de 18 ans. Mais les pouvoirs publics sont bien en peine de recommander une solution technique adaptée et, malgré les mises en demeure du CSA, le régulateur français devenu Arcom, rien ne semble véritablement bouger.

Le gouvernement s'impatiente

Interrogée par les députés fin octobre, la Secrétaire d’État chargée de l’enfance Charlotte Caubel a indiqué “perdre patience” et vouloir se pencher sur l’utilisation d’une carte bancaire pour conditionner l’entrée à un site pornographique.

La Cnil, de son côté, a estimé que ce type de vérification était “contournable”, reconnaissant volontiers qu’aucune des solutions déjà expérimentées n’étaient parfaites. Elle appelle, en revanche, à l’intervention d’un tiers de confiance pour n’importe laquelle des pistes envisagées pour garantir la protection de l’identité de l’individu et le principe de minimisation des données collectées.

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