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Emploi dans le numérique : ça va toujours mieux pour l'Apec... et c'est parti pour continuer

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Entretien L'embellie du marché du travail des cadres se confirme. Et les fonctions dans l'informatique sont particulièrement bien loties. Pierre Lamblin, le directeur des études de l'Apec, décrypte ce résultat pour L'Usine Digitale.

Emploi dans le numérique : ça va toujours mieux pour l'Apec... et c'est parti pour continuer
Emploi dans le numérique : ça va toujours mieux pour l'Apec... et c'est parti pour continuer © thinkpanama - Flickr - C.C.

C'est sans ambiguité pour l’association pour l’emploi des cadres (Apec) qui titre le dossier de presse accompagnant son étude sur la conjoncture : "Les recrutements de cadres au plus haut niveau en 2018". Ce sont entre 248 et 271 000 embauches qui devraient avoir lieu cette année, soit une croissance de 13 %. Le précédent record de 2007 (l’année de référence que l’on évoquait avec nostalgie pendant la crise) est donc bel et bien dépassé. Et la fonction la plus courtisée en 2018 restera l’informatique qui recrutera entre 53 800 et 58 000 cadres selon les calculs de l’Apec. La conjoncture a beau changé, un point reste constant : les entreprises recherchent en priorité des cadres ayant 1 à 10 ans d’expérience. Pierre Lamblin, directeur des études et de la recherche, a répondu à nos questions sur l’emploi numérique.

 

2018 est une bonne année pour les recrutements dans le numérique ?

Pierre Lamblin : 2017 a été une bonne année et les perspectives sont vraiment très bonnes. Ça devrait continuer. Le seul bémol concerne les difficultés de recrutement dans certains secteurs, métiers ou territoires. C’est notamment vrai pour les métiers émergents, comme data scientist, data analyst ou encore les spécialistes de la cybersécurité.

Pour une entreprise qui est dans un territoire enclavé, ça risque d’être très compliqué de trouver la bonne personne. Même si certaines régions comme Auvergne Rhône-Alpes ou l’Occitanie tirent leur épingle du jeu, le marché de l’emploi cadre reste très concentré. 47 % des recrutements cadres s’y font. Elle concentre 40 % des effectifs. Et ce sont les chiffres généraux. Pour le numérique, les taux montent à 70-75 %.

 

Comment l’expliquez-vous ?
P. L. : C’est un paradoxe. Les technologies devraient faciliter la décentralisation, le travail à distance. Or on observe l’inverse. Les grands groupes sont encore en Ile-de-France et ils emploient directement ou pas énormément de personnes. Ensuite, c’est un héritage de l’histoire de l’aménagement du territoire depuis 40 ans.

 

Observez-vous une pénurie des talents ?

P. L. : Je parlerais plutôt de tensions sur le recrutement. Les recruteurs ajustent leurs recherches quand ils ne trouvent pas. Ils vont multiplier les canaux, passer de l’offre en ligne aux réseaux sociaux ou faire appel à un cabinet spécialisé. Encore une fois, si vous êtes une PME ou que vous vous trouvez dans un lieu enclavé, il va falloir travailler la fameuse marque employeur. Il faut avoir un discours sur l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, savoir vendre son territoire…

 

Comment ?

P. L. : Si vous ne trouvez pas le candidat, il faut revoir votre méthode. J’ai en tête une PME à Angers qui ne trouvait pas les candidats idoines sur place. Elle est allée les chercher en région parisienne et les a trouvés. C’est un trajet d’1h15 aller. Il faut s’interroger sur les choix d’implantation.

D’autres entreprises vont s’ajuster en fonction de l’expérience des candidats. 60 % des emplois concernent des salariés ayant 1 à 10 ans d’expérience. Pour trouver les compétences qu’elles recherchent, les entreprises vont se déporter soit vers les jeunes diplômés, soit vers des profils plus seniors. En 2017, nous avons observé que les tensions à recruter ont eu un effet positif pour les salariés avec plus de 10 ans d’expérience et les seniors. C’est donc plutôt une bonne nouvelle.

 

On parle beaucoup du travail indépendant. Participe-t-il à ces tensions, des salariés préférant ce statut à un CDI ?

P. L. : Nous nous intéressons aux cadres salariés, qui sont en CDI ou en CDD de plus d’un an. Nous n’avons donc pas d’information sur les indépendants. Nous y réfléchissions pour le moment. Reste que dans une étude précédente, nous avons observé que le CDI reste la forme qui attire le plus jeunes et moins jeunes, et, d’ailleurs davantage les jeunes que les autres. Si vous avez 25 ans sur le marché du travail, un CDI reste un sésame qui simplifie la vie pour trouver un logement. Je vous rappelle que l’on parle d’emplois situés essentiellement en région parisienne.

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