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Emplois, salaires, profils… L'Insee a réalisé un panorama des start-up en France

Étude La France compte plus d'1 millions de start-up de moins de 8 ans qui emploient 1,5 millions de personnes. Si la crise liée à la pandémie de Covid-19 a conduit à une baisse des effectifs, les start-up sont plus créatrices d'emplois que leurs homologues non start-up, affirme l'Insee qui a réalisé un panorama sur les start-up et l'emploi.
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Emplois, salaires, profils… L'Insee a réalisé un panorama des start-up en France
Les start-up sont majoritairement présentes en Ile-de-France.

Combien de start-up compte la France ? Combien de personnes emploient-elles ? Existe-t-il des différences de salaires par rapport aux entreprises qui ne sont pas des start-up ? L'Insee a publié le 1er décembre 2021 un panorama des start-up et de l'emploi.

L'institut a cherché à comprendre en quoi ces jeunes pousses diffèrent des entreprises classiques en matière d'évolution d'emploi, de salaires et des difficultés d'embauche. Cette étude a été réalisée sur l'année 2018 et permet d'avoir quelques chiffres sur les start-up en France. L'Insee confirme avec son étude que les start-up sont majoritairement présentes en Ile-de-France, suivie des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Plus d'1 millions de jeunes pousses
Pour réaliser son étude, l'Insee s'est d'abord penché sur la définition d'une start-up et a retenu quatre définitions non exclusives l'un de l'autre : les entreprises de moins de 8 ans ; les gazelles qui sont des entreprises à forte croissance dont le chiffre d'affaires augmente en moyenne de plus de 20% par an sur les trois dernières années et ayant au moins 10 salariés en équivalent temps plein (ETP) ; les entreprises ayant levé des fonds (avec un capital social de 200 000 euros contre moins de 100 000 trois ans auparavant) ; les entreprises innovantes ayant moins de 8 ans en 2018 et ayant bénéficié d'une aide à la R&D ou à l'innovation.

Ces définitions lui permettent de classifier les start-up lors de son étude et de distinguer les chiffres selon qu'elles soient de jeunes entreprises, des gazelles, des start-up innovantes ou des start-up ayant levé des fonds. L'Insee a ainsi recensé plus d'1 million de jeunes entreprises : 95% d'entre-elles sont des très petites entreprises (TPE) et elles ont en moyenne moins de 3 ans. Ces start-up ont un chiffre d'affaires moyen de 277 000 euros, dont seulement 6% est réalisé à l'export

Il existe 1 600 gazelles en France. Elles sont en moyenne plus âgées (5 ans) que les jeunes entreprises et ont un chiffre d'affaires plus élevé (7,6 millions d'euros). A l'inverse, les 5 800 entreprises qui ont levé des fonds ont un chiffre d'affaires moyen de 1,4 million d'euros. L'Insee ajoute que 12 900 start-up jugées comme étant innovantes réalisent un chiffre d'affaires moyen de 1,4 million d'euros dont 10% est réalisé à l'export.

Les start-up, créatrices d'emplois
Les start-up créent plus d'emplois que les autres entreprises. "Sur la période 2015-2018, l'effectif salarié des start-up augmente plus que chez leurs homologues non start-up", affirme l'Insee. Au total, les jeunes entreprises emploient 1,5 million de salariés en équivalent temps plein. Les gazelles emploient 75 000 salariés, les entreprises ayant levé des fonds 39 000 salariés et les entreprises innovantes 114 000 salariés. L'Insee précise que la part de CDI est plus faible chez les jeunes entreprises (77% des emplois) que pour les trois autres catégories (84%).

Les effets de de la crise liée à la pandémie de Covid-19 sur l'emploi sont variables. Les effectifs entre le dernier trimestre de 2019 et le premier de 2020 sont restés stables pour les start-up ayant levé des fonds. En revanche, ils ont baissés respectivement de 14%, 7% et 4% pour les gazelles, les entreprises innovantes et les jeunes entreprises.

Des difficultés à l'embauche
La majorité des start-up (entre 55% et 64), anticipent des difficultés à l'embauche, soit de 2 à 11 points de plus que les non start-up. Ces difficultés à l'embauche peuvent en partie s'expliquer par des rémunérations brutes annuelles plus basses dans les jeunes entreprises que chez leurs homologues non start-up (en moyenne 164 euros de moins). Mais, cela n'explique les difficultés à l'embauche pour les autres catégories puisque les gazelles et les entreprises innovantes proposent des niveaux de salaires similaires à leurs homologues non start-up. Et les entreprises levant des fonds proposent même des rémunérations brutes annuelles moyennes supérieures à celles appliquées chez leurs homologues non start-up dans presque toutes les catégories socio-professionnelles.

Ces difficultés peuvent également s'expliquer par les profils recherchés. En effet, les start-up, et particulièrement les entreprises innovantes, ont un besoin spécifique en profils techniques et qualifiés puisque les ingénieurs, cadres techniques d'entreprise et les techniciens sont globalement plus présents. Autre point notable, la part des femmes dans l'ensemble des start-up ne dépasse pas les 40% alors qu'elles représentent 48% de la population active en 2018.

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