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En 2014, Panasonic rit, Sony pleure

Alors que Panasonic renoue avec les bénéfices, Sony plonge dans le rouge, avec des pertes plus lourdes que prévues sur l’exercice 2014. Un contraste qui s’explique par la différence des stratégies de restructuration menées depuis deux ans par les deux fleurons japonais de l’électronique.
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En 2014, Panasonic rit, Sony pleure
En 2014, Panasonic rit, Sony pleure © Maistora - Flickr - C.C.

Les deux fleurons japonais de l’électronique Panasonic et Sony sont-ils sortis d’affaires ? Le premier, peut-être. Mais pas le second. Les résultats de l’exercice fiscal 2014, clos le 31 mars, sont en effet contrastés. Après des pertes de 10,2 et 7,5 milliards de dollars sur les deux exercices précédents, Panasonic passe au vert, avec un bénéfice de 1,2 milliard de dollars pour un chiffre d’affaires de 75,6 milliards de dollars, en hausse de 6%. A l’inverse, Sony plonge dans le rouge, avec une perte de 1,3 milliard de dollars pour un chiffre d’affaires de 75,8 milliards de dollars, en augmentation de 14,3%. C’est plus que la perte de 1,1 milliard de dollars prévue au début de l’année. Sur l’exercice précédent, le groupe a pourtant retrouvé des couleurs avec un résultat positif de 430 millions de dollars, contre une perte de 5 milliards de dollars un an auparavant.

Si les deux groupes bénéficient de la dépréciation du yen vis-à-vis du dollar et de l’euro sous forme de croissance du chiffre d’affaires, ils semblent suivre deux chemins opposés. Un contraste qui s’explique en grande partie par la différence des stratégies de restructuration qu’ils mettent en œuvre depuis deux ans.

Deux stratégies

A son arrivée à la tête de Panasonic en avril 2012, Kazuhiro Tsuga a prévu qu’il arrêterait toutes les activités déficitaires. Il a tenu parole. Il a cédé ou fermé ses usines de semi-conducteurs, une usine d’écrans LCD, ses activités dans le médical, les mobiles ou certains composants électroniques. Après avoir été le chantre de l’intégration verticale et de la production en interne, le groupe d’Osaka s’est mis à sous-traiter la fabrication d’une grande partie de ses produits commercialisés en dehors du Japon. Mais sa décision la plus douloureuse a été l’arrêt cette année de la production d’écrans et téléviseurs Plasma, une activité dans laquelle il a investi des milliards et des milliards de dollars depuis 2001. La dernière opération de rationalisation industrielle a été le regroupement de son activité de circuits intégrés avec celle de Fujitsu au sein d’une coentreprise fabless, c’est-à-dire sans usine.

Sony a fait le choix d’une stratégie de restructuration moins radicale. Kazuo Hirai, son patron depuis avril 2012, s’est contenté de sortir le groupe des écrans (en vendant ses parts dans S-LCD à Samsung et en regroupant ses petits écrans avec ceux de Toshiba et Hitachi), pour se recentrer sur trois domaines jugés stratégiques : l’imagerie numérique, les mobiles et les jeux vidéo. Sur le plan industriel, le groupe de Tokyo s’est allégé de la plupart de ses usines en dehors du Japon, confiant la fabrication d’une grande partie de ses produits à des sous-traitants, comme Foxconn. Mais rien de tranchant n’a été fait pour les activités déficitaires, comme la télévision ou les PC. La télévision reste le plus gros problème de Sony. Depuis le début du passage du tube cathodique aux écrans LCD, il y a dix ans, elle n’a jamais gagné d’argent. Sur cette période, elle cumulé une perte colossale de 7,5 milliards de dollars. Les résultats définitifs du dernier exercice seront publiés le 14 mai. Il est probable que la perte dans cette activité dépasse les 250 millions de dollars prévue en février 2014.

Perte du leadership mondial dans la télévision

Le début de l’année marque un tournant, puisque Kazuo Hirai s’est enfin résolu à tailler dans le vif. L’activité des PC, en déclin depuis 2011, a été vendue au fonds d’investissement nippon Japan Industrial Partners (JIP) pour un montant estimé par les analystes entre 400 et 500 millions de dollars. La transaction vient tout juste d’être finalisée. L’activité devrait être transférée au début du mois de juillet à la société VAIO, au nom de la marque sous laquelle les PC sont commercialisés, détenue à 95% par JIP et 5% par Sony. La télévision, quant à elle, a été détachée du groupe au sein d’une filiale séparée. Son destin définitif n’est pas encore scellé. Mais sa vente paraît peu probable tant elle reste emblématique de l’image de Sony dans l’électronique grand public. La solution pourrait être un partenariat avec un autre acteur japonais de la télévision (peut-être Sharp) en vue de la mutualisation de certains aspects industriels (achats d’écrans, sous-traitance, chaine logistique, etc.).

Sony et Panasonic ont en commun d’avoir perdu leur leadership mondial dans la télévision au profit des coréens et des chinois. Selon le cabinet DisplaySearch, le premier est tombé en 2013 à la quatrième place dans la télé LCD avec 6,3% du marché en volume, et le second à la neuvième place avec 4%. Et signe de leur virage vers la sous-traitance de la fabrication de leurs téléviseurs, ils ne figurent plus dans le top dix des producteurs, désormais tous coréens ou chinois à l’exception d’un seul : le turc Vestel.

Ridha Loukil

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