Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

En 2018, la Cnil a enregistré un nombre record de plaintes

Si les données sont devenues l'or noir de la révolution économique, il est devenu stratégique de les protéger. C'est un des rôles de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) qui publiait lundi 15 avril 2019 son rapport annuel pour 2018. Les optimistes verront dans le nombre record de plaintes le signe que les citoyens sont enfin sensibles à cette question. Les pessimistes s'inquièteront de la hausse des pratiques limites. 
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

En 2018, la Cnil a enregistré un nombre record de plaintes
Toutes ces données sont elles bien protégées ? La Cnil mène l'enquête. © Pixabay

Si, longtemps, on a pû croire que l'activité de la Cnil ne passionnait pas les foules, les nombreux débats autour des fuites de données et les articles sur le RGPD auront eu un effet : cette institution est désormais bien connue des Français qui n'hésitent pas à la saisir. A tel point que lors de la présentation de son rapport d'activité 2018, cette dernière a enregistré 11 077 plaintes, soit une hausse de 32,5 % par rapport à l'année précédente. Une plainte sur cinq fait l'objet d'une coopération européenne. 

 

 

Sms et caméras indésirables 

La Cnil détaille les raisons de ces demandes et pointe la diffusion de données sur Internet. Plus d'une plainte sur trois (35,7%) prend sa source dans la difficulté des personnes à maîtriser leur réputation en ligne. Pour la Cnil, cela ne fait pas un pli : ce chiffre record vient de la médiatisation de la mise en place du RGPD. Un sondage Ifop réalisé pour la Cnil indique que 62 % des Français en ont entendu parler et 70% se disent plus sensibles qu'avant à la question de la protection des données personnelles. 

 

Seulement 373 demandes de référencement ont été adressées à la Cnil en 2018. Derrière ce nom, se cache le droit donné sous certaines conditions de supprimer les résultats des moteurs de recherche pour une requête portant sur l'identité d'une personne. 

 

Le marketing pointé du doigt

21% des plaintes concernaient des pratiques liées au marketing et notamment l'envoi de SMS commerciaux, sans accord préalable ni que l'envoi de Stop ne fasse cesser. Soit une sorte de spamming via le SMS. Autres sources de plaintes : les pratiques des entreprises vis-à-vis de leur personnel : 16,5% des plaintes concerne la vidéosurveillance excessive, la géolocalisation ou le refus de communication de dossier personnel. Le secteur bancaire concentre près de 9% des signalements enregistrés par la Cnil et celui de la santé et du social 4,2%.

 

Mais la Cnil a aussi d'autres rôles, comme celui de conseil des pouvoirs publics. Elle a ainsi rendu en 2018 120 avis sur des textes d'origine gouvernementale. Elle a aussi un pouvoir de sanction à l'encontre des entreprises dont la politique de protection des données personnelles est défaillante. Dans son bilan annuel, elle indique avoir procédé à 204 contrôles sur place, 51 contrôles en ligne, 51 contrôles en ligne et 4 audition. 

 

Des sanctions pour défaut de protection des donnnées personnelles

Le résultat de ces travaux consiste en 49 mises en demeure. Deux secteurs ont été particulièrement concernés : les assurances et les entreprises pratiquant le ciblage publicitaire via la technologie SDK. 11 sanctions ont été prononcées, dont 10 étaient pécuniaires. 7 d'entre-elles concernaient "des atteintes à la protection des données personnelles". 

 

Pour 2019, la Cnil veut parachever la mise en place du RGPD, qu'elle qualifie de "clé de voûte d'un numérique de confiance". Elle pointe aussi les nouvelles pratiques qui pourraient faire l'objet de plaintes dans les mois qui viennent. Elle a ainsi observé l'apparition du visionnage à distance d'images issues de dispositifs vidéos, "pointant un rique de surveillance excessive des employés". Elle note aussi l'installation de caméras dans les unités de soin, filmant des personnes en situation de vulnérabilité.

 

La Cnil remarque également que les clients de banques sont de plus en plus soucieux de la portabilité de leurs données personnelles. La sécurité de ces dernières dans la vraie vie est aussi une source de préoccupation. Quid de l'usage qui peut être fait par un conjoint dans une séparation difficile ou de documents papiers jetés et récupérés ? Enfin les usages s'inquiètent des données auxquelles accède vraiment les application installée sur leur smartphone. On l'aura compris : la Cnil n'anticipe pas de se reposer en 2019 !

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media