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En 2021, les start-up healthtech ont levé un montant record de 2,3 milliards d'euros

Étude Nouvelle année record pour les start-up françaises spécialisées dans la santé. Elles ont levé 2,3 milliards d'euros, ce qui correspond à une croissance de 50% par rapport à 2020, d'après le nouveau panorama de France Biotech. Elles ont ainsi gagné en maturité avec un plus grand nombre de salariés, de solutions au stade de la commercialisation et une internationalisation croissante. 
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En 2021, les start-up healthtech ont levé un montant record de 2,3 milliards d'euros
En 2021, les start-up healthtech ont levé un montant record de 2,3 milliards d'euros © ThisisEngineering RAEng/Unsplash

"L'année 2021 met en évidence un nouveau cap franchi par les healthtech françaises", résume Franck Mouthon, président de France Biotech, une association qui regroupe les principaux entrepreneurs innovants de la healthtech, lors de la présentation d'un nouveau panorama* ce mardi 15 février. En effet, les start-up biotech, medtech et e-santé ont levé un montant record de 2,3 milliards d'euros dont 1,6 milliard d'euros en capital risque, en croissance près de 50% par rapport à 2020.

Une année historique
"C'est une année historique. La France figure au 2ème rang en nombre d'opérations en capital risque avec un ticket moyen de 13 millions, contre 8 millions en 2020, soit une augmentation de 63%", a analysé Cédric Garcia, partner chez EY, l'un des cabinets de conseil ayant participé à l'élaboration de la 19ème édition du panorama.

La filière Healhtech française a "atteint une certaine maturité", analyse Chloé Evans, responsable des études sectorielles et relations internationales au sein de France Biotech. Sur les 2000 entreprises répertoriées dont une majorité est située en Ile-de-France, 427 d'entre elles ont participé à cette étude. 42% d'entre elles sont des biotech, 22% des medtech et 16% sont spécialisées dans la santé digitale. 1 sur 5 possède au moins une filiale à l'étranger. Le marché américain est sans surprise la première destination.

"Plus d'une vingtaine ont désormais une centaine de salariés et davantage de medtech sont au stade de commercialisation par rapport à l'année 2020", détaille-t-elle. En 2021, ce panel d'entreprises a généré plus de 10 000 emplois directs et 79% d'entre elles ont recruté. En 2022, elles prévoient plus de 2000 recrutements. 87% des emplois à pourvoir sont dans la R&D et la production.
 


47% des solutions sont des dispositifs médicaux
Le panorama témoigne également d'une grande porosité entre les domaines medtech et e-santé. Il a été constaté que 47% des solutions digitales d'e-santé développées ou commercialisées sont des dispositifs médicaux. 82% d'entre eux sont marqués CE ou sont en cours de marquage. Plus de la moitié des solutions intègre un système d'apprentissage automatique.

Autre enseignement de ce panorama : la recherche et le développement et la propriété intellectuelle sont au coeur des enjeux des healthtech. 49% d'entre elles ont été créées à partir de recherches provenant de la sphère publique. Les organismes de transfert de technologies (OTT) participent en moyenne au capital de 27% des start-up issues de la recherche publique avec une prise de participation médiane de 8%. De plus, 69% de ces jeunes pousses ont déposé au moins un brevet et 54% comptent en déposer dans le futur afin d'assurer leur croissance. Elles ont également manifesté un besoin en accompagnement : deux tiers des entreprises seraient favorables à ce que les pouvoirs publics lancent des initiatives pour les accompagner dans leur stratégie de propriété intellectuelle.

Une difficulté dans l'accompagnement par les pouvoirs publics
Mais la filière connaît certaines difficultés. Seules 10% des healthtech ont bénéficié d'un avis sur le développement et 5% au dispositif d'accès précoce (autorisation temporaire d'utilisation, forfait Innovation…). La principale préoccupation de ces entreprises est l'accès au marché et au remboursement. Ce qui serait  notamment dû à un manque de lisibilité sur la prise en charge des solutions et le modèle économique à adopter, note France Biotech.

Le gouvernement a présenté en juin 2021 le plan "Innovation Santé 2030" qui apporte "un soutien sans précédent à la recherche jusqu'au patient en passant par l'industrialisation sur le territoire", s'est réjoui le directeur Franck Mouthon. Il prévoit notamment la création d'une agence publique dédiée à l'innovation en santé, un accès généralisé à la télésurveillance et aux dispositifs médicaux associés ainsi qu'une réduction des délais d'accès sur le marché pour arriver à des délais infra-réglementaires. Associé à France Relance, ce plan devrait "garantir à cette dynamique la capacité et la confiance pour répondre aux défis de la santé de demain", a-t-il conclu.

*Le panorama est élaboré par France Biotech, l’association des entrepreneurs de l’innovation en santé. Il s'agit d'une étude annuelle dédiée aux start-up et PME françaises des technologies innovantes de la santé, en partenariat avec Bpifrance, la banque publique d’investissement, Euronext, première bourse paneuropéenne, et EY, leader mondial de l’audit, du conseil, de la fiscalité et du droit, des transactions.

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