En attendant une meilleure régulation du secteur, la justice invitée à faire le ménage chez les influenceurs

Deux nouvelles plaintes ciblent un couple star d’influenceurs déjà controversé. L’illustration d’une pression judiciaire de plus en plus forte sur les influenceurs, un secteur d’activité en mal de régulation.

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En attendant une meilleure régulation du secteur, la justice invitée à faire le ménage chez les influenceurs

Alors que le gouvernement vient d’annoncer le lancement d’une consultation publique pour mieux encadrer l’activité des influenceurs, l’horizon judiciaire s’obscurcit pour certains des créateurs de contenus les plus connus. Un collectif informel vient en effet d’annoncer le dépôt auprès de la procureure de Paris de deux plaintes collectives pour escroquerie et abus de confiance.

Si ces deux procédures ont été déposées "contre X", les 88 plaignants à leur origine visent directement un couple d’influenceurs controversés, Marc et Nadé Blata. Installés à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis, les deux influenceurs totalisent 7 millions d’abonnés sur Instagram. Le collectif informel à l’origine des plaintes, dénommé Avi (pour Aide aux victimes d’influenceurs), s’interroge ainsi sur deux projets promus par le couple.

Des gains irréalistes, selon les plaignants

Selon les plaignants, le projet de NFT Animoon a ainsi tous les airs d’une arnaque à la sortie - un rug pull en anglais -, ces projets lancés pour attirer des investisseurs qui disparaissent aussitôt les fonds collectés, avec un préjudice estimé à 6,3 millions d’euros. Au sujet du canal de trading Blatagang, le collectif remarque également la promesse de “gains irréalistes” et le fléchage vers des plateformes non régulées d’internautes intéressés par le copy-trading, ce suivi des positions boursières d’un trader.

Interrogé par BFMTV, Marc Blata a contesté toute escroquerie et fait référence à “des investisseurs trop gourmands” qui ont perdu leur mise après avoir trop attendu pour solder leurs positions. Mais ce n’est toutefois pas la première action pénale dirigée contre Marc Blata. L’influenceur controversé avait déjà été ciblé par le rappeur Booba cet été.

Ce dernier a ainsi déposé deux plaintes pour pratiques commerciales trompeuses visant Shauna Events, la société de Magali Berdah, surnommée la papesse de la téléréalité, et contre Marc Blata. Un dernier volet transmis au parquet de Pontoise tandis que le parquet de Grasse, compétent territorialement pour Shauna Events, ouvrait une enquête.

Enquête sur Crypto Gouv

Au-delà de ces plaintes, force est de constater que la justice française s’invite de plus en plus dans des dossiers liés à des influenceurs. Ainsi, il y a plus d’un an, l’influenceuse Nabilla avait écopé d’une amende de 20 000 euros pour avoir fait la promotion sur Snapchat d’un site de formation au trading en ligne, une sanction avalisée par le parquet de Paris.

Ces mêmes magistrats avaient également ouvert cet été une enquête sur Crypto Gouv, un youtubeur soupçonné d’avoir escroqué environ quatre millions d’euros à 300 personnes. L’influenceur proposait à ses abonnés d'investir via des “pools” de liquidité, des fonds mis en commun dans les applications de finance décentralisée sur la blockchain.

Enfin, un autre dossier d’escroquerie, d’ampleur plus modeste, avait été jugé cet automne par le tribunal judiciaire de Paris. Un jeune homme de Noisy-le-Sec, Bryan les bons plans, avait été condamné à 30 mois de prison pour avoir vendu de faux certificats d’assurance sur Snapchat.

Un activisme judiciaire qui rappelle que même si les influenceurs n’ont pas encore un encadrement juridique précis, ils sont astreints aux mêmes règles que les autres. Et ce tant en matière d’abus de confiance, d’escroquerie ou de pratique commerciale trompeuse, rappelait ainsi à Marianne l’avocat Jocelyn Ziegler, le conseil du collectif AVI. A voir désormais si cette pression judiciaire sera suffisante pour assainir ce secteur.

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