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En Chine, la reconnaissance faciale devient obligatoire pour souscrire un forfait téléphonique

Depuis le 1er décembre, les citoyens chinois sont contraints de se faire scanner le visage pour souscrire un forfait téléphonique. Cet énième recours à la reconnaissance faciale vient fournir la base de données visant à surveiller la population… et suscite une vive contestation.
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En Chine, la reconnaissance faciale devient obligatoire pour souscrire un forfait téléphonique
En Chine, la reconnaissance faciale devient obligatoire pour souscrire un forfait téléphonique © Tour Hebdo

C’est la suite logique de la politique chinoise en matière de reconnaissance faciale. Depuis ce dimanche 1er décembre, tout citoyen voulant souscrire un forfait téléphonique est contraint non seulement de montrer sa carte d’identité… mais aussi de se faire scanner le visage. Si la mesure est érigée en outil contre la fraude par le gouvernement, elle réduit de fait la liberté d’utiliser ces services de manière anonyme. De quoi réduire un peu plus encore les protestataires au silence.

 

ALIMENTER UNE BASE DE DONNéES

Cette nouvelle loi stipule que les opérateurs télécoms doivent désormais "utiliser l’intelligence artificielle ainsi que l’ensemble des moyens techniques disponibles" pour s’assurer de l’identité réelle de leurs clients. Les inspections se multiplieront pour surveiller les pratiques de ces derniers en la matière. Comme l’on pouvait s’y attendre, aucune garantie n’a été apportée par les autorités quant au fait que les images capturées seront supprimées une fois la vérification d’identité effectuée. Ce qui pourrait alimenter l’impressionnante banque de visages en cours d’élaboration à l’échelle nationale.

 

Et les inquiétudes en matière de sécurité sont évidentes. Les experts estiment qu’une telle base de données ne peut qu’attirer les pirates, désireux de s’emparer de photos qui les aideront à commettre leurs méfaits. Des questions se posent aussi à l’heure où la Chine procède à une traque sans relâche de la minorité ouïghoure. La police a, elle, récemment intégré la reconnaissance faciale à une paire de lunettes pour pouvoir reconnaître les personnes recherchées lorsqu’elle en croise dans la rue. Sur les réseaux sociaux, la contestation se fait de plus en plus forte contre ces pratiques.

 

Le gouvernement veut montrer qu’il n’est pas sourd à la critique. Il s’est opposé à un système de reconnaissance faciale que souhaitait appliquer une université pékinoise pour contrôler l’assiduité de ses étudiants – fin octobre, la Cnil s'est également opposée à l'installation d'un tel dispositif en France.

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