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En France et à l'international, les applis MaaS se multiplient

Les métropoles françaises et, à l'étranger, le plus souvent des start-up proposent à divers degrés de maturité leur application mobile MaaS. L'idée est d'offrir aux usagers un bouquet de modes de transport publics et privés pour leur faciliter la vie.
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En France et à l'international, les applis MaaS se multiplient
En France et à l'international, les applis MaaS se multiplient © Métropole Rouen Normandie

Les métropoles françaises et, à l'étranger, le plus souvent des start-up proposent à divers degrés de maturité leur application mobile MaaS. L'idée est d'offrir aux usagers un bouquet de modes de transport publics et privés pour leur faciliter la vie. Saint-Etienne, Mulhouse, Lyon, Annemasse, Rouen, Grenoble, Dijon et bientôt Aix-Marseille, Angers, Brest, Amiens… Les métropoles fourmillent d'initiatives pour lancer leur application mobile MaaS. "De nombreuses collectivités - dont les plus grandes - prévoient de développer et de piloter leur service MaaS pour offrir à leurs usagers un bouquet de modes de transport publics et privés destiné à leur faciliter les déplacements", résume Fabien Couly, directeur des études et de l'observation des marchés à l'Arafer (*).

 

S'appuyer sur son délégataire

Premières réflexions, conception du projet ou mises en œuvre opérationnelles : les métropoles n'en sont pas au même stade. Mais elles s'appuient toutes sur l'expertise d'un partenaire privé qui exploite leurs réseaux de transport en commun pour coréaliser leur application. Certaines en sont encore au niveau de la consultation. La métropole d'Aix-Marseille- Provence vient d'attribuer à Cityway, la filiale numérique de l'opérateur Transdev, les deux premiers lots de son appel d'offres sur le service MaaS. "Si les grandes métropoles commencent à passer des appels directs sur le MaaS, l'engouement gagne aussi les villes moyennes qui intègrent désormais une brique MaaS dans leurs consultations de délégation de service public pour l'exploitation de leurs réseaux de transport en commun", analyse Marie-Claude Dupuis, vice-présidente de l'Union des transports publics et ferroviaires chargée des nouvelles mobilités et directrice "stratégie, innovation et développement" du groupe RATP.

 

La filiale RATP Dev a d'ailleurs été retenue par Brest métropole et Angers Loire métropole pour préparer leur système de MaaS. De son côté, la métropole Rouen Normandie lance, avec Transdev, une version enrichie (de vélos en libre-service, de places de parking disponibles et de bornes de recharge électrique) de son application mobile Astuce, interopérable sur l'ensemble de son réseau de transport en commun. "C'est la première brique information voyageur de notre application MaaS. Nous y ajouterons bientôt le paiement global en fin de mois des trajets effectués, un calculateur d'itinéraires comparatif [coût, bilan carbone… ] et l'achat de titres combinés de nouveaux services de taxis, de VTC, d'autopartage et de covoiturage", expose Catherine Goniot, directrice générale adjointe "espace public et mobilités durables" de la métropole Rouen Normandie.

 

En attendant, "Mulhouse et Saint-Etienne sont les plus avancées", estime-t-on au Gart. Si Mulhouse a été pionnière, Saint-Etienne métropole est aussi en pointe. Après avoir lancé avec Transdev en 2016 Moovizy, son application mobile de recherche d'itinéraires multi modaux, comprenant les transports publics Stas de Saint-Etienne et TCL de Lyon, les horaires d'avions à Lyon Saint-Exupéry et des trains SNCF, la métropole passe à l'étape de la billettique. Elle proposera bientôt Moovizy 2, qui s'étoffe de nouvelles offres (taxis, auto partage, covoiturage, vélos en libre-service) et qui "permet surtout de payer ses trajets multimodaux en un montant global en fin de mois", selon Ludovic Jourdain, directeur général de la Stas.

 

Débuts en Europe du nord

En avance aussi, Annemasse agglo se caractérise par son système MaaS transfrontalier. Coréalisé avec son partenaire RATP Dev, il regroupe l'information voyageur sur plusieurs modes de transport du Grand Genève, entre la France et la Suisse, telle que les horaires des réseaux de transport public TAC d'Annemasse et TPG de Genève, de la SNCF et de son équivalent suisse CFF, mais aussi la disponibilité des véhicules partagés, de covoiturage, des taxis et bientôt de vélos en location. "La stratégie générale est de permettre aux habitants de mieux se déplacer par l'efficience des modes de transport empruntés, ce qui réduit de fait l'impact environnemental", indique Bertil de Fos, directeur général du cabinet de conseil Chronos. Mais à Saint-Etienne, la solution MaaS s'inscrit aussi dans une stratégie de marketing territorial. "L'objectif est d'accroître l'attractivité de la métropole par l'optimisation du transport pour entretenir sa vocation de smart city", révèle Olivier Barbé, directeur marketing de la ville et de la métropole.

 

En Europe, l'engouement pour le service MaaS est né dans le Nord, où les premières expérimentations ont eu lieu à Helsinki (Finlande), Göteborg (Suède) et Hanovre (Allemagne). Mais contrairement au modèle français, qui consiste à co-réaliser un service MaaS par le biais d'un partenariat public-privé, ce sont des start-up qui s'y sont lancées. Pionnière, la jeune pousse MaaS Global propose son application mobile depuis 2017 à Helsinki, sous la marque Whim, qui permet d'emprunter bus, tramway, trains locaux, vélos en libre-service, taxis et voitures de location. Le paiement peut s'effectuer à l'usage ou selon un forfait mensuel. De même, après avoir expérimenté son service MaaS à Göteborg, la start-up suédoise UbiGo l'a lancé à Stockholm à l'été 2018. L'application comprend les transports publics, le covoiturage, le taxi, la location de voitures et les vélos en libre-service et propose des modèles de prix flexibles.

 

En revanche, ce sont les transports publics GVH qui pilotent l'application Mobility Shop à Hanovre. Celle-ci regroupe aussi les vélos, les taxis, l'autopartage et les trains de la Deutsche Bahn.

 

Les « com’com » aussi dans le coup !
Lancées respectivement en 2016 et 2018, MyBus et TixiPass sont deux applications mobiles qui permettent aux usagers des transports en commun d’acheter et de valider leur titre de transport sur smartphone, pour se déplacer sur tout type de réseaux urbains et périurbains d’une centaine de communautés de communes. MyBus couvre 200 réseaux de transport public partenaires (à Roanne, Vichy ou Albi…) alors que TixiPass en couvrirait une cinquantaine (parmi lesquels, le Territoire de Belfort, Nevers, etc.).

 

A Mulhouse, un service pionnier des plus aboutis
Depuis septembre 2018, les habitants de l’agglomération Mulhouse Alsace peuvent utiliser le compte mobilité, un service MaaS complet, pour leurs déplacements quotidiens. Sur une application mobile dédiée, il offre un accès simplifié à un large choix de transports : bus, tram et tram-bus du réseau public Soléa, vélos en libre-service VéloCité de JCDecaux, voitures en autopartage de Citiz ou places de parking-relais en ouvrage sécurisé d’Indigo et de Citivia… Les usagers peuvent réserver librement sur ce compte mobilité tout ou partie de ces modes de déplacement et stationnement, pour leurs trajets quotidiens. Fort de plus de 1 500 utilisateurs inscrits, ce service urbain multimodal va s’étoffer de nouvelles offres de mobilité. "L’application s’enrichit de la location de vélos longue durée de Médiacycles et de la disponibilité de places de stationnement sur voirie de la ville de Mulhouse. Elle intégrera ensuite les services des trains TER, des cars départementaux, des cars longue distance et de taxis", indique Christophe Wolf, directeur mobilités et transport de l’agglomération.
L’appli donne déjà aux usagers des informations voyageur utiles comme l’heure de passage du prochain bus ou tram, la disponibilité de vélos dans les stations Vélocité, la localisation de voitures partagées disponibles ou le nombre de places libres dans les parkings. Surtout, le compte mobilité permet d’acquérir en ligne son titre de transport ou sa réservation de vélo ou de voiture en déclarant son déplacement sur les modes de mobilité choisis. "C’est une révolution. Notre outil génère les clés d’accès aux divers services de mobilité, tels que des QR codes pour les transports en commun et des codes de déverrouillage par smartphone des vélos en libre-service et des voitures partagées", souligne Christophe Wolf. Le paiement de cette billettique virtuelle s’effectue en fin de mois. Il est basé sur l’utilisation réelle des divers modes de transport par l’usager et passe par une facture unique. "Ce système de post-paiement s’accompagne d’un suivi de consommation qui permet à l’usager de savoir au quotidien ce qu’il dépense", précise le directeur. Et le compte mobilité s’étoffera d’un calculateur d’itinéraire à destination des habitants et des touristes.

(*) Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières.

 
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