En France, les livreurs et chauffeurs de VTC élisent leurs représentants

Les premières élections de représentants des travailleurs des plateformes du numériques en France sont assez décevantes. Présentées comme des élections historiques, elles ont finalement attiré peu de chauffeurs et livreurs.

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En France, les livreurs et chauffeurs de VTC élisent leurs représentants

Les premières élections de représentants des travailleurs des plateformes du numérique, comme Uber et Deliveroo, se sont tenues en France du 9 au 16 mai 2022. 120000 livreurs et chauffeurs de VTC étaient appelés à voter pour leurs représentants. Force est de constater que cette élection a attiré peu d'indépendants puisque le taux de participation s'élève aux alentours de 2%, livreurs et chauffeurs confondus.

16 organisations candidates

"Il s'agit d'un rendez-vous historique pour l'ensemble de ces professions, jugeait pourtant Elisabeth Borne le jour du début de ces élections, alors ministre du Travail. Avec l'organisation de ces élections notre ambition est claire : que le dialogue se développe entre les représentants des travailleurs et ceux des plateformes, pour leur permettre de bénéficier de nouveaux droits et d'exercer leur activité dans de meilleures conditions, tout en respectant le statut d'indépendant auquel la plupart d'entre eux est attachée." Les représentants élus pourront porter la voix des indépendants auprès des plateformes sur les sujets du revenu, de la formation, de l'organisation du travail, des risques professionnels, etc.

Cette élection fixée en avril 2021 est réalisée sous l'égide de l'Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE), un organisme tiers de confiance mis en place à cette fin. Un total de 16 organisations se sont portées candidates. Pour être reconnue représentative, une organisation doit recevoir au moins 5% des suffrages. Une seconde étape doit ensuite avoir lieu dès l'été 2022 : les organisations représentatives doivent désigner les représentants chargés de porter les revendications des travailleurs indépendants.

L'AVF largement en tête pour les VTC

Chez les livreurs : la Fédération nationale des autoentrepreneurs et microentrepreneurs (FNAE) arrive en tête (28,45%), suivie de la CGT (27,26%), de l'Union Indépendants (22,32% et proche de la CFDT) et Sud Commerces (5,69%). N'ont pas collecté assez de voix : CFTC, CNT-SO, FO, Unsa et la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR).

Chez les VTC : l'Association VTC de France (AVF) arrive en tête (42,81%), suivie de l'Union-Indépendants (11,51%), l'Association des Chauffeurs Indépendants Lyonnais (11,44%), FO (9,19%), la FNAE (8,98%), la CFTC (8,84%) et l'Unsa (7,23%).

Une élection largement critiquée

La CGT livreurs critique l'organisation de ces élections dans un communiqué affirmant que "la très grande majorité des livreurs n'a pas pu voter faute d'avoir reçu leurs identifiants". Dans le détail, seulement 1,83% et 3,91% des 84000 livreurs et 39000 chauffeurs de VTC autorisés à voter l'ont fait. Le CNT-SO, qui n'a pas collecté assez de voix, évoque un "fiasco" et explique avoir déposé une requête en annulation de ce scrutin mettant notamment en avant les difficultés techniques pour participer au vote ou encore un corps électoral ne recoupant pas l'ensemble des travailleurs des plateformes concernés.

"Les travailleurs de plateformes sans papiers ou mineurs sont également les grands absents de ces élections, alors qu'ils représentent près de la moitié de la profession notamment dans les grandes agglomérations, juge également la CGT. Malgré notre demande, ils n'ont pas eu le droit de vote, à l'inverse de ceux qui leur sous-louent les comptes en prenant leur taxe de 25% à 50% sur ce qu'ils gagnent, accroissant d'autant leur précarité." Il convient de préciser que les travailleurs indépendants, quelle que soit leur nationalité, pouvaient voter à condition d'être inscrit sur les listes électorale à cette fin et d'avoir réalisé un certain nombre de prestations. Une inscription impossible pour les plus précaires d'entre eux, souvent sans papier, qui exerce via le compte d'une personne tiers.

A contre-courant du choix fait en France, la Commission européenne cherche à réguler ces plateformes et établir une présomption de salariat. Une législation qui inquiète les plateformes du numériques dont le lobbying se met en place à Bruxelles puisque ce texte doit être adopté par le Parlement européen puis retranscris dans le droit national de chaque Etat membre avant d'entrer en vigueur.

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