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En Ile-de-France, la télémédecine pourrait éviter jusqu'à 500 000 déplacements quotidiens

Étude Et si la télémédecine pouvait en partie résoudre le casse-tête de la mobilité en Ile-de-France ? C'est en tout cas ce que pense l'Institut Paris Région. Il affirme que la généralisation de cette pratique pourrait éviter jusqu'à 500 000 déplacements quotidiens.
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En Ile-de-France, la télémédecine pourrait éviter jusqu'à 500 000 déplacements quotidiens
En Ile-de-France, la télémédecine pourrait éviter jusqu'à 500 000 déplacements quotidiens © Unsplash/National Cancer Institute

Généraliser le recours à la télémédecine serait une piste à prendre sérieusement en compte pour réduire les déplacements en voiture en Ile-de-France, révèle une étude de l'Institut Paris Région publiée le 14 mai 2020.

Une explosion de la télémédecine

Cet organisme spécialisé dans la mobilité s'est penché sur les conséquences de la télémédecine sur les déplacements suite à l'explosion de cette pratique pendant le confinement. Au niveau national, les téléconsultations ont été multipliées par 100 pendant la crise sanitaire. Or, en Ile-de-France, sur les 43 millions de déplacements par jour, environ 2 millions sont liés à un motif de santé, soit environ 5 %. À titre de comparaison, c’est plus de deux fois le nombre de déplacements en vélo.

A moyen terme, l'Institut Paris Région table sur un scénario en Île-de-France où 15 à 25 % des consultations physiques pourraient basculer vers la téléconsultation. Ce qui aboutirait globalement à une baisse des déplacements quotidiens pour le motif de santé comprise entre 300 000 et 500 000, soit environ 1 % de l’ensemble des déplacements en période normale. En effet, les trajets pour motif de santé sont plutôt des déplacements de proximité. Les durées moyennes varient de 20 à 25 minutes pour la médecine de ville et de 30 à 40 minutes pour la médecine hospitalière. Les franciliens utilisent principalement la voiture pour se déplacer chez leur praticien.

Assouplir le cadre réglementaire

Selon l'étude, la généralisation de la télémédecine dépend de deux facteurs : "le cadre réglementaire" et "l'offre de service numérique détenue essentiellement par des prestataires privés". Sur le premier point, rappelons que le gouvernement a considérablement assoupli les conditions d'accès. Le 8 mars 2020, le ministre de la Santé et des Solidarités Olivier Véran annonçai- la levée de l'obligation de passer par son médecin traitant et celle d'avoir une consultation réelle les douze mois avant la réalisation d'une consultation à distance. "Chaque patient pourra donc avoir accès à une téléconsultation quand il en aura besoin et où qu'il soit", avait-t-il promis.

Deux décrets ont été adoptés pour acter ces nouvelles conditions. Pendant le confinement, l'objectif était de limiter au maximum les risques de contamination dans les salles d'attente des médecins. Mais cet assouplissement n'est pas du goût de tout le monde. Certains experts se sont inquiétés du fait que les consultations pouvaient désormais être effectuées "en utilisant n'importe lequel des moyens technologiques actuellement disponibles pour réaliser une vidéotransmission" (décret du 9 mars 2020). Quid de la protection des données de santé ?

Sans aucun doute, le Covid-19 a provoqué un regain d'intérêt pour les solutions de télémédecine. Le 23 avril 2020, Doctolib revendiquait 2,5 millions de rendez-vous pris en consultation vidéo depuis le début de la pandémie. Or, d'après une étude, seuls 6 % des Français ont eu recours à la téléconsultation durant l'année 2019. Alors ce soudain engouement ne risque-t-il pas de redescendre aussi vite qu'il a monté ? La télémédecine est confrontée à deux problématiques majeures.

Ses cas d'usage sont très limités. Le renouvellement d'ordonnance reste le premier voire le seul. En second lieu, cette pratique doit encore combattre les réticences des médecins. D'après le baromètre de l'Agence numérique en santé, 35 % d'entre eux estiment qu'ils n'auront jamais recours à cette pratique à cause du risque de déshumanisation.

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