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"En matière de 5G, le fait que nous maîtrisions l’ensemble de la chaîne de valeur est un gage de sécurité", Thierry Boisnon (Nokia France)

Entretien Alors que ses équipements 5G ont déjà été mis en fonction en Corée du Sud et aux Etats-Unis, le Finlandais Nokia a annoncé cette semaine avoir signé 42 contrats commerciaux au niveau mondial… et prend ainsi la tête de la course, en doublant son concurrent chinois Huawei longtemps en avance. Pour L'Usine Digitale, Thierry Boisnon, président de sa filiale française, revient sur la stratégie du groupe en la matière ainsi que sur les défis auxquels l’Europe sera confrontée ces prochains mois.
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En matière de 5G, le fait que nous maîtrisions l’ensemble de la chaîne de valeur est un gage de sécurité, Thierry Boisnon (Nokia France)
Nokia a sécurisé 42 contrats commerciaux pour des équipements 5G au niveau mondial. © Nokia France

L’Usine Digitale : Nokia vient d’annoncer la signature de 42 contrats commerciaux pour la 5G, se plaçant ainsi en tête des équipementiers au niveau mondial à ce stade. Quelles sont les raisons de ce succès ?

Thierry Boisnon : Notre première force, c’est d’être un groupe bien implanté au niveau mondial. Nokia est présent sur tous les continents et dans toutes les régions stratégiques. Aux Etats-Unis, nous équipions déjà les quatre opérateurs de télécommunications nationaux sur les technologies mobiles précédentes. C’est également le cas des trois opérateurs coréens. Nous ne partions donc pas d’une page blanche, car la plupart de ces partenaires historiques ont simplement reconduit leurs contrats dans le cadre de la 5G.

 

A côté de ça, nous avons aussi développé une offre extrêmement qualitative du fait de notre expertise sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Le fait que nous ayons une division mobile rassure notamment nos clients sur l’accès aux fréquences radio. Dans l’attente de nouveaux développements, la 5G déployée aujourd’hui fonctionne par l’ajout de fréquences adaptées sur des infrastructures 4G. Du cœur de réseau au routeur, en passant par la transmission : nous sommes, avec un groupe chinois, les seuls à avoir une vision aussi large. Or, on sait que les Chinois ne peuvent pas commercer partout comme nous...

 

Faites-vous un lien entre cette accélération des commandes et la confrontation en cours qui oppose votre concurrent chinois Huawei à l’administration américaine ?

T. B. : En l'état, je ne sais pas si l’affaire Huawei a eu des conséquences directes sur les contrats que nous avons pu signer. Néanmoins, nous enregistrons effectivement une accélération des commandes depuis la fin du premier trimestre 2019. Fin mars, Nokia avait sécurisé 30 contrats. Nous en sommes donc à 42 aujourd’hui, tout juste deux mois plus tard. Cela représente plus d’un contrat de plus par semaine depuis cette date. Ce n’est pas négligeable.

 

Nokia propose une offre de répéteur 5G/Wi-Fi pour densifier la couverture en zones non-fibrées.

 

Telia en Suède, Telenor en Norvège, Salt en Suisse, TIM et Vodafone en Italie... Des centaines de discussions sont en parallèle engagées avec nos partenaires, dans le cadre de négociations commerciales mais aussi pour élaborer des PoC [Preuves de Concept, ndlr]. Ce qui est certain, c’est que dans l’état actuel de l’écosystème, notre offre de bout en bout est un gage de sécurité. Nokia est d’ailleurs tout à fait favorable à une meilleure régulation autour des équipements pour prévenir le détournement des données. Si des standards n’encadrent pas les pratiques, cela se ressentira sur le marché parce que nos clients seront contraints de s’emparer eux-mêmes du sujet… et d’investir massivement en interne. Il faut donc que l’Union européenne se coordonne.

 

Les Etats-Unis ou la Corée du Sud ont lancé commercialement la 5G. La France et l’Europe ne commencent-elles pas à accumuler un certain retard ? Quelles en seront les conséquences ?

T. B. : C’est vrai. Aujourd’hui, 70 % des fréquences 5G doivent encore être attribuées par les Etats aux opérateurs en Europe. En tant que fournisseur, tous les voyants sont au vert : la technologie est prête. Il est donc temps de passer au déploiement, pour que les cas d’usage puissent se multiplier. Au Japon, nos équipements vont notamment être installés sur quelque 200 000 feux tricolores pour aller plus vite. Cela devrait permettre le développement de projets de mobilité avec les véhicules autonomes, mais également dans le cadre de communications d’urgence en cas de catastrophe naturelle.

 

En France, nous n’avons pas attendu l’attribution des fréquences pour commencer à imaginer les applications de demain. Nokia possède une importante unité de R&D dans le pays, avec 1800 personnes qui se consacrent uniquement à la 5G. Cette équipe bénéficie d’une plateforme de tests de plus de 15 000 mètres carrés. Nous avons déjà imaginé de nombreux cas d’usage dans le domaine de l’industrie 4.0 en partenariat avec Orange, qui a par ailleurs pu retransmettre le tournoi de Roland-Garros en direct et en 8K grâce à une infrastructure 5G de Nokia. A Marseille, plusieurs sites de tests en conditions réelles seront aussi déployés d’ici à l’été. Nous discutons avec les quatre opérateurs français pour savoir ce que nous ferons de ces nouvelles fréquences. C’est bien là la clé de la multiplication des cas d’usage de la 5G… et de notre développement futur en tant qu’équipementier.

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1 commentaire

Pasquier
11/06/2019 08h26 - Pasquier

j'aimerais beaucoup avoir déja la 2G..... mais les petits villages ne vous interessent pas !

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