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En pleine pénurie de puces, TSMC prépare la construction d’une immense usine à Taïwan

Selon la presse locale, le leader mondial des semi-conducteurs envisage de construire deux unités de production de semi-conducteurs à Kaohsiung, dans le sud de Taïwan.
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En pleine pénurie de puces, TSMC prépare la construction d’une immense usine à Taïwan
En pleine pénurie de puces, TSMC prépare la construction d’une immense usine à Taïwan © Peellden - CC BY-SA 3.0

C’est une nouvelle bienvenue pour les industries frappées depuis l’an dernier par la pénurie mondiale de semi-conducteurs. Le géant taïwanais TSMC, leader mondial de la fabrication de puces électroniques, s’apprête à construire deux nouvelles unités de production dans le sud de Taïwan. L’information, initialement rapportée par le média taïwanais Commercial Times, a été confirmée cette semaine par la revue nippone Nikkei, qui cite des sources proches du dossier.

Selon les deux médias, TSMC projette de construire ces usines sur le site d’un ancien complexe pétrochimique de 170 hectares à Kaohsiung, troisième ville de Taïwan. La première unité serait dédiée aux puces de 6/7 nm (dont TSMC détient 85% du marché mondial), et la seconde aux circuits de 22/28 nm. La production, qui doit débuter en 2024, pourrait servir aux processeurs de Nvidia, AMD ou MediaTek, ainsi qu’à certaines demandes de sous-traitance d'Intel ou de Google.

Lutter contre la pénurie mondiale de semi-conducteurs
La nouvelle tombe alors que TSMC, responsable de 52% du marché mondial des puces électroniques, est aux premières lignes d’une pénurie mondiale qui affecte depuis un an plus d’une centaine d’industries. "TSMC fait face à des pressions importantes de la part de ses clients, mais aussi des gouvernements américains, européens et japonais, pour augmenter ses capacités de production afin de répondre à cette pénurie", note Roy-Chun Lee, directeur exécutif au sein de l’Institut de recherche économique Chung-Hua, à Taipei.

En avril dernier, le mastodonte taïwanais a annoncé une enveloppe de 100 milliards de dollars (85 milliards d’euros) pour augmenter ses capacités de fabrication dans les trois prochaines années, soit l’équivalent du PIB annuel de l’Equateur. Ses principaux rivaux, l’américain Intel et le sud-coréen Samsung, ont également révélé des investissements conséquents dans de nouvelles lignes de production.

Les fonderies de puces, un rempart contre la Chine
Le projet de TSMC est une bonne nouvelle pour le gouvernement taïwanais, qui cherche à retenir sur l’île la production de son fleuron national. Les semi-conducteurs taïwanais, outre leurs retombées économiques, font en effet office de protection face aux menaces d’invasion de la Chine communiste. Les Taïwanais ont même affublé l’entreprise du nom affectueux de "Hu Guo Sheng Shan" : "la montagne qui protège le pays".

Mais satisfaire les projets d’expansion de TSMC reste un défi pour Taïwan. Son territoire, équivalent en taille à celui de la Belgique, est déjà couvert d’usines d’électroniques, très énergivores. Au printemps dernier, une sécheresse inédite avait conduit les autorités à imposer des restrictions d’eau, menaçant directement la production de semi-conducteurs.

Des contraintes qui expliquent en partie le choix de Kaohsiung, située à l’extrême sud du pays, où TMSC ne disposait encore d’aucun site de fabrication. "[En s’installant à Kaohsiung], TSMC s’adapte à la saturation des terres dans les parcs industriels existants, et cherche à diversifier ses risques en matière d’approvisionnement en eau et en électricité", analyse Arisa Liu, de l’Institut taïwanais de recherche économique (TIER).

Vers une internationalisation des usines de TSMC ?
Taïwan doit aussi faire face à la volonté des grandes puissances de réduire leur dépendance en matière de semi-conducteurs, après l’électrochoc provoqué par la pandémie. Les Etats-Unis ont ainsi réussi à obtenir de TSMC la construction d’une unité de production de puces dernière génération (5 nm) en Arizona. L’entreprise taïwanaise étudierait également la possibilité d’installer des sites de production en Allemagne et au Japon, où elle dispose déjà d’un centre de recherche.

"TSMC effectue certes des investissements stratégiques aux Etats-Unis, au Japon et en Allemagne, mais la majorité de ses nouvelles lignes de production continuent d’être construites à Taïwan, tempère la consultante Arisa Liu. La production de semi-conducteurs y reste inférieure de 25 à 30% par rapport à la moyenne mondiale".

Un constat que confirme en creux Nina Kao, à la tête du département de relations publiques de TSMC, jointe par L’Usine Digitale : "Taïwan est notre base principale, nous ne nous interdisons pas de continuer à y étendre nos capacités sur le même rythme"

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