Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

En pleine tourmente, la néobanque Monzo lève 67 millions d'euros

Vu ailleurs Levée de fonds La néobanque britannique Monzo boucle un cycle de financement supplémentaire de 60 millions de livres sterling, mais voit sa valorisation chuter de 40%. Des difficultés directement liées à la crise du Covid-19.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

En pleine tourmente, la néobanque Monzo lève 67 millions d'euros
En pleine tourmente, la néobanque Monzo lève 67 millions d'euros © Monzo

Monzo, une néobanque basée au Royaume-Uni, a confirmé le 16 mars avoir bouclé un tour de table de 60 millions de livres sterling, soit environ 67 millions d'euros. Ce cycle de financement a réuni les investisseurs de la première heure (Y Combinator, General Catalyst, Accel, Stripe, Goodwater, Orange, Thrive, Passion Capital) ainsi que des nouveaux partenaires (Reference Capital et Vanderbilt University). Mais, une fois n'est pas coutume, il n'est pas une bonne nouvelle.

Selon les analystes, ce tour de table, inférieur à ce que ciblait la fintech (70 millions de livres), est un très mauvais signe adressé aux marchés. La néobanque, qui revendique plus de 4 millions de clients, a négocié le soutien des investisseurs en échange d’une valorisation diminuée de 40%, à 1,24 milliard de livres sterling contre 2 milliards de livres à l’été dernier. En l’absence d’un financement promis par le géant SoftBank, Monzo ne pourrait tenir, selon le Financial Times, que jusqu’au deuxième semestre 2021… période au cours de laquelle elle espère atteindre la rentabilité.

Absence de liquidités et licenciements 

La jeune pousse britannique connaît l’une des périodes les plus compliquées de sa jeune existence. Elle subit de plein fouet les effets de la crise économique provoquée par le Covid-19. En cause : la diminution du volume de dépenses par carte de ses clients, notamment à l’étranger, alors qu’une partie des revenus provient des commissions prélevées sur ces transactions. Par ailleurs, la banque dû reporter le lancement d’une offre premium payante, un autre trou imprévu dans ses comptes. Les derniers produits lancés, dont l'offre dédiée aux professionnels en mars dernier et les quelque 25 000 souscriptions de comptes issus des petites et moyennes entreprises, ne suffisent pas à renflouer les caisses de la start-up.

Conséquence directe de ce manque de liquidités, le licenciement de plusieurs dizaines d’employés au Royaume-Unis et aux Etats-Unis, et la fermeture de son service support, basé à Las Vegas. La fintech doit dans ce contexte affronter un changement de gouvernance, avec le départ de cadres emblématiques comme Tim Trailor. Tom Blomfield, cofondateur et PDG, laisse la place au dirigeant du marché américain, TS Anil, et devient président de la société. Une création de poste destinée à définir une vision à plus long terme pour la pépite créée en 2015, qui fait figure de fleuron de l'écosystème fintech outre-Manche.

Monzo n’est pas la seule néobanque à souffrir du contexte économique. Bien que la crise puisse favoriser l’émergence et l’adoption de solutions digitales, les néobanques souffrent de leur modèle économique qui repose pour l’essentiel sur le prélèvement de commissions et donc de leur volume. Les offres payantes, notamment à destination des entreprises, ne séduisent pas dans un contexte d’incertitude économique. Le concurrent européen de Monzo, l'Allemand N26 a annoncé de son côté, quelques mois avoir quitté le marché britannique, se séparer d’une partie de ses effectifs. Quant à l'autre grande réussite britannique, Revolut, elle vient d'annoncer l'augmentation du prix de certains de ses services.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.