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En soufflant ses 20 bougies, la pépite de la fintech française Lyra confirme son modèle

La fintech toulousaine Lyra fête ses 20 ans... Le plus bel âge pour une fintech ? Indépendante et en croissance continue, elle se caractérise aussi par une certaine discrétion et un financement, une fois n’est pas coutume dans l’écosystème fintech, sans la moindre levée de fonds depuis sa création. Entretien avec Anton Bielakoff, son dirigeant, à l'occasion de cet anniversaire.
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En soufflant ses 20 bougies, la pépite de la fintech française Lyra confirme son modèle
Anton Bielakoff, directeur général du groupe Lyra. © Julien Escalier

Lyra a 20 ans. Bien avant Adyen et Stripe, les deux géants mondiaux des infrastructures de paiement, créés respectivement en 2006 et 2010, la fintech de Toulouse tissait sa toile. Créée en janvier 2001 par Alain Lacour avec l’objectif de bousculer l’univers du paiement en s’appuyant sur les nouvelles technologies, le pionnier des métiers de la monétique en France s’est tourné en 2010 vers la sécurisation des paiements et le lancement de services dédiés en marque blanche avec le groupe BPCE.

Une discrétion assumée par Anton Bielakoff, qui a pris les rênes de la fintech en 2015. D’ailleurs, vous ne trouverez pas de Lyra dans le classement French Tech 120. Sa belle croissance, la fintech la revendique sans aucune levée de fonds depuis sa création. "Notre modèle est identique depuis 20 ans, rappelle Anton Bielakoff. Nous investissons ce qu’on gagne, sans avoir les yeux plus gros que le ventre".

Cet autofinancement agit cependant comme un critère discriminant de la liste des pépites de la tech. Un point soulevé par L’Usine Digitale dès sa première édition, en 2020. Pas essentiel, mais pas négligeable non plus pour le dirigeant, qui souligne que les start-up du FT120 "ont l’oreille de Bercy". Les levées de fonds sont aussi un levier essentiel dans la visibilité des leaders du secteur – l’Américain Stripe vient de lever 600 millions d’euros, le Néerlandais Adyen est valorisé à 65 milliards de dollars tandis que la dernière levée du Britannique Checkout s’élevait à 450 millions d’euros.

30% de parts de marché en France
Lyra, petit poucet du secteur ? Pas vraiment. "6 à 7 paiement sur 10 en France sont pris en charge par notre technologie", précise son directeur général. Lyra revendique 30% de parts de marché, en direct ou sous marque blanche et elle comptabilise 10 000 clients direct. Elle ajoute chaque jour 1 500 commerçants à son portefeuille, le double de ce qu’enregistrait la société en 2020. Côté chiffre d’affaires, elle affiche 70 millions d’euros – en 2019 – en croissance continue depuis sa création. "Nous allons réaliser le même chiffre d’affaires en 2021", précise Anton Bielakoff.

L’année 2020 a été plus compliquée. La chute des transactions e-commerce liées au tourisme et à certains loisirs, due à la crise sanitaire, a néanmoins été compensée par l’ouverture de nouveaux marchands au digital et l’augmentation des ventes sur les secteurs comme le bricolage et l’alimentaire. Par ailleurs, la mise en œuvre de la DSP2 et de l’un de ses piliers, l’authentification forte, a permis à Lyra de convaincre des marchands et autres acteurs qui n'étaient pas vraiment prêts à cette transition pourtant annoncée en 2018. "Nous avons démontré que les migrations se passaient sans problème, avec un très bon taux d’acceptation", annonce Anton Bielakoff, qui explique avoir mobilisé et investi de nombreuses ressources en trois ans pour accompagner les marchands.

10 filiales à l'étranger
En France, Lyra accompagne justement 60 000 marchands. Le groupe se targue également d’une vraie dimension mondiale, avec une implantation dans 10 pays que sont l’Algérie, l’Allemagne, le Brésil, le Chili, l’Espagne, l’Inde, le Mexique, l’Argentine, la Colombie et le Pérou. Des centres de développement ont été ouverts en Algérie, Inde et Brésil. Toujours au niveau international, le groupe a dépassé les 20 milliards de paiement sécurisés et transmis en 2019 dans le monde, gère plus de 100 000 sites e-commerce et plus de 4 000 000 de terminaux de paiement dans le monde. Parmi ses clients, Tour Eiffel, Compagnie des Alpes, Natixis, Hypnia, Wall Street English,  Dejbox, Lidl Voyages ou encore Azureva.


Engagé sur des grands chantiers stratégiques, notamment de renforcement à l'international et d’expansion en Europe, Lyra n’exclut pas de s’implanter en Italie et au Portugal. Elle réalise déjà la moitié de son chiffre d’affaires à l’international, avec 150 collaborateurs dédiés sur les 350 personnes qu’emploie la société.

Maîtriser toute la chaîne du paiement
Autre atout de la société toulousaine, elle est agrée établissement de paiement depuis 2018. Elle multiplie désormais les innovations en matières de digitalisation des paiements, d’omnicanalité et de lancements de nouveaux moyens de paiement, notamment sans contact… y compris en point de vente. Le paiement par lien via email ou messagerie instantanées, le déploiement des paiements via WeChat et Alipay sont en route, ainsi qu’une application pour smartphone dédiée à l’encaissement mobile en magasin.

"Nous travaillons aussi sur le système vocal interactif (SVI) car les plateaux de télécommunication sont en pleine expansion, détaille Anton Bielakoff, qui conclut : Nous voulons continuer à nous développer par nous-mêmes nos infrastructures. Notre parti-pris, c’est que pour être bon, il faut maîtriser toute la chaîne de paiement". Pour compléter son offre, Lyra souhaite peser sur le marché des paiements instantanés en intégrant le moyen de paiement SDD (SEPA Direct Debit) et permettre aux commerçants de bénéficier d’une transaction immédiatement créditée.

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