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Enième bad buzz pour Uber, le bad boy de la Silicon Valley

Uber a, semble-t-il, bien fait de recruter le conseiller d'Obama pendant la campagne de 2008, David Plouffe. En l'espace d'une semaine, la start-up a dû faire face à deux "bad buzz" qui pourraient bien menacer son hégémonie.
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Enième bad buzz pour Uber, le bad boy de la Silicon Valley
Enième bad buzz pour Uber, le bad boy de la Silicon Valley © Uber

Lors d'une soirée privée, le vice-président senior d'Uber, Emil Michael, a suggéré une stratégie inquiétante pour faire taire les journalistes trop critiques de l'entreprise : investir un million de dollars pour construire une équipe spécialisée de "chercheurs" qui investigueraient pour dénicher les squelettes dans les placards de ces journalistes. A coups de campagnes de diffamation, il pensait pouvoir les intimider. 

Un reporter du site américain Buzzfeed, présent lors de la soirée, a rapporté la conversation. Emil Michael visait spécifiquement Sarah Lacy, reporter de la Silicon Valley et fondatrice du site Pando Daily, qui avait vertement critiqué Uber pour sa misogynie. 

Après le scandale médiatique, le patron d'Uber Travis Kalanick s'est empressé de condamner les propos de son VP sur Twitter dans un long message, sans toutefois envisager de limoger le manager en question.

"Ses remarques montrent un manque de leadership, d'humanité et ne correspondent pas avec nos valeurs et idéaux, écrit-il. Je crois que les gens peuvent apprendre de leurs erreurs - moi y compris." Alors qu'Uber fait régulièrement l'objet de critiques pour son agressivité envers ses concurrents et une culture de "la fin justifie les moyens", le scandale porte un sérieux coup à une image déjà dégradée.

"God View" : violation de la vie privé des utilisateurs ?

Comme si cela ne suffisait pas, au même moment Uber a affirmé enquêter sur l'un de ces managers phares à New York, qui a suivi les déplacements d'une journaliste de Buzzfeed sans son consentement. Une nouvelle violation aux "règles de l'entreprise". Uber a rapidement publié un message de blog décrivant ses règles en vigueur pour protéger la vie privée des utilisateurs, affirmant qu'elles avaient toujours été en place. La start-up affirme notamment ne jamais utiliser les données des utilisateurs sauf pour des raisons business "légitimes" comme réparer des bugs, ou mieux lutter contre des activités frauduleuses.

Des représentants d'Uber avait pourtant déjà fait la demonstration de leurs capacités à accéder aux comptes des utilisateurs et à analyser tous leurs déplacements via un système intitulé "God view". La journaliste de Buzzfeed Johana Bhuiyan affirme que Josh Mohrer, le directeur d'Uber à New York, avait déjà enfreint les règles en lui envoyant un e-mail récapitulant tous ses voyages avec Uber, lors d'une discussion sur leur rival Lyft.  Ce type d'outil de suivi pourrait être en place depuis de nombreuses années. Cela fait sens pour Uber de suivre sa flotte de conducteurs pour une optimisation continue, mais pas de s'en servir pour attaquer les journalistes ou saboter les concurrents.

Uber peut-t-il chuter de son trône ? La start-up la plus en vue du moment garde un avantage indéniable sur la concurrence, mais pour combien de temps ? La confiance des utilisateurs est le bien le plus précieux des services de VTC. La survie des pépites numériques dépend principalement de leur culture d'entreprise et de leur image de marque. Uber est à un tournant, et pourrait bien manquer un virage décisif s'il ne rectifie pas le tir.

Nora Poggi

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