Entre industrie et services, la formule gagnante de Gemalto

Dans un environnement économique morose, le français Gemalto affiche une réussite insolente : après un bénéfice record en 2012, le groupe s’attend à une croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires cette année. Son PDG présente un business model en évolution, entre fourniture de solutions logicielles et matérielles, et revient sur l’entrée au CAC40 de ce champion du numérique "made in France".

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Entre industrie et services, la formule gagnante de Gemalto

Avec son entrée dans le club du CAC 40, Gemalto avait bouclé 2012 en beauté. Né de la fusion en 2006 de Gemplus et d’Axalto, le groupe français a annoncé ce jeudi 14 mars avoir réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 2,24 milliards d’euros, en hausse de 9% par rapport à 2011 à taux de change constant. Olivier Piou, PDG de Gemalto, est également fier d’avoir atteint son objectif de bénéfice d’exploitation fixé à 300 millions d’euros avec un an d’avance.

Diversité des activités

Pour expliquer cette réussite, Olivier Piou met en avant la grande diversité des activités du groupe. Si le segment de la téléphonie mobile a ainsi représenté près de la moitié du chiffre d’affaires en 2012 grâce au démarrage du déploiement de la 4G notamment, Gemalto s’est également imposé au niveau mondial dans les domaines des transactions sécurisées, de la sécurité et du "machine-to-machine", les fameux objets connectés. Facteurs de solidité, le français dispose en outre d’un portefeuille de clients diversifié - des entreprises de tailles diverses aux gouvernements - et d’une forte présence à l’international.

Changement de business model

Mais surtout, Gemalto a su profiter de l’héritage du savoir-faire français en matière de carte à puces tout en réinventant son métier. Un véritable changement de business model pour le groupe qui a rapidement pris conscience de l’intérêt d’attacher des services à ses composants électroniques. "En 2012 et tous segments confondus, 40% de notre croissance est venu des plateformes logicielles", explique Olivier Piou qui se défend toutefois de vouloir "devenir une société de services informatiques". Il souligne plutôt le cercle vertueux dans lequel s'inscrit Gemalto : "Dans le NFC par exemple, le développement de plateformes dédiées pour un client comme un opérateur télécom l'amène à nous commander de nouveaux produits, qui susciteront à leur tour une demande pour des services assciés".

Préparer l'avenir

Dans ce contexte, Gemalto affronte l'avenir avec sérénité et prévoit une progression de son chiffre d'affaires à deux chiffres cette année. Pour rester en pointe en termes d'innovations et préparer les marchés post 2013, le groupe a également annoncé une augmentation de ses investissements dans ses activités opérationnelles. Gemalto, qui emploie 10 000 personnes dans le monde, a en outre prévu de recruter environ 1 000 personnes cette année, dont une centaine en France, avant tout des ingénieurs logiciels. "L'économie numérique est particulièrement adapté à la France", se réjouit Olivier Piou. Un espoir au moment où la compétitivité de l'industrie française continue d'être pointée du doigt.

Julien Bonnet

Le CAC 40 n’a pas changé Gemalto
"L’entrée dans le CAC 40 nous a apporté beaucoup de sollicitations et de marques d’intérêt", raconte le PDG de Gemalto, Olivier Piou, qui dit ne pas se soucier davantage de la valorisation boursière du groupe à court terme. Contrairement aux financiers qui scrutent les résultats à l’échelle d'un mois, "je préfère donner des objectifs à trois ou quatre ans", indique-t-il. Olivier Piou n’hésite pas à se comparer à la marque à la pomme, qui a connu une véritable envolée en Bourse au cours des denières années : "Apple a bien mis cinq ans à vendre 500 millions d’iPhone !".

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