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Entrepreneuriat et illégalité : plongée dans un monde obscur

Ex-directeur commercial de relaxnews et de My Little Paris, Thomas Barret a décidé en 2015 de créer son entreprise. Ambition : ré-enchanter nos matins, avec sa gamme d’accessoires siglés The Morning Company. Chose peu commune, il choisit dès le début de son aventure de tenir un carnet de bord, afin de partager ses premiers pas et ses péripéties d’entrepreneur. L'Usine Digitale publie, chaque semaine, ses récits.
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Entrepreneuriat et illégalité : plongée dans un monde obscur
Entrepreneuriat et illégalité : plongée dans un monde obscur

"Thomas Barret ?"

J’étais tranquillement en train de composer sur mon clavier d’ordinateur, quand une voix m’interpella, par dessus mon épaule.

Je me retourne innocemment vers mon interlocuteur, et me retrouve alors face… à Karl. Oui, Karl. Karl Lagerfeld, himself.

 

A peine remis de ma surprise de le voir déguiser en policier, avec costume & képi, je l’entends me décocher : "cheune homme, fous zetes z’en eunfractione deu la loi; che fous s’arrete !".

 

Heureusement, il se trouve que mon rêve s’est arrêté à ce moment là. Et c’est probablement mieux comme ça.

 

Mais dans le fond, il a pas tort, Karl. Je suis en infraction à la loi : sur mon site The Morning Company, je lui attribue une phrase qu’il n’a jamais prononcée (encore qu’il aurait pu, non ?). Et ça, c’est pas franchement légal.

 

Ma vision de la loi était pourtant très simple, il y a encore quelques années : la loi dit ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire. Pas de débat sans fin, pas d’interrogations existentielles. Le champ des possibles est délimité par la loi. Point final.

 

Et puis, il y a eu la confrontation avec la réalité entrepreneuriale. Le besoin, la nécessité parfois, de forcer un peu le destin pour avancer. Et une vision plus pragmatique des choses : la loi dit évidemment effectivement ce qu’on peut faire, mais plus exactement ce qu’on peut faire sans prendre de risque.

 

Oulaa, attention, hophophop, j’en entends derrière leur écran qui s’écrient "Rolala, le mec, hé", ou encore "Apologie de l’illégalité ? Un scandale !". Que nenni. Pas du tout mon genre. Pour le moment je parle juste de fausse citation, là. Hein. Bon.

 

Quand on est entrepreneur, il y a deux facteurs qui entrent en jeu quand on est "confronté" à la loi : l’éthique & la prise de risque. L’éthique, c’est le 1er filtre, celui qui traite 99% des cas. C’est interdit, c’est normal, je ne fais pas. Mais dans 1% des cas, l’éthique … bah elle s’en fout un peu. Elle se dit que ça ne fait de mal à personne, mais que ça peut faire du bien au business. L’idée passe alors au filtre numéro 2 : l’estimation des risques.

 

In fine, ce genre de questions se posent quasiment tous les jours : emailing, bases de données, propriété intellectuelle… Et, en toile de fond, la question de ses propres valeurs et celles de son projet.

 

Et moi, je ne badine pas avec mes valeurs. Alors quand elles me disent de franchir, en cet instant même, le Rubicon législatif pour prendre une bière sur mon lieu de travail, je n’objecte pas. Et tant pis pour les risques.

 

Le reste de ma semaine en quelques chiffres :
3 jours de soleil arrachés dans le sud ouest

1 chouette offre dans la newsletter The Morning Company demain

643 consultations de mon document public de levée de fonds

5 rendez-vous avec de potentiels investisseurs

1 bonne nouvelle à vous annoncer jeudi prochain

 

Thomas Barret, néo-entrepreneur
Ce billet est inspiré du blog de l’auteur : The Morning Challenge

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