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Entretien avec Karen Dufilho-Rosen, executive producer du studio d’animation de Google

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Entretien Google Spotlight Stories produit des court-métrages immersifs depuis 2014. L’Usine Digitale a pu s’entretenir avec Karen Dufilho-Rosen, executive producer au sein de Google Spotlight Stories, lors d’un évènement "VR For Impact" organisé à The Camp par l’organisation Games for Change Europe.

Entretien avec Karen Dufilho-Rosen, executive producer du studio d’animation de Google
Son of Jaguar est l'un des derniers films produits par Google Spotlight Stories. © Google Spotlight Stories

L'Usine Digitale - Google Spotlight Stories est né sous l’égide du groupe ATAP au sein de Google. Comment cela affecte-t-il votre processus créatif ?

Karen Dufilho-Rosen - Oui, nous existons aujourd’hui sous la direction du groupe hardware de Google. Cela veut dire par exemple que lorsque notre court métrage Son of Jaguar est sorti, il était exclusif au smartphone Pixel 2. Cette relation avec le hardware fait partie de nos considérations lorsque nous créons un film ; nous savons qu’il nous faut l’optimiser pour un appareil spécifique. Cependant je ne vois pas ça comme une contrainte mais plutôt comme un compliment : cela veut dire que notre travail est remarqué et valorisé.

 

Est-ce que vous envisagez d’aller au-delà des smartphones à un certain point ? Par exemple, en créant du contenu pour la plate-forme de réalité virtuelle Daydream ?

K. D.-R. - Nous voulons rester multiplateformes, mais nous nous assurons d’être aussi capable de pivoter rapidement en cas de besoin. Pour le moment nous voulons continuer à travailler avec le format d’histoire "responsive" que nous avons créé, peu importe la plate-forme.

Notez bien cependant que nous avons déjà créé du contenu pour les casques de réalité virtuelle. Pearl est disponible sur HTC Vive par exemple, et Son of Jaguar est désormais disponible sur Steam et Viveport. Et notre prochaine œuvre, Sonaria, sera 6DoF [ndlr : "six degrees of freedom", c’est-à-dire que le spectateur pourra se déplacer physiquement dans l’œuvre], mais elle sera aussi sur smartphones. C’est un équilibre que nous essayons de garder, sans mettre l’accent sur une plate-forme par rapport à une autre. Cependant ma conviction personnelle est que le mobile est plus important, tout simplement car il touche beaucoup plus de monde.

 

Est-ce que Google Spotlight Stories s’intéresse à l’utilisation de la réalité augmentée ?

K. D.-R. - Oui, nous étudions son usage dans le cadre narratif. C’est vraiment très différent d’un point de vu créatif.

 

Que vous a inspirée la fermeture d’Oculus Story Studio, survenue en mai dernier ?

K. D.-R. - J’ai été déçue bien sûr. Et cela a pu donner l’impression à certains qu’il n’y a pas d’avenir pour le storytelling en VR alors que c’est complètement faux. De manière générale, je ressens une responsabilité qui est d’apprendre de ce que nous avons fait par le passé et de l’appliquer à ce que nous faisons à l’avenir. Plutôt que de fermer un studio, ça peut vouloir dire appliquer des restrictions. Je n’ai jamais compris pourquoi les budgets des films ne font qu’augmenter d’année en année. Pourquoi n’y a-t-il pas de restrictions budgétaires ? A l’heure actuelle nous expérimentons. Cela veut dire que des projets peuvent échouer. Si un projet est un succès nous le publions, et sinon nous apprenons de son échec.

 

Quelle est la prochaine grande étape dans le storytelling immersif selon vous ?

K. D.-R. - Plus de contenu de qualité ! Nous n’en sommes qu’au tout début. Où sont toutes les oeuvres de référence ? Du point de vue d’un cinéaste, la question n’est pas de savoir ce que vous allez faire mais comment vous allez le faire.

 

L’effet de présence que procurent les médias immersifs peut être à double tranchant, et certains mettent aujourd’hui en garde contre de possibles abus. Comment lutter contre ces hypothétiques dérives ?

K. D.-R. - Tout dépend de qui est aux manettes, qui contrôle la création. Il est capital de s’en préoccuper. Après, pour contrecarrer ce genre de choses, je crois qu’il faut se montrer plus humain. Je pense qu’en tant qu’espèce, nous aspirons au bien, pas au mal, même si ce n’est pas toujours très clair. Et plus nous nous confrontons les uns aux autres, plus nous échangeons, plus cela désarme les mauvais messages. Quand nous sortons de notre contexte en nous plaçant dans celui des autres, nous changeons pour le meilleur.

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