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[Entretien] La sortie du confinement à Shanghai racontée par Patrice Nordey, de Fabernovel

Entretien Indirectement touché par la pandémie de Covid-19, Shanghai – la capitale économique de fait de la Chine – quitte peu à peu le confinement. Patrice Nordey, qui y travaille depuis plusieurs années, témoigne pour nous de cette reprise. Le directeur de la stratégie et des opérations internationales de Fabernovel revient aussi sur la façon dont l'entreprise a vécu le confinement à la chinoise.
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[Entretien] La sortie du confinement à Shanghai racontée par Patrice Nordey, de Fabernovel
Quand Shanghaï se réveillera.. © Baycrest / CC BY-SA 2.5

L'Usine Digitale : Vous travaillez à Shanghai. Quelle est la situation aujourd’hui ?

Patrice Nordey : La Chine sort peu à peu du confinement. Shanghai aussi. On est passé la semaine dernière du niveau 3 au niveau 2, avec des réouvertures de cinémas, de restaurants, mais aussi de musées et de parcs. Le confinement ici s’est passé en plusieurs étapes, avec des restrictions pour les gens venant de certains endroits. On n’était pas dans la même situation qu’à Wuhan. Reste que nous avons été confinés pendant 1 mois et demi et les entreprises ont été fermées pendant deux semaines. A cela s’est ajouté le fait que les gens se sont confinés eux-mêmes.

Les comportements ont profondément changé. Majoritairement, les gens continuent de porter des masques. Dans les lieux publics, on prend la température des gens avant de les laisser entrer dans les commerces, dans les immeubles de bureaux et immeubles d’habitations. Parfois on doit laisser son numéro de téléphone dans un registre. Ainsi, si un cas apparaît, on sait qui a croisé qui. Tout le monde craint le rebond, d’où toutes ces mesures de précaution.

Quel impact cela a-t-il eu sur votre manière de travailler ?

Nous sommes passés à 100 % de télétravail dans l’entreprise, alors que ce n’était pas du tout notre culture en Chine. Le choc a été assez fort, mais dans l’équipe, tout le monde avait un ordinateur portable et nous travaillons avec des applications localisées dans le cloud. Nous avons assez facilement transposé dans le virtuel les habitudes du monde physique, comme, par exemple, la réunion du lundi matin, qui se déroulent désormais en visioconférence. On ne l’avait jamais fait et cela s’est déroulé sans problème majeur. Les équipes se sont très vite adaptées.

On a mis en place des outils de check-in et de check-out assez facilement en utilisant Excel. On a très vite réalisé qu’en télétravail les journées de travail étaient très intenses, les gens ne perdent plus de temps dans les transports. La productivité est beaucoup plus forte, car il me semble que les gens sont beaucoup plus concentrés sur les tâches à accomplir. Les interruptions sont moins nombreuses.

Aucun problème à signaler vraiment ?

Nous avons eu un problème d’engagement de certains salariés. Au début, cela se passait bien. C’est au bout de trois semaines environ que c’est apparu. Avec ma Responsable RH nous avons identifié que certains collaborateurs étaient davantage isolés que d’autres. A Shanghai, il y a beaucoup de jeunes qui viennent de toute la Chine et qui sont donc loin de leurs familles. Nous avons alors décidé de les appeler régulièrement pour s’assurer qu’ils allaient bien, voir ce qu’on pouvait faire pour les aider à tenir moralement. Pour eux, le lien avec l’entreprise était encore plus important. Nous avons été très vigilant.

Vos collègues de Paris vous ont envoyé des messages de soutien au début de l’année. Comment cela a-t-il été perçu ?

Cela s’est fait spontanément. Nous recevions des vidéos assez courtes. Cela a été très apprécié. A tel point qu’un salarié est venu me voir pour me proposer qu’on fasse la même chose maintenant à destination de nos collègues français. Nous avons aussi organisé une conférence pour témoigner de notre expérience et indiquer quels moyens nous avons trouvé pour surmonter ce moment.

Vous personnellement, quels conseils donneriez-vous à un salarié confiné ?

Je suis navré pour vous et vos confrères mais je crois qu’il ne faut pas regarder les informations en continu. C’est très angoissant. Il faut aussi essayer de continuer à avoir une activité physique. En février, j’ai couru l’équivalent de deux marathons sur ma machine à courir. Et bien sûr, il faut garder le contact avec les autres avec tous les outils dont on dispose, que ce soit Slack, WeChat, etc.

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