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Epson veut imprimer le monde en solo

Semblant ignorer la révolution numérique en cours, le spécialiste japonais de l'impression Epson continue à ne miser que sur sa technologie jet d'encre et son modèle industriel intégré pour aller sur de nouveaux marchés.

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Epson veut imprimer le monde en solo
Epson veut imprimer le monde en solo © DR

Epson va investir 100 millions de dollars dans son usine de Suwa Minani à Nagano (Japon) pour étendre sa ligne de production de processeurs Precision Core dédiés à l'impression de très haute précision. Le japonais, spécialiste de l'impression jet d'encre à froid, grâce à une technologie micro Piezo, compte en effet équiper un nombre croissant de ses imprimantes professionnelles et de celles destinées à l'industrie avec cette technologie 100% Epson.

Lancée il y a deux ans, cette puce a nécessité 160 millions de dollars d'investissements en R&D et 140 millions de dollars sur la ligne de production, sur un des sites historiques de l'entreprise. C'est en effet à Nagano, à 170 kilomètres au Nord-Est de Tokyo, qu'en 1942, neuf personnes se sont installées pour fabriquer des montres, et créer ce qui allait devenir Seiko Epson company (l'entreprise fabrique encore pour la marque Seiko - désormais gérée par une société indépendante - une partie des célèbres montres).

Une nouvelle arme contre l'impression laser

Aujourd'hui, l'entreprise compte 70 000 personnes dans le monde, dont 30 000 au Japon. Elle continue à miser uniquement sur ses technologies de précision (elle annonce 50 000 brevets valides) et surtout sur ses propres forces pour imposer la technologie jet d'encre dans tous les domaines de l'impression. Dans le domaine professionnel, avec notamment une imprimante multifonction, dans laquelle les cartouches sont remplacées par des sacs d'encres (fabriqués au Japon, mais conditionnés en Indonésie), qui permettent de diviser par deux les coûts d'impression. Une technique avec laquelle Espon espère bien enfin concurrencer les imprimantes laser, et conquérir une place de numéro 3 derrière HP (toujours leader) mais devant Brother.

La croissance dans de nouveaux marchés

Mais pour conquérir une position de leader mondial de l'impression, Epson vise aussi le segment de l’industrie. Le président depuis 2008, Minori Usi, un ingénieur ayant fait carrière dans l'entreprise, explique que "si l'impression restera la clé de sa stratégie, la croissance sera, elle, tirée par de nouveaux business". Une stratégie de diversification ciblée, entamée en 2009, qui a permis à la firme, très touchée par la crise économique de 2008, de revenir à son niveau d’alors en termes de ventes (9,7 milliards de dollars) en 2013.

Connu pour ses imprimantes personnelles et professionnelles, mais aussi leader dans le domaine de l'impression de tickets de caisse (45% de parts de marché), le japonais veut conquérir ce marché de l'industrie grâce à sa technologie de puce électronique Precision Core. Il compte ainsi s'imposer sur le marché de l'impression d'étiquettes et d'emballage, mais aussi dans l'impression textile, sur les différentes technologies : transfert, impression directe sur textile (Direct to garment, tee-shirt ou sac) avec une tout nouvelle imprimante à la demande. Mais sur le segment de l'impression sur tissus (Direct to fabric), Epson a dû trouver un partenaire. Depuis 2010, il fournit sa technologie de têtes d'impression à l’italien Robustelli, à Come, pour les imprimantes Monna Lisa.

Une entaille au modèle intégré pour le textile

Une exception. Comme depuis toujours, Epson veut avancer seul sur tous ces nouveaux marchés, gardant la maîtrise absolue de toute la production, depuis la R&D jusqu'à l'assemblage final de tous ses produits. Un modèle intégré qu'il appliquera au marché de la robotique industrielle, sur lequel il compte aussi s'imposer avec les robots qu'il a développés pour ses propres besoins, mais surtout à de tous nouveaux produits high-tech. C’est le cas de ses lunettes à réalité augmentée, Moverio, présentées en janvier à Las Vegas, et qui commencent à être commercialisées sur internet à environ 700 euros. Mais aussi sur le segment des wearable devices ou, peut-être, l'impression 3D. Une maîtrise totale qui prend du temps. Il faudra compter au moins 5 ans, avant qu'Epson ne sorte une montre connectée de santé ou une imprimante 3D. Le temps aussi que le marché soit plus mûr, explique Minori Usi. Pas sûr que la concurrence lui laisse ce temps.

Aurélie Barbaux, à Nagano (Japon)

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