Espionnage : l’Europe demande des explications à Washington

Le Guardian puis le Spiegel, dimanche 30 juin, affirment que la France, l’Italie et la Grèce figuraient parmi les 38 "cibles" surveillées par l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine.

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Espionnage : l’Europe demande des explications à Washington

Un nouvel épisode dans l’affaire de la NSA : selon le Spiegel et le Guardian, l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine surveillait également des institutions européennes. La France, l’Italie et la Grèce figuraient parmi les 38 "cibles" surveillées par l'Agence américaine.

Ces révélations ont vivement fait réagir sur le continent. "Entre partenaires, on n’espionne pas !", s’est indignée la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding. "On ne peut pas négocier sur un grand marché transatlantique s’il y a le moindre doute que nos partenaires ciblent des écoutes vers les bureaux des négociateurs européens", a-t-elle estimé, en réclamant que les Etats-Unis "dissipent ces doutes très rapidement".

"Pas une nouveauté", selon Pellerin

En France, le chef de la diplomatie Laurent Fabius a demandé des explications. révélées par la presse allemande, a déclaré le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. "La France a demandé aujourd'hui des explications aux autorités américaines au sujet des informations dévoilées par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel selon lesquelles la National Security Agency (NSA) aurait espionné les institutions de l'Union européenne", affirme-t-il dans un communiqué. "Ces faits, s'ils étaient confirmés, seraient tout à fait inacceptables", a-t-il ajouté.

Interrogée sur BFM TV, la ministre de l'Economie numérique Fleur Pellerin a relativisé ces allégations d'espionnage des Institutions. "Il faut distinguer deux choses: il y a l'affaire d'espionnage de l'Union européenne et des postes diplomatiques et ça, ce n'est pas vraiment la première fois que ça arrive dans l'Histoire", a nuancé Fleur Pellerin sur BFMTV, ce lundi 1er juillet, évoquant "ce même type d'événement pendant la guerre en Irak"."Même si ce n'est pas vraiment un acte amical de la part d'une puissance amie, ce n'est pas une nouveauté", a-t-elle souligné, tentant de calmer la polémique qui a enflé tout au long du weekend.


François Hollande réclame des garanties

Lundi, en marge d'un déplacement à Lorient, le président de la République s'est également exprimé sur cette affaire. "Nous ne pouvons pas accepter ce type de comportement entre partenaires et alliés", a-t-il condamné. "Nous demandons que cela cesse immédiatement", a-t-il ajouté, estimant que "les éléments sont déjà suffisamment réunis pour que nous demandions des explications"."Nous demandons confirmation ou infirmation. Nous ne pouvons pas préjuger", a dit le chef de l'Etat.

Puis alors que doivent s'ouvrir des discussions au mois de juillet entre les Etats-Unis et l'Europe sur une zone de libre-échange transatlantique, il assuré : "On ne peut avoir de négociations ou de transactions sur tous domaines qu'une fois obtenues ces garanties, pour la France mais ça vaut pour toute l'Union européenne, tous les partenaires des Etats-Unis".

"Nous savons bien qu'il y a des systèmes qui doivent contrôler, notamment pour la lutte contre le terrorisme mais je ne pense pas que ce soit dans nos ambassades ou dans l'Union européenne que ce risque existe", a-t-il encore plaidé.

Le Président a également demandé à Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, "de se mettre immédiatement en contact avec son homologue (américain, ndlr) John Kerry pour avoir toutes les explications et toutes les informations".

"De la même manière il y aura une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères et l'ambassadeur des Etats-Unis pour faire valoir et faire savoir que nous ne pouvons pas accepter ce type de comportements entre partenaires et alliés".

Astrid Gouzik

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