Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Est-ce le bon moment pour revenir à trois opérateurs télécoms en France ? 

Après le dépot par Bouygues d’une offre de rachat de SFR, se profile la possibilité d’un retour à trois opérateurs seulement en France. Sans doute au bon moment, alors que les usages se sont développés à la faveur de prix bas, mais que les opérateurs ont besoin de revenus pour investir dans le très haut débit.

Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Est-ce le bon moment pour revenir à trois opérateurs télécoms en France ?
Est-ce le bon moment pour revenir à trois opérateurs télécoms en France ?  © matthewokeefe - Flickr - C.C

On sait désormais qu’outre une entrée en bourse, Vivendi aura le choix au moins entre deux autres façons de se séparer de SFR. Après Numéricable, Bouygues a en effet lui-aussi, sans surprise, déposé une offre le 5 mars. Le premier aurait offert 15 milliards d’euros dont 11 milliards d’euros en numéraire et 32% du capital du futur ensemble, alors que le groupe de BTP propose 14,5 milliards d’euros dont 10,5 milliards en numéraires et 46% du capital. 

Si Vivendi optait pour la seconde proposition, la première conséquence sur le marché français serait de taille : un retour à trois opérateurs seulement. Avec Free Mobile en lieu et place de SFR. Or, les opérateurs ne cessent de l’affirmer, l’arrivée de la filiale d’Iliad et de sa politique de prix réduits en janvier 2012 n’aurait fait que détruire leurs revenus. Mais en donnant accès à l’internet mobile au plus grand nombre, elle a sans doute aussi contribué grandement au développement des usages dans la population française. Ceux qui permettent aujourd’hui à un Stéphane Richard, le PDG d’Orange, de se réjouir de l’engouement pour la 4G (ce qu’espéraient les autorités en donnant le feu vert à Free).

Investir dans l'indispensable infrastructure très haut-débit

Peut-être est-il donc temps de revenir à un nombre moins important d’acteurs qui stabiliserait les revenus et permettrait à chacun d’investir dans l’indispensable infrastructure très haut-débit. Des investissements qui se mesurent en centaines de millions voire en milliards d’euros. Entre un petit nombre d’opérateurs, de meilleurs revenus assurant les investissements et donc aussi les usages, d’une part, ou un nombre plus important pour stimuler la concurrence, le dosage doit être subtile comme le confirme Jean-Laurent Poitou, directeur exécutif senior chez Accenture : "Sur ce marché des télécoms, il n’y a pas un optimum évident, mais une succession d’oscillations autour d’un point d’équilibre. A chaque étape, on voit les effets pervers d’une solution ou de l’autre."

En revanche, impossible de croire, comme l’affirme le groupe Bouygues, qu’un rachat de SFR pourrait avoir lieu sans un lourd impact sur l’emploi (même si le groupe joue sur les mots en parlant d’un faible nombre de départs contraints). D’autant que l’entreprise estime les synergies à 10 milliards d’euros… Si Numéricable est très complémentaire de SFR, les filiales de Vivendi et Bouygues, tous deux opérateurs fixe et mobile, sont très semblables. Au point qu’elles viennent de lancer en janvier la mutualisation de leurs réseaux. Enfin, même si Free semble finalement rester à l’écart de la transaction, il pourrait bénéficier d’un tel rapprochement. Bouygues a en effet anticipé dans son projet de rachat une possible demande de l’autorité de la concurrence de revendre son réseau mobile à l’opérateur de Xavier Niel, pour ne pas défavoriser ce dernier.

Emmanuelle Delsol

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale