Et si Bouygues gardait sa filiale télécom pour devenir un leader de la smart city

Qu’est-ce qui vaut plus de 10 milliards d’euros en cash ?

Qu’est ce qui a poussé le conseil d’administration de Bouygues à refuser l’offre de Patrick Drahi ?

La perspective de faire jouer des synergies entre la filiale télécom et les autres métiers du groupe pour faire du géant du BTP un leader de la smart city, peut-être…

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Et si Bouygues gardait sa filiale télécom pour devenir un leader de la smart city
Martin Bouygues, pdg de Bouygues.

Personne ne connaît les raisons exactes qui ont poussé Martin Bouygues et le conseil d’administration de son groupe a refusé, le 23 juin, l’offre de Patrick Drahi, qui mettait 10 milliards d’euros sur la table pour acquérir la filiale Bouygues Telecom, via sa holding Altice.

Le communiqué officiel de Bouygues évoque "un risque d’exécution important qu’il ne revient pas à Bouygues d’assumer, en particulier en matière de droit à la concurrence" et les "conséquences de la consolidation du marché sur l’emploi" ainsi que les "risques sociaux nécessairement liés à une telle opération."

Dans une interview, Martin Bouygues a aussi tenu à rappeler, que pour lui "une entreprise n’est pas une marchandise comme une autre" et que "tout n’est pas à vendre." Surtout, que Bouygues Telecom n’est pas une entreprise comme les autres. Outre, l‘attachement personnel que Martin Bouygues — qui l’a créée — lui porte, à l’heure de l’internet des objets, elle représente pour son groupe de BTP un enjeu stratégique majeur : "Bouygues Telecom est particulièrement bien placé pour bénéficier" d’une nouvelle période "portée par le développement exponentiel des usages numériques", indique aussi le communiqué.

JOUER LES SYNERGIES ENTRES LES MÉTIERS du groupe

Les investissements du groupe dans son réseau (739 millions d’euros en 2013 et 684 millions en 2014) devraient augmenter en 2015, notamment pour déployer un réseau cellulaire pour les objets connectés avec la technologie LoRa (concurrent de Sigfox). Un indice que, malgré les pertes, il n’est pas prêt à l’abandonner. Bien au contraire.

Ses 11,273 millions d’abonnés mobiles (au 31 mars 2015), son portefeuille de fréquences et son réseau 4G sont certes des actifs forts, mais l’important aujourd’hui pour le groupe de BTP est de faire jouer les synergies entre ses métiers. En jeu ? Une position de leader dans le domaine de la ville intelligente.

Or, avec sa filiale télécom, Bouygues est le seul à pouvoir fournir des services complets du capteur dans les murs d’un bâtiment à l’administration centralisée d’une cité (comme à Issy-Les Moulineaux), en passant par l’analyse big data des données collectées (via sa filiale Embix. Il serait bien bête de s’en priver.

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