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Et si les programmes RH pour séduire les jeunes salariés avaient tout faux

Étude Entre les jeunes et les entreprises, l'incompréhension se confirme, selon la dernière étude réalisée par Willis Towers Watson.  On y découvre des jeunes à la fois stressés, inquiets pour leur situation financière actuelle et à venir.  Or, les entreprises ne perçoivent pas cette réalité, travaillant plutôt sur les causes du stress des plus âgés.   
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Et si les programmes RH pour séduire les jeunes salariés avaient tout faux
Comme la valeur, le stress au travail n'attend pas le nombre des années.

Ça ne s’arrange pas entre l’entreprise et les jeunes salariés de la prétendue génération Y, si l'on en croit une étude réalisée par Willis Towers Watson. On savait notamment que les jeunes diplômés avaient de plus en plus de mal à se reconnaître dans les parcours proposés par maintes grandes entreprises.

 

Voilà qu’on découvre que ceux-ci qui y travaillent malgré tout ne sont pas à l’aise dans leurs baskets. L’entreprise, ça leur colle le seum (expression de 2014 bien connue des moins de 20 ans signifiant un malaise, un état déprimant, voire une certaine colère).

 

LES JEUNES, DES FRANÇAIS PESSIMISTES COMME LES AUTRES ?

L’étude indique que plus d’un jeune sur deux (53 %) déclare subir une pression croissante sur son lieu de travail. La proportion décroît à mesure qu’avancent les années : ils ne sont plus que  45 % dans la génération X et 37 % pour les baby-boomers. Quand Willis Towers Watson s’interroge sur les causes de ce stress, les jeunes lui répondent que la faible rémunération, les effectifs insuffisants et le déséquilibre entre la vie privée et la vie professionnelle sont le tiercé perdant.

 

Rien d’étonnant si le reste de l’étude montre des jeunes plutôt angoissés pour leur avenir. Ils sont 63 % à se dire inquiets pour leur situation financière, quand les baby-boomers ne sont que 57 %. Intermédiaires entre les deux (les X nés dans les années 70-80) sont 69 % à s’inquiéter, le record ! Qui va payer nos retraites semble être le sous-texte de cette réponse angoissée. Pour revenir aux plus jeunes, l’inquiétude pourrait bien être aussi à moyen terme. En effet, alors que six sur dix sont inquiets, la part de ceux qui disent avoir des difficultés financières est de 20 %, soit un jeune sur cinq qui travaille !

 

Les jeunes et les directions ne voient pas la même chose

Comme souvent avec ses enquêtes, les réponses fournies par les employeurs ou les RH montrent la largeur du gouffre qui sépare les perceptions des uns de la réalité des autres. Depuis plusieurs années, les entreprises fournissent d’importants efforts pour attirer celles et ceux qu’elles nomment des jeunes talents, avec des programmes diverses et variés. Pour les entreprises interrogées par Willis Towers Watson, le stress provient d’abord du déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle ou des trop nombreux changements organisationnels, deux facteurs qui comptent... mais pour les salariés les plus âgés. Pour les directions, la faiblesse de la rémunération n’arrive qu’à la treizième position des facteurs de stress.

 

Or l’étude de Willis Towers Watson indique que "les employés qui subissent un stress important perdent près de deux fois plus de journée de travail, que ce soit sous forme d’absentéisme ou de présentéisme, et courent près de deux fois plus de risques d’avoir des problèmes de santé et de se désintéresser de leur travail que leurs collègues peu stressés". C’est donc un cercle vicieux qui s’est mis en place : dans un contexte économique difficile, les entreprises modèrent les augmentations de salaire, ce qui crée un stress qui, à son tour, provoque arrêt maladie et absentéisme. Mais comment dit-on chez les jeunes, faire des économies de bout de chandelle ?

 

A lire aussi sur le site de l'Usine Nouvelle :
Grands groupes, écoutez comment les jeunes diplômés parlent de vous

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

7 commentaires

Anne
14/11/2016 10h07 - Anne

Je suis effarée par les lieux communs sur les nouvelles générations que l'on peut lire dans les commentaires...mais vous savez quoi ? Merci à vous, gens des générations antérieures toujours mieux pensantes, qui illustrez parfaitement le propos de cet article. Au pilori, ces jeunes dont la philosophie de vie est que celle-ci est bien courte et qu'il vaut mieux la vivre vivant que mort ! Ils ne comprennent rien à la vraie vie, ils ne paient pas de factures, ils ne savent pas ce que c'est - c'est quand même bien ce que j'ai lu ! Ce qui est drôle quand même, c'est que parallèlement, je constate que dans mon entourage, il y a bien plus de propriétaires immobiliers chez les 25-30 ans que chez les quadra et plus. Autant d'argent que ces "glandeurs branchés" ne dépenseront pas "pour s'amuser"...

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Mathias de Videotelling
07/11/2016 10h19 - Mathias de Videotelling

article intéressant. C'est quand même drôle de voir qu'à l'ère de l'hypercommunication, avec tous les canaux possibles pour échanger, il y ait autant de dialogues de sourd. Finalement, les RH n'utilisent pas suffisamment les enquêtes pour ajuster leur communication. Autrement dit, on parle trop de l'image de la marque employeur et on délaisse souvent les problèmes de fond.

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Gabriel-James Safar
07/11/2016 09h46 - Gabriel-James Safar

Bonjour Christophe, Je n'ai rien à dire sur l'article en lui-même : j'aime beaucoup l'Usine Digitale, qui me sert de mise à jour quotidienne sur les nouveautés tech. Juste un léger détail : vous devriez retirer la proposition où vous dites que "coller le seum" est une expression de 2014. Sans chercher de quand elle date, je peux vous assurer que je l'ai entendue et employée continûment depuis mon collège (il y a plus de 15 ans). Donc ce n'est pas une expression connue des moins de 20 ans, mais plus probablement... des moins de 35 ans ! Je vous souhaite une bonne journée, GJ.

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Docteur_Oliv
04/11/2016 17h30 - Docteur_Oliv

Ils me semblent moins "dur au mal" et à l'effort. Pour leurs Pbs financiers, ils ont été élevés en dehors des contingences Matérielles de Base : Loyer, Gaz,Eau Electricité, Assurances, Pass Navigo...Leur souci est de dépenser pour s'amuser parce que les contingences matérielles c'est pas drôle. Quand on leur explique qu'on paye D'ABORD les dépenses contraintes puis on mange puis, s'il en reste, on sort ! En résumé c'est pas gagné !

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Dahlia
07/11/2016 09h55 - Dahlia

Ce commentaire (et le précédent) illustre complètement le gap entre les générations dont parle l'article. Donc pour vous, tous les "jeunes" ne sont donc qu'une bande d'imbéciles qui dépensent leur argent dans des fringues et des sorties ?

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Booby
07/11/2016 10h08 - Booby

Un commentaire de blaireau qui fait des généralités sur tout une classe d'âge...C'est peut-être la stupidité de certains au-dessus et le manque de reconnaissance qui dépriment cette génération...

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diego48
04/11/2016 17h08 - diego48

Parce que nos jeunes ne sont pas formés durant leurs scolarité et études à la vie réelle, tout simplement. De glandeurs branchés ils doivent passer du jour au lendemain à l'efficacité, l'efficience et le sérieux, dur! dur !

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