États-Unis : l’étau se resserre autour du réseau social chinois TikTok

L’administration américaine pourrait bien donner un nouvel élan à l’ambition, non accomplie, de l’ancien président Donald Trump, et envisagerait l’interdiction du réseau social chinois TikTok dans le pays.

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États-Unis : l’étau se resserre autour du réseau social chinois TikTok

Les États-Unis pourraient bien contraindre TikTok à vendre sa filiale américaine, deux après que l’administration Trump a tenté de bannir le réseau social chinois pour des raisons de sécurité nationale. L’idée serait très sérieusement à l’étude au sein du Comité sur les investissements étrangers, l’agence intergouvernementale qui réunit notamment des représentants du Pentagone et du ministère de la Justice, selon des informations obtenues par le Wall Street Journal.

Elle permettrait de mieux contrôler les activités de la plateforme, et notamment les données qui y transitent. Washington s’inquiète de la possibilité pour TikTok, qui recenserait plus de 80 millions d’utilisateurs actifs par mois aux États-Unis, d’amasser un grand nombre d’informations sur ses citoyens.

Sans compter que le réseau social a admis, la semaine dernière, que certains de ses employés avaient pu espionner plusieurs journalistes pour remonter à la source des informations qui le concernaient.

Surveillance de Pékin

ByteDance, propriétaire de TikTok, est membre de la Fédération Chinoise des Sociétés de l’Internet dans laquelle elle s’est engagée, par ses statuts, à “avoir une confiance totale dans la voie, les théories, le système et la culture socialistes” ainsi qu’à “accepter les conseils, la supervision et la gestion” des autorités compétentes, dont celle en charge d’internet, l’“administration chinoise du cyberespace”.

"Nous parlons d’un gouvernement qui, selon notre propre service de renseignement, a pour objectif de modifier l’utilisation et les normes technologiques mondiales afin de privilégier ses propres intérêts et ses valeurs, qui ne sont pas compatibles avec les nôtres", a déclaré Lisa Monaco, procureure générale adjointe, au WSJ.

Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. Donald Trump, en 2020, avait signé un décret exhortant Apple et Google à retirer le réseau social de leur boutique d’applications — avant d’être retoqué par un juge fédéral. Et le scénario pourrait se reproduire. Le département du Trésor, à la tête du comité, craint en effet qu’une ordonnance exigeant que ByteDance cède TikTok aux États-Unis soit annulée par la justice, selon le Wall Street Journal.

Aussi douloureux que ce soit pour moi de le dire, si Donald Trump avait raison et que nous aurions pu agir à ce moment-là, cela aurait été beaucoup plus facile que d’essayer d’agir en novembre 2022”, regrettait le sénateur démocrate Mark Warner, président de la commission du renseignement du Sénat américain, dans une interview pour Vox il y a quelques semaines.

La pression continue de grimper

En attendant, les législateurs américains n’ont pas dit leur dernier mot. Trois élus ont déposé le 13 décembre dernier une proposition de loi bipartisane visant à “bloquer et interdire les opérations” des réseaux sociaux qui réuniraient au moins un million d’utilisateurs par mois et qui seraient sous “l’influence substantielle” d’un "pays ennemi", nommément la Chine, la Russie, l’Iran, la Corée du Nord, Cuba le Venezuela.

Plus récemment, la Chambre des représentants américaine, et plus particulièrement son service dédié à la cybersécurité, a décidé d’interdire le téléchargement de l’application TikTok sur les téléphones professionnels des députés qui y siègent.

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