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[Étude] 2021, année record pour la French Tech avec 11,56 milliards d'euros levés

Étude Les start-up françaises ont levé 11,56 milliards d'euros en 2021, soit 115% de plus qu'en 2020, selon le baromètre EY du capital risque en France. L'année 2021 est celle des records, que ce soit au niveau des montants levés mais aussi du nombre de nouvelles licornes, puisque 12 start-up ont décroché une valorisation supérieure à 1 milliard de dollars.
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2021, année record pour la French Tech avec 11,56 milliards d'euros levés
[Étude] 2021, année record pour la French Tech avec 11,56 milliards d'euros levés © Unsplash - Jason Goodman

11,56 milliards d'euros. Le total des montants levés par les start-up de la French Tech a augmenté de 115% en 2021 par rapport à l'année précédente, selon le baromètre EY du capital risque publié le 16 janvier 2022. "Après des années 2019 et 2020 un peu atones, avec la pandémie de Covid-19 entre, l'année 2021 est vraiment historique", clame Franck Sebag, associé EY & Associés en charge du secteur Fast Growing Companies.

L'année des licornes
"Le nombre de levées supérieures à 100 millions d'euros a fortement progressé avec 22 opérations contre neuf en 2020", commente-t-il. Ces 22 tours s'arrogent près de 5 milliards d'euros "dont la moitié de l'argent levé l'est sur des tours significatifs". Des montants logiques au regard du nombre de licornes, qui sont des start-up valorisées à plus d'un milliard de dollars.

Alan, Ledger, Back Market, Vestiaire Collective, Contentsquare… Au total, la France a généré 12 nouvelles licornes en 2021. Une première pour l'Hexagone, qui signe ainsi une année très solide en termes de montants levés. Franck Sebag évoque une année "hyper", que ce soit en lien avec l'hyper-croissance des start-up ou l'hyper-émergence du secteur de la fintech. Ce dernier se positionne entre le secteur des services Internet (e-commerce, marketing, applications mobiles) et les logiciels et services informatiques (hardware, SaaS, semi-conducteur, etc.) en nombre d'investissements.
 


L'hyper-émergence de la fintech
La France était un peu retard sur l'Angleterre et l'Allemagne, pays au sein desquels le secteur de la fintech marchait déjà très bien. L'Hexagone rattrape son retard d'une belle façon puisque l'année 2021 est celle des importantes levées de fonds de Ledger, qui est un leader européen sur les portefeuilles de cryptomonnaies, et Sorare qui s'est imposé comme l'un des leaders mondiaux sur les NFT. En parallèle les néo-banques et les insurtech s'en sortent très bien avec des start-up connues comme Lydia et Alan.

A l'avenir, il est possible d'imaginer que plus d'argent soit dirigé vers le secteur des sciences de la vie, qui regroupe les biotech, medtech et l'e-santé. Ce secteur est déjà passé de 851 millions d'euros levés en 2020 à presque 1,6 milliard d'euros en 2021. De même, le secteur de la cleantech pourrait également prendre plus d'importance. Plus globalement, les deep tech devraient continuer à croître, notamment en raison des derniers plans en faveur de ces start-up annoncés par Emmanuel Macron.

Un paysage centralisé
"L'Ile-de-France concentre 80% des investissements en valeur sur l'année 2021", remarque Franck Sebag. Comme l'année précédente où la région concentrait déjà 76% des investissements en valeur. Si les montants levés augmentent et l'écosystème se structure, cela reste très concentré autour de la capitale. Loin derrière, la deuxième région est l'Auvergne-Rhône-Alpes où 670 millions d'euros ont été levés, soit 5,8% des investissements en valeur. Mais, il convient de noter que 2021 est également l'année qui a vu naître la première licorne régionale avec Swile.

S'il est important que les start-up puissent s'implanter et réussir n'importe où sur le territoire français, le fait d'avoir un pôle fort autour de Paris est un atout pour l'attractivité internationale. Que ce soit pour la venue des talents étrangers mais également des investisseurs. "Paris est dans le Top 10 des villes les plus attractives de l'écosystème", glisse Franck Sebag. Cela est d'autant plus important que 80% des fonds sur les tours supérieurs à 100 millions d'euros proviennent de fonds étrangers. Des phénomènes similaires se sont produits à l'étranger, que ce soit avec Londres ou la Silicon Valley.

Une dynamique qui va se poursuivre
Quelle est la prochaine étape pour ces start-up et licornes ? Elle est liée à la manière dont les investisseurs vont pouvoir sortir du capital de l'entreprise. Que ce soit via l'introduction en bourse ou le rachat des actions par un fonds de private equity, un acquéreur industriel ou la société elle-même, l'épineuse question de l'exit des investisseurs arrive.

Toutefois, la dynamique très forte concernant les montants levés devrait se poursuivre. EY estime qu'environ 2 milliards d'euros devraient être investis sur janvier. Par comparaison, au 30 juin 2021, ce sont 5 milliards d'euros qui avaient été levés. "Il y a peu de raison que la dynamique ralentisse fortement", assure Franck Sebag. Le nombre de licornes générées devrait également augmenter puisque trois d'entre elles ont déjà été annoncées sur le début d'année (Qonto, Payfit et Ankorstore) contre 12 sur l'ensemble de l'année 2021. Mécaniquement, les levées de fonds supérieures à 100 millions d'euros devraient également augmenter avec l'accroissement du nombre de licornes. L'année 2022 pourrait donc aussi être une année de tous les records.

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