Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

[Etude] Assistants vocaux : une technologie encore "immature", mais prometteuse en B2B comme en B2C

Étude Le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger et le spécialiste de la transformation numérique Viseo ont rendu public mercredi 17 juillet 2019 un état des lieux de l'adoption des assistants vocaux par les Français. Verdict : si près d’un tiers de la population les a déjà utilisés, la France reste en retard sur les Etats-Unis. La tendance en leur faveur devrait néanmoins s’accélérer avec le développement de nouveaux cas d’usage B2B puis B2C… et à condition que les fabricants apportent des garanties sur la protection des données.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Assistants vocaux : une technologie encore immature, mais prometteuse en B2B comme en B2C
Près de 2 millions de Français posséderaient une enceinte connectée. Ici, Amazon Echo, équipée de l'assistant vocal Alexa. © Amazon

Près de 20 millions de Français utiliseraient aujourd’hui un assistant vocal, ce qui représente près d’un tiers de la population. Si l’essentiel des utilisations restent concentrées sur les smartphones (16 millions d’utilisateurs), le recours aux enceintes connectées et à d’autres formes d’assistants vocaux progresse. Rendu public mercredi 17 juillet 2019, le rapport "La voix monte le son", élaboré par le cabinet de conseil Roland Berger et le spécialiste de la transformation numérique Viseo, pointe néanmoins le retard accumulé de la France par rapport aux pays anglo-saxons dans le domaine. Un phénomène imputable, selon Stéphane Tubiana, partner chez Roland Berger et coauteur de l’étude, au nécessaire "changement profond des usages et des mentalités, passant du 'visuel' au 'parler'".

 

En cause : une frustration des utilisateurs face à une "immaturité technologique", mais aussi des craintes récurrentes quant à la protection de leurs données personnelles. En début de semaine, Google Home a notamment admis enregistrer certaines conversations… officiellement dans une démarche d’amélioration de la reconnaissance vocale, a précisé la firme. "La voix technologique est entrée un peu timidement dans nos vies, mais n'en ressortira pas. Elle ne s'imposera cela dit que si la confiance dans l'utilisation des données personnelles et la transparence dans la qualité de services sont au rendez-vous", estime Axelle Lemaire, partner chez Roland Berger et ancienne secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation sous la présidence Hollande, qui cosigne cette étude.

 

 

Selon une projection réalisée dans le cadre de cette étude,

le taux d'adoption des enceintes connectées pourrait atteindre 35 % de la population d'ici à 2025.

 

LE B2B, UN TERRAIN D’ENTRAÎNEMENT IDéAL

"Plus de la moitié des entreprises sont convaincues de l’utilité de la voix, estimant qu’elle augmentera l’efficacité opérationnelle", relève l’étude. Cela serait particulièrement le cas en France, où elles seraient environ 30% à avoir d’ores et déjà implémenté un projet en interne. L’expérience serait en effet beaucoup moins frustrante que lors d’un usage à titre personnel, du fait de cas d’usage plus restreints. Bureau, logistique, relation client : les applications restent limitées. Les assistants vocaux peuvent tenir lieu de foire à questions (FAQ) pour les employés. En usine, ils permettent de guider un opérateur lors des différentes étapes d’assemblage. Lorsqu’elle est déployée dans les centres d’appels, la technologie permet de traiter jusqu’à 30% des requêtes en autonomie.

 

Le marché professionnel représenterait "le moyen de lever les freins à l’adoption" des assistants vocaux, selon les auteurs de l’étude. La raison ? L’intelligence artificielle pourrait dans un premier temps être entraînée via un usage massif par les professionnels pour des besoins précis… ce qui permettrait à la technologie d’atteindre le niveau d’exigence très élevé des particuliers. "L’adoption du vocal par les entreprises pourrait représenter une véritable aubaine pour les développeurs d’assistants vocaux", note le rapport, qui mise sur démultiplication des verticales concernées à moyen terme.

 

Pour qu’une telle technologie soit néanmoins massivement adoptée par le marché B2B, les concepteurs d’assistants vocaux devront garantir une grande liberté d’action aux développeurs pour développer des cas d’usage spécifiques à chaque secteur… ainsi qu’une protection suffisante des données pour contrer l’espionnage industriel. "Pour être un succès, ce travail doit être mené de façon conjointe avec les utilisateurs", juge l’étude. Reste, pour les entreprises prêtes à se lancer, à faire un choix crucial : faudra-t-il privilégier le développement d’un outil interne, une alliance avec l’un des GAFAM en pointe sur la voix ou encore une collaboration avec un acteur tiers ?

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media