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[Etude BAP/Fabernovel Institute] Les pratiques collaboratives ne s'obtiennent pas spontanément : il faut créer un cadre

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Étude Le travail collaboratif a le vent en poupe, suivant le précepte selon lequel "seul on va plus vite, ensemble on va plus loin". Mais comment réussir à faire que les promesses soient au rendez-vous ? Une étude réalisée par BAP et FaberNovel Institute s'interroge sur les pratiques observées en matière de collaboration au travail. 

[Etude BAP/Fabernovel Institute] Les pratiques collaboratives ne s'obtiennent pas spontanément : il faut créer un cadre
Si l'équipe idéale compte 4 à 6 personnes, 14% des salariés disent travailler dans des projets de plus de 11 personnes. © Fotolia

Dé-siloter, travailler en mode projet ou scrum ou agile, le monde managérial n’est jamais à court de barbarisme quand il s’agit de désigner le travail en équipe en entreprise. Depuis que certaines start-ups ont mis en avant leurs méthodes de travail innovantes pour expliquer leur succès, managers et DRH courent après la collaboration comme après une sorte de Saint Graal des temps modernes. En témoignent les résultats de l’étude réalisée sur le sujet par Fabernovel institute et BAP(*). 

 

Collaborer, c'est bon pour le travail

Ainsi, 80 % des personnes interrogées considèrent que la collaboration est une bonne chose pour l’entreprise et 54% des salariés ayant répondu et travaillant dans de grandes entreprises indiquent qu’ils aimeraient collaborer plus souvent. Les plus de 35 ans sont plus nombreux à dire préférer travailler en équipe (98%), contre "seulement" 80 % des moins de 35 ans. Si l’on considère maintenant l’âge des entreprises, les jeunes entreprises (les start-up)  offrent un contexte où 95 % des employés jugent qu’il est facile de collaborer, contre seulement 27% de ceux des grandes entreprises. Réussir la collaboration, estiment les auteurs de l’étude, nécessite de maîtriser plusieurs dimensions : taille des équipes, espaces de travail, outils numériques et fidélisation des salariés.

Premier enseignement : la taille des équipes travaillant ensemble varie d’une entreprise à l’autre. Pour la majorité des répondants (54%), la bonne taille est une équipe de 4 à 6 personnes. Or la réalité est bien différente : 30% des personnes sont habituées à travailler dans des équipes comptant plus de 7 personnes et 14% travaillent dans des équipes de plus de 11 personnes.

 

Un espace et des outils adaptés 

Pour davantage de collaboration, mieux vaut repenser les espaces de travail. C’est ce qui fait vraisemblablement la différence entre les résultats obtenus dans les start-up et les grands groupes. Il est vrai qu’il est plus facile de promouvoir le travail en groupe quand on est 20, 30 ou 50 que 10 000. Pourtant, récemment encore, le dirigeant d’une start-up qui venait de prendre des bureaux classiques sur plusieurs étages après avoir longtemps travaillé sur un plateau, regrettait "la moins grande fluidité des échanges" dans ces nouveaux locaux. L’étude réalisée par BAP et FaberNovel Institute révèle un paradoxe en apparence : bien collaborer n’exige pas de partager le même espace en permanence. Pour 93 % des personnes ayant répondu à l’enquête le travail à distance et la collaboration sont compatibles.

Cela s’explique peut-être par l’usage fort répandu d’outils de collaboration à distance. Ainsi, 88 % des répondants ont indiqué que leur entreprise  leur donnait accès à une messagerie instantanée, des réseaux sociaux… Pourtant, le principal outil pour travailler ensemble dans l’entreprise reste le bon vieux courriel pour 51% des personnes interrogées.

 

Innovation managériale pour les plus fidèles 

Enfin, comme pour beaucoup de choses, les pratiques collaboratives finissent par lasser. "La note attribuée à son entreprise pour sa capacité à collaborer décroît avec l’ancienneté dans cette même entreprise", notent les commanditaires de l’étude. Ainsi, les salariés ayant plus de 10 ans d’ancienneté donne une note de 2,95/5 à leur entreprise quant à ses pratiques de travail en équipe. Le risque est donc grand qu’au bout d’un certain moment les salariés soient incités à aller voir ailleurs aussi parce qu’ils sont lassés des méthodes de travail maison.

La parade serait, à en croire les auteurs de l’étude, de créer des ruptures au sein de l’espace de travail, en favorisant la mobilité interne, en organisant des learning expeditions ou en apportant de l’air frais via les travailleurs indépendants. Pour un salarié installé, travailler avec un jeune expert du numérique free lance, cela peut être l’occasion de découvrir de nouveaux modes de travail, de nouvelles manières de travailler ensemble.

 

(*) Etude réalisée auprès d'un échantillon de salariés travaillant dans 50 entreprises françaises et internationales. L'étude a été menée entre février et mars 2018 et couvre huit secteurs (transport, luxe, produits de consommation, banque et assurance/conseil, publicité, retail, télécommunications). L'échantillon était consitué à 37 % de grandes entreprises, 32 % de PME, 17 % de start-up et 8 % d'organisations publiques. 

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* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Raphael Carron
12/05/2018 00h47 - Raphael Carron

Bonjour, Certains auteurs font une distinction entre "coopérer" et "collaborer". D'après eux, la collaboration est le fait que des gens travaillent ensemble, alors que la coopération implique qu'ils ont une idée d'un intérêt génétal qu'ils partagent, et qu'ils ont envie d'agir dans le sens de cet intérêt partagé. Etymologiquement, cette distinction se discute sans doute, mais dans un souci de simplicité, je vais garder ces deux mots. Cette coopération nécessite ce qu'ils appellent tout simplement de la convivialité, et cette dernière est favorisée par des échanges informels, autour de la machine à café ou ailleurs, mais certainement pas documentés, tracés et stockés sur des serveurs. De plus, cette convivialité est souvent incompatible avec des méthodes de management appliquées sur le mode du suppositoire par des consultants qui pensent tout savoir. Des amis m'ont également confirmé que même le "bon vieux courriel" comme vous dites, desservait la convivialité, dans le sens où il est souvent utilisé pour se protéger les uns des autres, et se décharger de responsabilités (exemple: "j'ai transmis, donc cela ne me regarde plus, et peu importe si mon mail n'était pas clair et va nécessiter un échange sans fin de clarifications et de renvoi de balle dans les deux sens, source d'exaspérations et de déconcentrations inutiles.") La rupture, ce serait de nous proposer des tâches en lesquelles nous croyons, de sorte que nous ayons envie de les accomplir, et qu'un esprit d'équipe (je n'ose dire "d'entreprise") se crée et fédère autour de ces tâches.

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