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[Etude] En 2018, l'industrie française du logiciel a obtenu d'excellents résultats

Étude C'est le neuvième baromètre du Syntec numérique réalisé par EY qui vient d'être publié. Il confirme la bonne santé de ce secteur au sein de l'économie française. Voici trois enseignements principaux à retenir sur ce secteur en très bonne santé.
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[Etude] En 2018, l'industrie française du logiciel a obtenu d'excellents résultats
Dassault Systèmes (ici le site de Vélizy (78)) reste le numéro 1 du classement des éditeurs français de logiciel © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

16 milliards d'euros, c'est le chiffre d'affaires "éditeurs" des entreprises du logiciel français en 2018, révèle le baromètre annuel réalisé par EY pour le Syntec numérique. Soit une hausse de 10 % par rapport à l'année précédente. La croissance est particulièrement tirée par les entreprises les plus petites du secteur. Ainsi, la croissance n'est "que" de 5 % pour les entreprises du Top 10, quand elle atteint 18 % 

 

"Si 85 % des éditeurs avaient vu leur chiffre d’affaires augmenter dans la précédente édition, cette année encore, 73 % des éditeurs ont vu leurs opérations croître" notent les auteurs du Top 250. Par croissance, le Syntec considère aussi bien la croissance interne qu'externe. Dans ce contexte très porteur, rien d'étonnant si 89 % des entreprises interrogées ont déclaré qu'elles prévoyaient de recruter en 2019. 

 

Et les gagnants sont...

Le propre d'un classement est de ... classer les différentes entreprises. Celui-ci n'échappe pas à la règle et révèle un podium composé de Dassault Systèmes, Criteo et Ubisoft avec, respectivement, des chiffres d'affaires "éditeur" de 3081, 1947 et 1846 millions d'euros. Si on observe le secteur d'origine du Top 10, la préminence des éditeurs dits sectoriels reste forte : 7 membres du Top 10 appartiennent à ce secteur : Dassault Systèmes, Criteo, Sopra Steria, Murex, Cegid, Cegedim et Infopro Digital (L'Usine Digitale fait partie de ce groupe).

 

Les trois autres entreprises appartiennent au secteur "particuliers et jeux vidéos" avec des entreprises comme Ubisoft, Voodoo et Gameloft. Pour être précis, il faut noter que Sopra Steria et Cegid sont aussi classés dans la catégorie éditeurs horizontaux. Par ailleurs, il faut noter la différence de taille entre le trio de tête qui dépasse le milliard d'euros et les entreprises suivantes. Le 10e - Infopro Digital -  est neuf fois plus petit (avec un chiffre d'affaires édition de 292 millions. Celsius online, le 250e, réalise un chiffre d'affaires édition de 1,9 million d'euros. 

 

Les RH : facteur critique ou Maillon faible

La bonne santé du secteur a profité à l'emploi, indique le Syntec numérique. Ainsi entre 2017 et 2018, l'effectif total des éditeurs de logiciels français est passé de 176 219 à 190 996, soit une croissance 14 177 personnes. Ces bons chiffres pourraient être encore meilleurs à en croire les réponses apportées par les responsables interrogés. En effet, 87 % disent avoir des difficultés de recrutement qui sont pour une grande partie d'entre eux un frein à leur développement. Comme on l'entend souvent dire dans ce milieu, "on manque davantage de salariés compétents que de clients". 74 % des entreprises interrogées disent avoir des difficultés à recruter des développeurs, loin devant les autres fonctions. Reste qu'une entreprise sur 10 cherche un commercial, ce qui est loin d'être négligeable.

 

Dans ce contexte, la fidélisation des salariés est clé. Et l'argent est le moyen préféré des entreprises. 61 % citent le salaire et primes en premier choix comme outil de rétention. C'est le second choix de 23 % des entreprises et le troisième de 15%. Mais l'argent ne fait pas tout. En témoigne la place prise par le positionnement social et non sociétal et donc non financier retenu par 25% des répondants comme premier outil.  37% le classe comme second outil et  27% comme troisième. On vérifie là l'importance de plus en plus grande qu'accordent des salariés très demandés pour participer à une activité qui ait du sens et soit conforme à leur éthique. 

 

A cet égard, le secteur reste encore très peu féminin. Un tiers seulement des personnes travaillant dans ce secteur sont des femmes. Ces dernières travaillent plutôt dans les entreprises les plus grandes : le taux de féminisation des entreprises de plus de 250 salariés atteint 31 % contre 27 % pour celles de moins de 250 salariés. Les résultats par volume de chiffre d'affaires corroborent ce résultat. En effet, les entreprises réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 5 millions emploient 25 % de femmes. La proportion monte à 30 % pour le chiffre d'affaires compris entre 10 et 50 millions et plafonne à 34 % pour les entreprises réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions.  

 

Les nouveaux standards 

C'est sûrement une des causes du dynamisme du secteur : la modification du modèle économique des entreprises de logiciels. Le Saas gagne ou va gagner du terrain, indique l'étude du Syntec numérique. Le chiffre d'affaires du Saas représente désormais 37 % du chiffre d'affaires total des entreprises du panel. C'est 5 points de plus que l'an dernier et 10 points de plus par rapport à 2016. La proportion du chiffre d'affaires Saas est plus important pour les entreprises réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros. "La part du SaaS/Services Internet a plus que doublé en l’espace de cinq ans" remarque le rapport du Syntec numérique. 

 

Le mouvement devrait se poursuivre puisque près d'une entreprise sur deux (49 %) désigne ce modèle technologique comme un axe stratégique de développement prioritaire. Le Saas est cité comme une des trois priorités stratégiques par près de 3 entreprises sur 4. A titre de comparaison, le big data n'est cité que par 5 % des entreprises comme priorité stratégique numéro 1. 

 

Fort logiquement, l'abonnement est devenu la forme de contractualisation privilégiée par les éditeurs de logiciels. C'est le premier choix indiqué par 57 % des entreprises interrogées sur leur mode de contractualisation, 34 % en deuxième choix et 8 % en deuxième choix. On trouve derrière les licences perpétuelles. Surtout,  80 % des éditeurs pensent que l'abonnement est la forme de contractualisation à privilégier dans l'avenir. 

 

Pour en savoir plus et découvrir, par exemple, le dégré d'internationalisation des éditeurs français, voici l'intégralité du rapport

 

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