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[Etude] L'UE doit investir 10 milliards d'euros dans l'IA et la blockchain pour rester compétitive

Étude 10 milliards d'euros. C'est le déficit d'investissements annuel de l'Union européenne dans les technologies d'intelligence artificielle et de blockchain, selon un rapport de la Banque européenne d’investissement. L’Europe ne compte que pour 7% des investissements mondiaux annuels, tandis que les Etats-Unis et la Chine accaparent à eux deux 80% de ces investissements.
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L'UE doit investir 10 milliards d'euros dans l'IA et la blockchain pour rester compétitive
[Etude] L'UE doit investir 10 milliards d'euros dans l'IA et la blockchain pour rester compétitive © François Genon/Unsplash

Alors que toutes les grandes économies mondiales bataillent pour être leader en matière d'intelligence artificielle et de blockchain, l'Union européenne semble à la traîne. La faute à un manque d'investissement, selon un rapport publié mardi 1er juin, par la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Commission européenne. Les Etats membres devraient investir 10 milliards d'euros par an pour rattraper leur retard par rapport aux autres régions du monde.

Des technologies essentielles
A travers son rapport, la Commission tire la sonnette d'alarme. Les technologies d'intelligence artificielle et de la blockchain, qui touchent aux secteurs de la sécurité et de la défense, sont jugées essentielles pour assurer la souveraineté de l'UE. "Sans investissement, les régions à la traîne dans la course à l'IA verront probablement leurs parts de marché mondial diminuer dans plusieurs secteurs, de la finance et du commerce électronique à la fabrication et à l'exploitation minière", ajoute le rapport.

Alors que les Etats-Unis et la Chine représentent ensemble 80% des 25 milliards d'euros d'investissements annuels dans ces innovations, les 27 Etats membres n'en représentent que 7%, soit environ 1,75 milliard d'euros. Pour accroître le développement de ces technologies, cela passe donc avant tout par un investissement annuel de 10 milliards de dollars.

Un vivier de talents à soutenir
"L'UE excelle dans la recherche et dispose du plus grand vivier de talents numériques", tempère le rapport. Un vivier de talents qu'il convient de soutenir pour éviter une 'fuite des cerveaux'. Le rapport ajoute que le principal problème est le suivi des investissements en Europe. Les entreprises et gouvernements européens fournissent principalement des financements aux jeunes pousses qui débutent leurs recherches sur ces sujets. Mais, les investissements sont moindres, voire inexistants, lorsqu'il s'agit de soutenir les start-up et entreprises dans leurs phases d'expansion et de croissance qui nécessitent des investissements plus massifs.

Allant dans ce sens de financer les start-up à un stade plus avancé, la BEI a déjà lancé un mécanisme de co-investissement doté d'une enveloppe de 150 millions d'euros pour investir aux côtés des gestionnaires de fonds et d'investisseurs privés. Une opération soutenue par le Fonds européen d'investissement qui a récemment lancé un pilote pour un dispositif d'investissement dédié à l'IA et à la blockchain de 100 millions d'euros.

Multiplier les efforts
En outre, d'autres mesures ont déjà été prises en faveur de l'IA et de la blockchain : le programme Horizon 2020, qui a alloué 1,5 milliard d'euros à l'IA en 2018-2020, va être complété par le programme pour une Europe numérique (PEN) qui consacre 2,5 milliards d'euros supplémentaires d'investissement dans l'IA. Mais l'UE doit multiplier ces efforts pour rester dans la course au développement de technologies d'IA et de blockchain.

Le rapport précise qu'il faut prendre garde à promouvoir les investissements auprès de tous les Etats membres. L'étude regrette qu'aujourd'hui les investissements proviennent presque exclusivement d’Allemagne et de France. Depuis 2010, les deux pays voisins concentrent 70% des investissements réalisés.

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