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[Etude] Le numérique, un levier indispensable pour améliorer l'accès aux soins

Étude Le numérique doit être un pilier dans la transformation du système de santé français, plaide l'Institut Montaigne dans un nouveau rapport. La pandémie de Covid-19 a montré l'intérêt des outils numériques pour faciliter l'accès aux soins, comme la téléconsultation, les plateformes de prise de rendez-vous... 
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[Etude] Le numérique, un levier indispensable pour améliorer l'accès aux soins
[Etude] Le numérique, un levier indispensable pour améliorer l'accès aux soins © Unsplash/National Cancer Institute

La pandémie de Covid-19 a montré les faiblesses du système de soin français mais a également fait sauter des verrous. En effet, des acteurs nouveaux ont réussi à trouver leur place dans un système jusqu'alors très fermé, rapporte Angèle Malâtre-Lansac, directrice déléguée à la santé au sein de l'Institut Montaigne, dans une note publiée fin septembre. 

Des nouveaux entrants
Des entreprises ont réussi à s'imposer "dans l'univers très institutionnel de la santé", à l'image de Doctolib, Maiia et Keldoc qui ont été sélectionnées pour assurer la prise en rendez-vous contre la vaccination contre le Covid-19. Des membres de la société civile ont également lancé des initiatives, comme Guillaume Rozier avec CovidTracker.

Eloignés des structures de santé pour éviter les contaminations, les patients ont massivement eu recours aux plateformes de téléconsultation dont les chiffres ont explosé. Ainsi, plus de 10 millions de téléconsultations ont été réalisées en 2020 contre 60 000 en 2019, d'après l'Institut Montaigne.

Les usages ont également changé du côté des professionnels de santé. La moitié des médecins généralistes utilisateurs de Doctolib propose la téléconsultation à leurs patients et près de 30% des spécialistes. Egalement, 25% des psychologues inscrits sur la plateforme utilisent régulièrement la téléconsultation.

Le recours à la téléconsultation a été facilité par un décret du 10 mars 2020. Il a permis la prise à charge totale par l'Assurance maladie de cet acte même lorsqu'il se déroulait hors du cadre du parcours de soin. La loi de finance 2021 a prolongé cette prise en charge intégrale jusqu'en décembre 2021.

Une généralisation de la télésurveillance
Les solutions de prise de rendez-vous en ligne, le télésuivi et le télésoin ont connu le même engouement. A ce titre, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022 prévoit la prise en charge de la télésurveillance par l'Assurance maladie. Une tarification forfaitaire sera mise en place pour les personnes atteintes de cinq pathologiques chroniques (diabètes, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire et prothèse cardiaque). L'objectif est d'améliorer le suivi et la qualité de vie des patients tout en réduisant les déplacements.

L'Institut Montaigne se félicite de cet engouement mais rappelle que peu de solutions prennent en compte l'ensemble du parcours de soin. La faute à un marché très fragmenté qui est souvent critiqué par les praticiens eux-mêmes qui doivent jongler entre plusieurs dispositifs. Cette fragmentation porte également préjudice aux patients.

Une meilleure coordination entre les médecins
L'organisation des soins doit donc être repensée afin d'améliorer la coordination des professionnels, d'après Angèle Malâtre-Lansac. A ce titre, le numérique peut être "un levier très puissant" permettant une meilleure communication et limiter la charge administrative.

Une fois le professionnel de santé identifié, de nombreuses actions peuvent être proposées en amont au patient pour l’impliquer dans sa prise en charge et simplifier ses démarches : prise de rendez-vous en ligne, préparation des consultations en remplissant des questionnaires par avance, partage de documents, paiement en ligne, accompagnement personnalisé. Mais aussi en aval avec des dispositifs de mise en lien avec des professionnels de santé, des outils de télésuivi, détaille la directrice.

La note recommande également une évaluation systématique des applications mobiles qui fleurissent sur les stores. En 2021, il existait plus de 350 000 applications dédiées à la santé. Or, très peu d'entre elles sont aujourd’hui évaluées et on connaît mal leur efficacité, ce qui peut limiter l’appétence des professionnels de santé à les recommander pour leurs patients, d'après Angèle Malâtre-Lansac.

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