[Etude] Les trois freins qui empêchent la téléconsultation de décoller en France

D'après une étude commandée par l'entreprise de télémédecine Maiia, près d'un Français sur trois a déjà eu recours à la téléconsultation. Une pratique qui a explosé avec la crise sanitaire liée au Covid-19, mais connaît encore de nombreux freins.

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[Etude] Les trois freins qui empêchent la téléconsultation de décoller en France

L'entreprise Maiia, éditrice de services de téléconsultation, a commandé une étude* auprès de l'institut de sondage CSA. Publiés le 21 juillet, les résultats montrent que près d'un Français sur trois a déjà eu recours à la téléconsultation, majoritairement des 25-34 ans. Dans 66,8% des cas, il s'agissait d'un besoin de renouvellement d'ordonnance, suivi par le compte-rendu d'examens médicaux (51,4%) puis une consultation pour cause de maladie contagieuse (45,3%).

Une mauvaise gestion de l'ordonnance
Mais l'étude fait également ressortir un certain nombre de freins qui empêche la télémédecine de pleinement décoller. Le premier frein est technique. Alors que trois quarts des téléconsultations aboutissent à une prescription, 40,6% des personnes interrogées disent avoir rencontré au moins une difficulté avec l'ordonnance émise pour récupérer le traitement. Les principales difficultés sont l’impression, sa lisibilité ainsi que la transmission à la pharmacie.

Le second frein est lié à l'absence de contact avec le praticien. Un argument très souvent avancé pour expliquer le manque d'engouement pour la télémédecine. Dans le même esprit, 21 % des personnes interrogées répondent qu'elles sont dans l'impossibilité de faire une consultation à distance eu égard à leur pathologie qui nécessite une prise en charge en présentiel. Enfin, le troisième frein est purement organisationnel : lorsque le médecin traitant ne pratique pas de téléconsultation. A ce sujet, 28,5% seraient prêts à changer de médecin et choisir un professionnel qui pratique la consultation à distance.

Le rôle du médecin est central dans l'adoption de la télémédecine
Ce dernier obstacle montre encore une fois l'importance du rôle du médecin dans l'adoption ou non de la téléconsultation par les Français. Une étude réalisée par l'Agence numérique en santé, publiée fin janvier 2020, indiquait que 5% des médecins interrogés estimaient qu'ils n'auraient jamais recours à cette pratique. C'est un chiffre qui semble un peu inquiétant lorsque l'on apprend que 62% des patients sont prêts à passer le cap à condition que leur professionnel de santé les y encouragent.

Les personnes ont également été interrogées sur ce qui les pousseraient à arrêter la téléconsultation et revenir à une médecine plus traditionnelle. Pour 52,6 % d'entre eux, c'est le manque de contact avec leur médecin général qui pourraient les pousser à revenir au cabinet. Pour 46,4 %, c'est la possibilité de pouvoir à nouveau se déplacer. Une preuve peut être que l'engouement connu par la télémédecine pendant la crise sanitaire liée au Covid-19 pourrait rapidement retomber. Pourtant, en dehors de l'aspect pratique, la télémédecine pourrait éviter jusqu'à 500 000 déplacements quotidiens en Ile-de-France.

*Méthodologie : 367 personnes ont été interrogées par un questionnaire auto-administré en ligne entre le 11 et le 15 mai 2020.

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