Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

[Etude] Levée de fonds, CA, technologies… Où en est la sport tech française ?

Étude Filière souvent méconnue, la sport tech française connaît pourtant depuis quelques années un réel engouement. La France regroupe 10% des start-up spécialisées dans le sport juste après le Royaume-Uni, leader en Europe. Mais les Etats-Unis sont encore largement en tête. Les JO 2024 changeront-ils la donne ?
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

[Etude] Levée de fonds, CA, technologies… Où en est la sport tech française ?
[Etude] Levée de fonds, CA, technologies… Où en est la sport tech française ? © Immersiv.io

Le cabinet de conseils Rolland Berger et le collectif SporTech, qui réunit les principales start-up françaises du sport, ont publié une étude le 8 juillet afin de dresser un panorama de la sport tech. Les start-up de cette filière se regroupent en trois catégories : amateur, professionnel et fan. Quatre grands enseignements ressortent de cette analyse.

 

Fabrication d'une filière industrielle de la sport tech
"Nous assistons à la fabrication d'une filière industrielle de la sport tech. C'est un phénomène mondial qui est le résultat de deux grandes transformations", explique en introduction Nicolas Teisseyre, senior partner au sein de Rolland Berger. La première est la transformation de l'industrie du sport qui représente 500 milliards de dollars de revenus à l'échelle mondial. La seconde est liée à l'industrie des technologies qui se développe très fortement, représentant 5000 milliards de dollars dans le monde. "Nous sommes face à un phénomène d'ampleur qui est la création d'une nouvelle industrie", poursuit Nicolas Teisseyre.

Cette dynamique est perceptible à l'échelle française. En effet, la France regroupe 10% des sport tech européennes avec environ 150 start-up, soit 3% à l'échelle mondiale. "L'étude donne à voir un écosystème dont nous n'étions pas forcément conscient", note Cédric O, secrétaire d'Etat chargé du numérique, invité lors de la présentation des résultats de l'étude.

La plupart de ces jeunes pousses sont rassemblées au sein du collectif French SporTech créé en 2019. Pour en faire partie, il faut respecter un certain nombre de conditions : chiffre d'affaires, locaux situés en France, levée de fonds… Ses membres touchent des domaines variés : outils de captation de données et d'analyse, coaching personnalisé, mesure de la performance, prévention des blessures, organisation dans les clubs sportifs, équipements connectés...
 


Une croissance de 42 % entre 2011 et 2018
Ainsi, tous les segments – amateurs, professionnels et fans – de la sport tech française sont en forte croissance : + 42% par an entre 2011 et 2018, tirés principalement par le segment professionnel. "Le segment pro représente les entreprises qui ont le plus gros chiffre d'affaires cumulé avec un chiffre d'affaire moyen supérieur à 2 millions d'euros, commente Nicolas Teisseyre. Cela s'explique par la nécessité de moderniser la plupart des organisations sportives avec des équipements technologies et par la recherche de performance dans le haut niveau." En cumulé, le marché de la sport tech représente 1,5 et 2 milliards d'euros en France.

Dans le détail, 18 start-up  réalisent un chiffre d'affaires annuel de plus d'un million d'euros, parmi lesquelles Gymlib qui propose des offres de sport pour les salariés, Sporteasy pour la gestion des équipes pour les clubs, McLloyd spécialisé dans les trackers mesurant la performance…


Des levées assez modestes
En tout, ce sont déjà plus de 200 millions d'euros qui ont été levés. "Nous avons un centre de gravité des levées qui est autour de 1 à 3 millions en France avec beaucoup d'entreprises qui lèvent sous la barre des 1 million. Les deals sont assez petits si on compare aux perspectives de création de valeur sur ce marché et de sa taille", analyse Nicolas Teisseyre. Le décalage entre la taille du marché et les levées de fond serait en partie dû au "manque de lisibilité" de la filière. "Cet aspect évolue très rapidement", poursuit-il.

Mais pour appréhender cette filière, il faut la comparer à l'échelle internationale. Sans grande surprise, l'essentiel des licornes est côté Etats-Unis. "Si nous prenons le top 10 mondial des start-up sur la levée de fonds ou les rachats, il y a 8 entreprises américaines, 2 chinoises et une indienne", révèle Nicolas Teisseyre. Parmi les grosses valorisations, on trouve majoritairement des start-up dans le fitness comme iFit qui propose des programmes sportifs personnalisés.

En Europe, le Royaume-Uni fait figure de leader
La capitalisation de la filière est 4 à 5 fois inférieure en Europe qu'aux Etats-Unis, lEurope étant simulée par le Royaume-Uni qui comporte le plus de start-up dans le domaine de la sport tech avec 455 millions d'euros investis depuis 2015. La France se positionne en deuxième position avec 245 millions d'euros investis depuis 2015, après avoir dépassé l'Allemagne cette année.

Concernant les villes, Londres est leader en nombre de start-up. "L'Europe pâtit d'une culture sportive probablement moins développée que les Etats-Unis ainsi que d'une moindre culture technologique", explique Nicolas Teisseyre.

Tout n'est donc pas encore gagné. L'étude propose plusieurs leviers d'action : unifier le paysage du secteur, accroître la notoriété de la sport tech à l'égard du public pour attirer tous les segments de l'industrie du sport. "L'échéance des Jeux Olympiques 2024 est le gros levier sur lequel les start-up doivent s'appuyer", ajoute le secrétaire d'Etat Cédric O. Célébré en France, cet événement sportif sera effectivement une période propice pour montrer la force de frappe de la french sport tech et peut être réussir à rivaliser avec les Etats-Unis.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media