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Evan Spiegel, de l’étudiant fantôme de Stanford à l’audacieux boss de Snapchat

Son application au fantôme jaune s’apprête à hanter le New York Stock Exchange. Au commande de Snapchat, dont la valorisation devrait dépasser la barre des 20 milliards de dollars après son entrée en bourse ce 2 mars, se trouve Evan Spiegel. Un jeune californien de 26 ans qui se démarque par bien des aspects des entrepreneurs de la Silicon Valley.
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Evan Spiegel, de l’étudiant fantôme de Stanford à l’audacieux boss de Snapchat
Evan Spiegel, de l’étudiant fantôme de Stanford à l’audacieux boss de Snapchat © Snapchat - capture YouTube

Cinq après sa naissance, Snapchat n’est plus une application de messagerie éphémère mais "une entreprise de vidéo". Evan Spiegel, son CEO, le martelait l’an dernier, lors d’une conférence à la Columbia University et c’est chose faite : dans son prospectus d'IPO, déposé début février, Snap Inc se définit comme une "camera company".

 

Avant de faire trembler les géants de la tech tels que Facebook - en refusant l’offre de rachat de Mark Zuckerberg à 3 milliards de dollars, en novembre 2013 - et de devenir un des plus jeunes milliardaires de la planète avec une fortune estimée à 4 milliards de dollars,  Evan Spiegel était plutôt branché design que tech.

 

L’art de passer du design à la tech

Evan Spiegel admet être un privilégié et n’invoque pas la méritocratie. "Je suis un garçon jeune, blanc et éduqué. J’ai toujours eu beaucoup beaucoup de chance". Le jeune entrepreneur a grandi à Pacific Palisade, un quartier huppé de Los Angeles situé entre Malibu et Santa Monica. À 16 ans, son permis de conduire en poche, le Californien se fait offrir le modèle Escalade de chez Cadillac, par son père John Spiegel, rapporte le site LA Weekly. Il va à la prestigieuse Crossroads School for Arts and Science de Santa Monica, au volant son SUV de luxe qu’il gare sur le parking de la société d’à côté : la Southern California Edison pour qui son père a travaillé.

 

Outre son amour des voitures qui "lui procurent une joie intense", Evan Spiegel s’intéresse à l’art. L’été avant de débarquer dans la Silicon Valley, il suit des cours à l’Otis College of Art and Design de Los Angeles et à l'Art Center College of Design de Pasadena, en Californie.

 

Dans les pas des géants de la Silicon Valley

À la différence des génies de la tech passés par les bancs du département informatique de Stanford, tels que Larry Page (Google) ou encore Marissa Mayer (Yahoo!), Evan Spiegel intègre le campus californien de Palo Alto pour étudier le design produit. À Stanford, Evan Spiegel intègre la fraternité Kapa Sigma. C’est là, en 2009, qu’il rencontre Robert Murphy, co-fondateur actuel de Snapchat. "Nous n’étions pas vraiment cool. Alors, nous avons essayé de créer des choses pour le devenir", confiait Robert Murphy alias Bobby, à Forbes, en 2014.

 

L’ancêtre de Snapchat s’appelle Picaboo, le projet voit le jour dans le cadre d’un cours design et fait un flop. L’idée de Snapchat commence à germer "après avoir entendu des histoires hilarantes sur l'urgence de se détaguer de certaines photos Facebook avant des entretiens d'embauche", expliquait Evan Spiegel, en 2012. Le boss de Snapchat imagine le petit fantôme blanc sur fond jaune, "un soir sur son ordinateur dans une chambre de Stanford". Pourquoi Jaune ? "Parce qu’aucune autre application populaire n’utilisait cette couleur", affirmait-il, en 2015, lors du Festival international de la créativité, à Cannes.

 

À l’été 2011, Snapchat voit officiellement le jour. Evan Spiegel quitte Stanford avant même d’obtenir son diplôme afin de se concentrer à plein temps sur son application de photos et de vidéos éphémères. À l’époque, il squatte chez son père. Un beau jour, son appli devient virale dans plusieurs lycées de Los Angeles. Le jeune californien se fait alors approcher par la société de capital-risque Lightspeed Venture partners qui pose 485 000 dollars sur la table de Snapchat.

 

La suite s’écrit comme une success story à la Zuckerberg : 158 millions d’utilisateurs, 404,3 millions de chiffre d’affaire… Mais Evan Spiegel se démarque par son côté fashionista : il roule en Ferrari et pose en peau de bête pour le magazine Vogue. Sans parler de sa future épouse qui n’est qu’autre que la mannequin australienne Miranda Kerr.

 

Un management à la Steve Jobs

"J’essaye d’être un bon leader. Et cela ne passe pas par le fait d’être un bon CEO mais par le fait d’être un super Evan, soulignait le directeur général de Snapchat, lors d’une conférence organisée par Recode, en 2015. J’essaie d’être moi-même et cela signifie que je n’ai pas de filtre". Contrairement à son application, le manque de filtre du jeune milliardaire a été critiqué à plusieurs reprises dans les médias américains. Mais Evan Spiegel n’en a que faire, il trace sa route comme un certain Steve Jobs quarante ans plus tôt. Recode rapporte d’ailleurs que son entourage le compare souvent au co-fondateur d’Apple qui n’était pas vraiment des plus diplomates avec ses employés.

 

Evan Spiegel apprend aussi beaucoup des autres. Eric Schmidt est l’un de ses mentors depuis Stanford. L’ancien PDG de Google dit du jeune entrepreneur : "il appréhende la façon de monétiser et de développer un réseau social différemment des autres". Ce à quoi, l’un de ses investisseurs majoritaires, Todd Chaffee ajoute : "Si vous voulez comprendre Snap, penchez-vous sur Evan Spiegel, il est le visionnaire qui dirige cette entreprise."

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