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Evidence B personnalise les exercices scolaires selon la manière d'apprendre des élèves

Evidence B, start up parisiano-lilloise, met au point grâce aux sciences cognitives et à l'intelligence artificielle des modules d'enseignement personnalisés qui tiennent compte des différences dans la façon dont les élèves apprennent. Une réponse aux difficultés qu'une part non négligeable d'entre eux rencontrent dans le système scolaire ordinaire ?
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Evidence B personnalise les exercices scolaires selon la manière d'apprendre des élèves
Evidence B personnalise les exercices scolaires selon la manière d'apprendre des élèves © Evidence B

Les modules d'exercices produits par Evidence B portent sur certains domaines des "enseignements fondamentaux : maths, langue première, langues secondes, sciences et histoire-géo", indique Thierry de Vulpillières, CEO de l'entreprise créée en 2017.

Sur le fond, leur conception se base sur les apports des "sciences cognitives, comme les neurosciences, la linguistique ou la psychologie cognitive, qui s'intéressent à la manière dont le cerveau apprend, poursuit-il. Nous travaillons directement avec des laboratoires de recherche ou des chercheurs", en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Lituanie ou en Suisse, et des enseignants qui participent à la rédaction des exercices. Tous les élèves n'appréhendent pas de la même manière le sens des proportions ou le rôle de certains éléments dans une phrase...

Science cognitives x IA
Les modules sont liés entre eux par un moteur d'intelligence artificielle conçu avec un laboratoire de l'INRIA et le laboratoire LIP6 (CNRS – Sorbonne université). "C'est un algorithme de personnalisation qui ne repère pas seulement si la réponse est bonne ou fausse, précise Thierry de Vulpillières, mais si l'élève a fait appel à une aide ou s'il a évité un écueil. A partir d'un faisceau de paramètres de ce type, on va pouvoir constituer des clusters d'élèves ayant un profil d'apprentissage comparable" et leur proposer des modules d'exercices adaptés. Au lieu de fournir les mêmes exercices à leurs 30 élèves, les enseignants peuvent ainsi, pour une même notion, proposer à quatre à cinq exercices spécifiques différentes à des petits groupes d'élèves de même "profil".
 


"L'enjeu, résume le CEO, c'est de savoir pour chaque élève quel est l'exercice le plus approprié pour débloquer son apprentissage d'un point ou d'une notion. Les modules d'Evidence B comptent 300 à 3000 exercices qui permettent cette personnalisation fine." Sur la forme, le design des exercices (vidéo, chat bot, gamification, etc.) est choisi, sur l'avis de "cogniticiens", précise le CEO, pour activer et maintenir la curiosité des élèves et servir le propos pédagogique.

Profils d'apprentissage
Concrètement, "tous les modules commencent par un exercice de profilage en une quinzaine de questions par rapport à la notion qu'on cherche à transmettre, explique Thierry de Vulpillières. Il donne le point de départ et l'algorithme prend le relai pour proposer les exercices adaptés à l'élève, qui peut alors travailler en autonomie." Sur son tableau de bord, l'enseignant peut suivre la progression ou les blocages de chaque élève et voir les poins communs et les différences entre les uns et les autres. Des informations "qui aident à la décision pédagogique", remarque le CEO.

Evidence B, qui n'est pas un éditeur de contenu pédagogique mais travaille avec certains (Nathan, Bordas, Pearson, Marshall Cavendish...), a obtenu la confiance de l'Education nationale : l'Etat a acheté pour quatre ans cinq modules de maths pour tous les 2,2 millions d'élèves de cycle 2. Il s'agit du plus gros marché de l'entreprise mais aussi du premier marché concernant l'intelligence artificielle pour le ministère de l'Education nationale, indique Thierry de Vulpillières.
 


En Ile-de-France et Nouvelle-Aquitaine les élèves des lycées vont aussi pouvoir plancher sur les modules de langue française. L'entreprise a enfin gagné un marché de la banque de ressources numériques pour l'école (Education nationale) sur les langues et cultures de l'Antiquité (latin et grec). Les modules de latin ont été adopté en Italie. "Le cerveau des élèves est le même partout dans le monde", rappelle le CEO, et les notions abordées par les modules sont universelles (sens des nombres, des proportions, géométrie, verbes...). "Notre modèle, poursuit-il, c'est la réplicabilité des modules" d'un pays à l'autre. Un test est en cours à Singapour.

Evidence B, qui compte aujourd'hui 35 salariés, triple son chiffre d'affaires tous les ans, indique son CEO. Après avoir levé deux millions d'euros en 2019, l'entreprise prépare une seconde levée de fonds pour 2022.

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