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[Exclusif] Pour se transformer, PwC repense l'aménagement de ses bureaux parisiens

Pour accompagner sa transformation, notamment sous l'impulsion des changements induits par le digital, PwC a revu complètement l'organisation de l'espace de travail.  Finis les bureaux individuels, bienvenue au WiFi généralisé. Fini les vieux téléphones, bienvenue à Skype Entreprise. Pour réussir cette transformation, le cabinet a mené une vaste consultation et accompagné les salariés plutôt jeunes qui souvent rêvent start-ups.  Elle a aussi pris son temps : les travaux commencés en juin 2016 devraient s'achever en mars 2018.

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[Exclusif] Pour se transformer, PwC repense l'aménagement de ses bureaux parisiens
Il ne suffit pas de consulter avant, il faut aussi accompagner le changement © © Stanislas Liban

Les changements managériaux provoqués notamment par l’utilisation des outils numériques et les changements qu’ils induisent dans la culture de travail finissent par avoir un impact sur l’organisation des espaces de travail. Quiconque connaît le monde du numérique depuis une décennie se souvient qu’au début d’Internet, au début des années 2000, tout reportage digne de ce nom se devait de faire un arrêt au coin baby foot ou à l’espace de détente, deux lieux difficilement imaginables dans des entreprises de l’ancien monde. A cet égard, les géants du Net, GAFA en tête, surent magnifiquement utiliser leurs bureaux pour faire une sorte de story telling en 3D : quand on passait la porte des bureaux parisiens de Google, on savait qu’on entrait dans un nouveau monde où l’espace de travail n’était pas conçu comme dans les entreprises d’antan.

 

Consulter plutôt qu'imposer 

C’est au tour des entreprises les plus classiques de s’y mettre. Dernière en date : PricewaterhouseCoopers (PwC) qui a lancé un réaménagement de ses locaux neuilléens baptisé sobrement workplace of the future (espace de travail du futur pour ceux qui continuent de penser qu’il est possible de parler français même quand on fait du conseil en stratégie).

 

 

 

Premier signe du changement : la méthode. Fini le temps où l’aménagement était pensé dans une tour d’ivoire puis s’imposait à tous, comme l’ingénieur planifiait le travail des salariés. Désormais, le réaménagement est participatif. Ainsi, assure Geoffroy Schmitt, l’associé responsable du projet, " une vaste consultation auprès des salariés a eu lieu, pour connaître leurs envies et leurs besoins. La co-création était quelque chose de nouveau pour nous". Avec la ferveur du nouveau, PwC a poussé loin la consultation des équipes. L’entreprise ne s’est pas contenté de recueillir les avis avant le lancement du projet. Le réaménagement complet de 21 000 mètres carrés de bureaux prenant par définition du temps, il s’est fait espace par espace, avec des équipes délocalisées dans des bureaux à La Défense. Au fur à mesure, PwC a recueilli les avis des uns et des autres pour adapter le projet en cours d’élaboration. Work in progress, comme on dit. Dans un tel process, le projet final ne correspond pas aux souhaits de chacun. Pour éviter les résistances traditionnelles au changement, l’entreprise a accompagné ses salariés. "Les personnes s’adaptent plus ou moins vite, explique Geoffroy Schmitt, et cela n’a rien à voir avec l’âge".

 

Le résultat consiste en plateaux peu cloisonnés, où il n’y a plus de bureau personnel y compris pour les dirigeants de PwC. Si la confidentialité du travail requiert un bureau fermé, il est possible de réserver un tel espace ou une salle de réunion. Sinon l’associé comme le junior peuvent s’assoir dans le même espace ouvert. "Nous sommes passés de bureaux alloués selon à une logique de statut à quelque chose de plus flexible, explique Geoffroy Schmitt. C’était une demande forte des équipes de sortir des privilèges, des statuts".

 

Le même espace mais complètement réaménagé

Si Geoffroy Schmitt reconnaît qu’au départ, les responsables du bureau parisien avaient en tête la "renégociation du bail" et l’espoir de gagner quelques mètres carrés, finalement la surface avant et après travaux est identique. La suppression des bureaux personnels se fait au bénéfice de nouveaux usages, propices à une meilleure collaboration avec la création d’un espace incubateur, d’une zone consacrée à la cybersécurité et de lieux pour recevoir et travailler avec les clients de l’entreprise. De même, avec les mètres-carré gagnés, PwC a aménagé à chaque étage des cafétarias "avec de longues tables en bois où il est aussi possible de travailler", précise le responsable du projet, et bien sûr l’indispensable baby-foot. 

Mais c’est aussi une transformation des comportements que contient le nouvel espace. Moins de place pour stocker du papier, mais davantage de solutions numériques accessibles à tous, grâce à des applis développées par les équipes de PwC, comme par exemple celle qui offre de réserver depuis son téléphone un bureau à n’importe quel moment. Le numérique joue un rôle important dans les nouvelles façons de travailler : wifi dans tous les espaces, ce qui facilite la libre installation de tout le monde (on peut même aller travailler dans le jardin quand il fera beau assure Geoffroy Schmitt), promotion du travail à distance pour les fonctions supports (les consultants et auditeurs ayant l’habitude de travailler chez leurs clients) ou encore e-working, soit le télétravail ou le travail à distance. Plus un seul téléphone dans les bureaux, Skype Entreprise pour tous. Prochaine étape prévisible : "on réfléchit à l’accès au disque dur depuis un I-Pad" confie le responsable du projet.

 

Si le projet évoque les start-up, c’est aussi que l’entreprise de conseil et d’audit cherche à recruter les mêmes populations que les jeunes entreprises de croissance qui font rêver les jeunes diplômés. Chez PwC, 65 % des salariés ont moins de 35 ans et lors de la consultation il est apparu que de plus en plus les juniors regrettaient de "ne pas retrouver chez PwC ce que leurs amis de promotion leur disait avoir dans des entreprises collaboratives", explique Geoffroy Schmitt. Idem pour la demande de "davantage de collaboration dans le travail de tous les jours" qui se retrouve dans l’aménagement de l’espace. "Attirer et retenir les talents font partie de nos sujets importants" indique Geoffroy Schmitt, pour expliquer les choix faits par PwC.

 

Un changement de culture aussi

Pour Geoffroy Schmitt, le résultat est satisfaisant. D’abord parce qu’après avoir visité d’autres entreprises pour s’inspirer, c’est aux locaux de PwC de faire l’objet de visites d’entreprises en cours de réflexion, et ce alors même que le réaménagement n’est pas complètement terminé. "Nous nous sommes rapprochés des sociétés tech qui mettent l’accent sur la nécessité d’innover, une préoccupation que nous partageons", explique le responsable du projet. Dans les métiers de PwC ce sont les clients qui ont aussi poussé l’entreprise à changer, confie-t-il. Ils veulent que l’entreprise résolve leurs problèmes et sachent pour ça faire travailler ensemble les clients dont elle a besoin. A l’écouter, le temps où le fournisseur imposait sa solution en fonction de son organisation au client est terminé. Place à la delta room, sorte de salle de réunion dite immersive où tout le monde ne se retrouve pas autour d’une longue table mais dans un espace avec canapé et écrans omniprésents…

 

Car changer de bureaux qu’on soit une start-up ou une entreprise de conseil c’est bien plus que déplacer trois meubles, c’est créer une culture d’entreprise et un esprit de travail. Reste à savoir comment les salariés s’approprieront les nouveaux espaces de PwC.

 

Crédit photos : reportage PwC

 
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