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Extinction des écrans plasma dans 3 ans ? 

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Le développement de la télévision à écran Oled devrait donner le coup fatal aux écrans plasma déjà en grande difficulté sur le marché. LG se prépare à leur extinction dans trois ans.

Extinction des écrans plasma dans 3 ans ?
Extinction des écrans plasma dans 3 ans ? 

Mauvaise nouvelle pour les amateurs d’écrans plasma. Malmenée de plus en plus par les écrans LCD, qui dominent largement le marché de la télévision, cette technologie devrait subir le coup fatal du développement des téléviseurs à écrans Oled. C’est le sentiment qui prédomine au Campus R&D de LG Electronics, à Séoul, en Corée du Sud. "Les écrans plasma sont condamnés à disparaître du marché dans trois ans", prévoit Hugo W.K. Shin, Chef d’équipe marketing à la division d’électronique de loisirs chez le groupe coréen.

Les signaux, venus du Japon, ne sont pas bons. On prête à Panasonic, le dernier fabricant d’écrans plasma de l’archipel nippon, l’intention d’arrêter tout bonnement cette activité, pour se concentrer sur les télévisions à écrans LCD et Oled. Ce qui laisserait seulement deux producteurs dans le secteur dans le monde, tous deux coréens : Samsung et LG.

Détrôner définitivement par le LCD

Commercialisés au milieu des années 1990, les écrans plasma étaient considérés jusqu’au début des années 2000 comme la technologie royale pour la télévision à écran plat. Rien qu’au Japon, il y avait cinq fabricants : NEC, Fujitsu, Hitachi, Panasonic et Pioneer. Il n’en reste plus qu’un seul : Panasonic. C’est que la télévision à écran LCD, une voie développée au départ seulement par le japonais Sharp, a vite pris le dessus grâce à deux avantages : une meilleure aptitude à monter en résolution et la capacité à réduire davantage la consommation. Les écrans plasma ont beau offrir la meilleure qualité d’image en termes d’angle de vue, de contraste, de rendu des couleurs et de réponse aux images en mouvement. Sa part sur le marché s’est réduite comme peau de chagrin. Selon le cabinet d’études NDP DisplaySearch, alors que 203 millions de téléviseurs à écran LCD ont été écoulés en 2012, il ne s’est vendu que 13,3 millions de postes à écran plasma, soit une baisse de 23% par rapport à 2011. "Aucun des trois fabricants ne gagne de l’argent sur cette technologie", confie Hugo W.K.Shin.

L’Oled, une alternative à risque 

C’est pourquoi LG a décidé d’accélérer l’introduction sur le marché de la télévision à écran Oled, même si la technologie est encore loin d’être mature. Depuis février 2013, il est ainsi le seul au monde à commercialiser en Corée du Sud un poste de 55 pouces épais de seulement 5 millimètres. Quelques 150 exemplaires ont été vendus jusqu’ici. Le prix est élevé : l’équivalent de 7000 euros, cinq fois celui d’un téléviseur à écran LCD ou plasma de même taille. Mais Hugo W.K.Shin reste confiant dans le potentiel de cette technologie à se banaliser : "Dans cinq ans, elle sera aussi abordable que la télévision actuelle à écran LCD."

Or la technologie Oled présente la magie de marier les avantages des écrans plasma et LCD, sans leurs inconvénients. Elle offre aussi aux designers la possibilité de réaliser des écrans incurvés, comme le prototype de 55 pouces dévoilé par LG au dernier CES, et demain des écrans souples susceptibles de s’enrouler comme une feuille de papier. Cependant, les problèmes techniques à résoudre sont nombreux. Il reste en particulier à maîtriser le vieillissement des matériaux électroluminescents, trop précoce à ce stade, et à améliorer le rendement de fabrication, aujourd’hui limité à quelques pourcents.

LG sur la brèche

Chez LG, le développement mobilise quatre sociétés sœurs : LG Chem dans les matériaux électroluminescents, LG Innotek dans les composants électroniques, LG Display dans la fabrication de l’écran, et LG Electronics dans l’intégration du téléviseur. Le groupe est challengé par Samsung, l’autre géant de l’électronique en Corée du Sud, mais aussi par Sony et Panasonic, au Japon, qui disposent tous de prototypes de 55 pouces. Les deux japonais se distinguent par l’exploit d’avoir réussi à porter la résolution d’image au niveau de l’Ultra HD, quatre fois la résolution qui caractérise les postes Oled de LG et Samsung. "Nous sommes prêts à relever le défi en proposant aussi l’Ultra HD bientôt. Non pas sur des prototypes comme chez nos concurrents nippons, mais sur un produit commercial, promet Hugo W.K.Shin. Nous sommes déterminés à conserver notre avance sur le marché."

L’enjeu pour LG est double : booster l’image de la marque en la positionnant comme le leader de l’innovation, et conforter sa place dans la télévision, un marché essentiel dans l’électronique grand public mais difficile. En 2009, LG a pris à Sony la place de numéro deux mondial de ce secteur. Selon le cabinet NDP DisplaySearch, il détient 15% du marché mondial, derrière Samsung (27,7%). Il fait parti des rares fabricants à ne pas avoir perdu de l’argent dans cette activité en 2012 malgré un quatrième trimestre dans le rouge.

Ridha Loukil

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