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Face à la pression réglementaire, Google prend des engagements sur sa nouvelle politique sur les cookies

Google a pris une série d'engagements sur ses futures alternatives aux cookies tiers, qui seront progressivement supprimés, à la suite d'une enquête menée par l'autorité britannique de la concurrence. Elle ouvre une consultation publique pour que les tiers intéressés puissent soumettre leurs avis. Une fois validés, ces engagements deviendront juridiquement contraignants.
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Face à la pression réglementaire, Google prend des engagements sur sa nouvelle politique sur les cookies
Face à la pression réglementaire, Google prend des engagements sur sa nouvelle politique sur les cookies © Unsplash/Firmbee.com

A la suite d'une enquête ouverte en janvier 2021, la Competition and Markets Authority (CMA) – l'équivalent de l'Autorité de la concurrence au Royaume-Uni – a obtenu des engagements de la part de Google sur sa future politique sur les cookies.

En janvier 2020, Google a annoncé la suppression progressive des "third-party cookies" (tiers cookies) de son navigateur Chrome, utilisé par deux tiers des internautes. Cette suppression, qui doit s'étaler sur deux ans, s'inscrit dans le programme "Sandbox Privacy" lancé en août 2019 par l'entreprise.

Les FLoC pour remplacer les cookies tiers
Pour remplacer les cookies tiers, la firme de Mountain View travaille actuellement sur les FLoC, pour "Federated Learning of Cohorts". En cours de test dans différents pays, cette méthode repose sur les centres d'intérêts des internautes à partir desquels sont créées des "cohortes" d'utilisateurs qui ont des historiques de navigation similaire. Les annonceurs peuvent ensuite sélectionner des publicités en fonction de ces grands groupes, mais sans connaître l'identité de chaque personne, promet Google.

Or, la CMA craint que cette nouvelle méthode – censée être plus respectueuse de la vie privée des internautes – ne provoque une distorsion de concurrence. "Cela entraînerait une concentration encore plus importante des dépenses publicitaires (...) nuisant aux consommateurs qui paient en fin de compte le coût de la publicité. Cela compromettrait également la capacité des éditeurs en ligne tels que les journaux à générer des revenus et à continuer à produire un contenu de valeur à l'avenir", écrit l'autorité dans un communiqué de presse. C'est ce qui l'a poussé à ouvrir en enquête.

Une transparence accrue sur les tests
Face à ces critiques, Google a pris une série d'engagements détaillés dans un billet de blog signé par Oliver Bethell, directeur juridique de Google. La société s'engage à développer et à mettre en œuvre les propositions d'une manière qui évite les distorsions de concurrence et l'imposition de clauses abusives aux utilisateurs de Chrome. Les résultats des tests des technologies alternatives, telles que les FLoC, seront publiés dans un souci de transparence. Aussi, elle promet ne pas discriminer ses concurrents en faveur de ses propres activités de publicité et de technologie publicitaire lors de la conception ou de l'exploitation d'alternatives aux cookies tiers.

Ces engagements font désormais l'objet d'une consultation publique à laquelle les tiers intéressés peuvent participer jusqu'au 8 juillet 2021. Si la CMA décide de les accepter en coopération avec la Cnil britannique (ICO), ces engagements deviendront juridiquement contraignants pour Google. En d'autres termes, cela signifie qu'il s'expose à une amende en cas de non respect.

A noter que le géant américain s'engage à atteindre au moins 60 jours avant de supprimer totalement les cookies tiers, et les remplacer par des technologies alternatives, afin que la CMA puisse rouvrir son enquête et d'imposer des mesures conservatoires en cas de problèmes non résolus.

Le DOJ enquête
Outre-Atlantique, les autorités s'inquiètent également. Le ministère américain de la Justice (DoJ) serait en train d'enquêter sur la nouvelle politique de Google. Une enquête n'a pas encore été officiellement ouverte mais les principaux acteurs de la publicité en ligne ont été auditionnés. Ainsi, plus d'une douzaine d'entreprises se sont entretenues avec les enquêteurs du ministère de la Justice ces derniers jours. En effet, le DoJ souhaite savoir si la suppression des cookies tiers dans Chrome ne va pas entraîner une mainmise de Google sur le web ce qui entraverait l'activité des plus petites entreprises.

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