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Face à un standard 5G ultra-sécurisé, l’UE cherche un moyen légal d’intercepter les communications

La 5G offre un niveau de protection inédit en matière de communications. Alors que le déploiement des infrastructures a débuté, les polices européennes craignent qu’elle ne vienne perturber leurs procédures d’écoute et de surveillance dans le cadre d'une enquête. Une réflexion est conduite par les pouvoirs publics pour maintenir un accès légal.
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Face à un standard 5G ultra-sécurisé, l’UE cherche un moyen légal d’intercepter les communications
Face à un standard 5G ultra-sécurisé, l’UE cherche un moyen légal d’intercepter les communications © Pixabay/Free-Photos

La 5G apporte des gages en matière de sécurité. Peut-être trop, au goût de la Commission européenne, qui craint que les forces de police ne rencontrent des difficultés pour accéder aux communications dans le cadre de leurs futures enquêtes. L’institution a donc mis sur pied un groupe de travail avec Europol et les Etats-membres pour adapter le cadre légal à la nouvelle norme de téléphonie mobile… afin que les procédures d’écoute et de surveillance des suspects perdurent. "Nous travaillons ensemble pour identifier les moyens appropriés pour préserver des possibilités légales d’intercepter des échanges dans le cadre des réseaux 5G", a indiqué dans une note la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson.

 

AFFAIBLIR LES NORMES DE SéCURITé

Cette réponse de l’exécutif européen est de nature à rassurer. L’eurodéputée allemande Cornelia Ernst l’avait, en effet, interrogé car elle suspecte Europol de vouloir profiter de l’arrivée de la 5G pour mettre en place des procédures d’écoute clandestines. Dans une note publiée en 2019, les polices des Etats membres disaient s’inquiéter que la nouvelle norme de téléphonie mobile ne les empêche d’attribuer un téléphone à son propriétaire… et donc de localiser ce dernier. Des limitations avérées, qui résultent d’un système de chiffrement intrinsèque aux communications en 5G. Le numéro IMSI (International Mobile Suscriber Identity) est, par exemple, crypté en 256 bits – un niveau de protection inédit.

 

A noter que de telles dispositions légales pourraient bien être le seul moyen d’accès aux données pour les autorités publiques. Ces dernières sont, en effet, confrontées au refus des fabricants d’installer des portes dérobées (backdoors) dans leurs appareils – la seule autre option aujourd’hui envisageable, d’après Cornelia Ernst – au nom du respect de la vie privée des utilisateurs. Pas plus tard que la semaine dernière, Apple a notamment refusé d’accéder à la demande de Donald Trump de mettre à disposition de la Justice le contenu des iPhones de l’auteur d’une tuerie survenue en Floride.

 

Face à la frilosité des constructeurs, l’Union européenne choisit donc une autre voie : l’affaiblissement du niveau de protection offert par la nouvelle norme de téléphonie mobile. "Europol encourage la participation de ses membres aux comités de normalisation traitant de l’interception légale et de la cybersécurité de la 5G", a appuyé Ylva Johansson. Dans les faits, elle invite la police européenne à s’immiscer dans le processus de standardisation internationale mené par le 3GPP... et à niveler par le bas une technologie dont l'un des intérêts réside justement dans la sécurisation des communications.

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