Surtout prendre son temps, tel semble être l’état d’esprit des Directions des ressources humaines vis-à-vis du big data, selon une étude réalisée par Althéa avec le cabinet Quantmetry. Ainsi, 80 % des personnes interrogées pour cette étude (réalisée auprès d’un échantillon non représentatif) indiquent n’avoir jamais utilisé ces technologies. 62 % déclarent ne pas savoir répondre quand on leur demande si le big data est capital ou non pour leur équipe RH. Seulement 45 % déclare vouloir utiliser un logiciel de big data dans les mois qui viennent.
Pour les DRH, le sujet est d’autant plus difficile à appréhender qu’ils ne sont pas forcément familiers avec la culture de la donnée. Ils sont plus familiers des arcanes du droit social que des subtilités d’un modèle économétrique ou au décodage d’un algorithme.
Parmi les freins identifiés au lancement d’un projet figure en tête l’absence de compétence sur le sujet (41,1 %), le coût du projet (37,5 %), la non maîtrise du cadre légal d’utilisation des données par les salariés (32,1 %). Sur ce point, le président de Quantmetry, Jérémy Harroch regrette "une certaine ignorance, qui provoque de l’autocensure. Les équipes RH n’osent pas".
Rien d’étonnant donc si la témérité des RH interrogées va jusqu’à ne même pas envisager une réalisation expérimentale d’un cas d’usage en 2016 (pour 50 % d’entre eux). Pourtant, "il faut oser expérimenter", s’impatiente le président de Quantmetry qui reconnaît que les RH ont plus du mal avec la possibilité de l’erreur. Il est vrai que leur domaine est l’humain et qu’expérimentation et personnes sont deux mots qui ne vont pas toujours très bien ensemble.
Le prédicitf n'est pas la priorité
Les rares projets lancés concernent surtout des questions de recrutement, de mobilité interne, voire de gestions des compétences. Cela n’étonne pas vraiment Jérémy Harroch : "le recrutement est souvent la priorité des équipes RH, qui, en revanche ont peu d’intérêt pour les solutions prédictives", explique-t-il.
Sur ces projets, les alliés des équipes RH sont d’abord l’équipe interne de la DSI (pour 50 %), suivi à égalité par l’équipe interne consacrée au numérique ou à l’innovation (24.2 %) ou un cabinet de conseil extérieur spécialisé dans les ressources humaines (25,8 %) voire un éditeur de logiciels (19.4 %).
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