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[MWC 2019] Face aux accusations américaines, Huawei redouble d'efforts pour garder la confiance de l'Europe

Le Mobile World Congress 2019 a été l'occasion pour Huawei de mettre en avant sa version de l'histoire alors que les Etats-Unis ne cessent de militer pour l'exclure du marché global de la 5G. Le géant chinois des télécoms a notamment signifié qu'il allait redoubler d'efforts pour convaincre les gouvernements et opérateurs européens de sa bonne foi.

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Face aux accusations américaines, Huawei redouble d'efforts pour garder la confiance de l'Europe
[MWC 2019] Face aux accusations américaines, Huawei redouble d'efforts pour garder la confiance de l'Europe © Julien Bergounhoux

Huawei est revenu lors du MWC 2019 de Barcelone sur la controverse qu'il traverse depuis presque un an sur les questions de sécurité liées au déploiement de la 5G. Les soupçons qui pèsent sur le groupe, et dont il a tant de mal à se défaire, concernent l’hypothèse que ses équipements puissent faciliter des opérations d'espionnage de la part du gouvernement chinois.

 

Huawei va redoubler d'efforts en Europe

Sur le salon, ses porte-paroles se sont attachés à répéter les nombreux démentis de Huawei au cours des derniers mois, y compris ceux de son fondateur Ren Zhengfei. Dans une interview publié le 20 février 2019, ce dernier a déclaré à la chaîne américaine CBS News qu’il vendrait, voire fermerait son groupe plutôt que de compromettre ses produits pour le compte du gouvernement chinois. Ren Zhengfei a également envoyé un message à tous les employés du groupe pour déclarer la cybersécurité comme priorité numéro un.

 

Le leader mondial des équipements télécoms tient aussi à faire savoir qu’il n’abandonnera pas les marchés internationaux, peu importe les pressions qu’il subit. "Nous sommes présents en Europe depuis 17 ans et nous allons y rester. Pas juste 5 ou 10 ans, mais 20 ou 30 ans," a promis Vincent Pang, président de Huawei pour la région de l'Europe de l'ouest, lors d’une interview groupée. Cela passe entre autres par des investissements redoublés pour ouvrir des centres de R&D et d’innovation au sein de l’UE. Pour référence, l’Europe de l’Ouest représente aujourd’hui environ 15% des revenus du groupe Huawei.

 

Une méfiance de longue date, mais sans preuve formelle

Vincent Pang estime que Huawei a fait de son mieux pour gagner la confiance de ses partenaires au fil des ans. "Les questions concernant d’éventuelles backdoors ne sont pas nouvelles. C’est notamment pour cela que nous avons construit notre centre d’évaluation au Royaume-Uni en 2010. Cela fait huit ans, et le gouvernement britannique n’a toujours rien trouvé à redire à nos produits." Un deuxième centre a été ouvert en Allemagne l’année dernière, et un troisième, pan-européen, sera ouvert à Bruxelles (Belgique) le 5 mars 2019

 

Le dirigeant reconnaît néanmoins certaines lacunes, notamment sur la qualité de ses logiciels. "Nous avons lancé un plan sur cinq ans pour améliorer notre ingénierie logicielle. Nous avons investi 2 milliards d’euros sur la table pour commencer, et nous mettrons plus si nécessaire. Nous collaborons avec le gouvernement britannique et le centre national de cybersécurité (NCSC) à ce sujet."

 

Collaboration globale et traitement égal

Vincent Pang insiste aussi beaucoup sur l’aspect collaboratif. Il avance que s’il existe un risque en matière de cybersécurité avec la 5G, il doit être adressé de manière globale et par tous les acteurs du secteur. Traduction : ne cibler qu’une seule entreprise est illogique et contre-productif en plus d’être injuste.

 

Ce qui transpire dans ce discours, c’est la confiance totale de Huawei en sa capacité à s’imposer face à la concurrence sur un plan purement technologique, tant qu’on lui laisse le droit de participer. "Définissez les contraintes, et nous nous y conformerons. Définissez la manière dont nous pourrons vous prouver que nous sommes dignes de confiance, et nous le prouverons."

 

Le dirigeant réitère au passage que la norme 5G est le fruit de 10 années de travail de la part du consortium 3GPP, et que la cybersécurité n’y a pas été négligé. "La 5G est par définition beaucoup plus sécurisée que la 4G". Selon lui, il y a de vrais enjeux de sécurité plus urgents sur lesquels tout l’écosystème doit travailler, comme les attaques visant les infrastructures télécoms.

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