Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Face aux inquiétudes sur les données, WhatsApp retarde à mai l'entrée en vigueur de sa mise à jour

WhatsApp se donne finalement trois mois, jusqu'au 15 mai 2021, avant de mettre en place sa nouvelle mise à jour qui obligera les utilisateurs de la messagerie à accepter que certaines de leurs données soient transférées vers les entités du groupe Facebook. L'annonce de cette future politique de confidentialité avait provoqué une levée de boucliers.  
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Face aux inquiétudes sur les données, WhatsApp retarde à mai l'entrée en vigueur de sa mise à jour
Face aux inquiétudes sur les données, WhatsApp retarde à mai l'entrée en vigueur de sa mise à jour © RobertCheaib/Pixabay

Alors qu'elle devait entrer en application le 8 février prochain, la nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp s'appliquera finalement qu'à partir du 15 mai 2021. Les futures conditions d'utilisation obligeront les utilisateurs de la messagerie à accepter que certaines de leurs données (noms, numéros de téléphone des contacts…) soient partagées avec les autres entités du groupe Facebook, sous peine de plus pouvoir utiliser WhatsApp.

S'inscrivant dans la stratégie B2B de l'entreprise, ces nouvelles règles ont soulevé une vague d'inquiétudes sur la protection des données personnelles, au point où de nombreux internautes ont préféré migrer vers d'autres messageries telles que Signal ou Telegram.

WhatsApp répète son attachement à la vie privée
Face à ces réactions, WhatsApp a préféré reculer s'estimant victime de désinformation. Dans un billet de blog, l'application de messagerie tente de clarifier les choses. Elle rappelle que l'objectif de cette mise à jour est d'offrir de nouvelles options "pour les personnes souhaitant envoyer un message à une entreprise sur WhatsApp (…)". Et elle ajoute que "cette mise à jour ne sert pas à augmenter notre capacité de partage des données avec Facebook".

Or, en pratique, c'est ce qu'elle va permettre puisque les utilisateurs de la messagerie n'auront pas d'autre choix que d'accepter la transmission de leurs informations sauf à quitter WhatsApp. Pour rappel, ce n'est pas la nature des données qui change mais le nombre d'entités qui y auront accès et donc pourront les réutiliser.

Les résidents de l'UE ne sont pas concernés
Pour les résidents de l'Union européenne, soumis au Règlement général sur la protection des données (RGDP), cette annonce n'entraîne aucune conséquence puisque la politique de confidentialité restera inchangée. En effet, en vertu de ce texte, les utilisateurs doivent être informés et consentir librement à ces nouvelles règles. Or, en excluant un utilisateur qui refuserait sa nouvelle politique, WhatsApp ne respecte pas les obligations du RGPD car le consentement ne peut pas être qualifié de "libre".

Or, du côté de WhatsApp, les choses ne sont pas très claires. "Aujourd'hui, Facebook n'utilise pas les informations de votre compte WhatsApp pour améliorer votre expérience avec les produits Facebook ni pour vous proposer des publicités Facebook plus ciblées sur sa plateforme. Ceci est le résultat de discussions avec le commissaire irlandais chargé de la protection des données et d'autres autorités responsables de la protection des données en Europe", peut-on dans le Q&A de WhatsApp.

La Cnil italienne lance des investigations
Cela ne répond pas à la question suivante : dans quels cas WhatsApp s'autorise-t-il à transmettre les informations de ses utilisateurs à sa maison-mère ? Ce flou a motivé la Cnil italienne à se saisir du sujet et à en avertir le Comité européen à la protection des données (CEPD), chargé de contribuer à l'application cohérente des règles en matière de vie privée dans l'UE et d'encourager la coopération avec les autorités nationale.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media