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Face aux sanctions, le Kremlin envisagerait de légaliser le piratage de logiciels étrangers

Vu ailleurs Face à la pluie de sanctions et au retrait des entreprises étrangères, les autorités russes envisageraient de légaliser le piratage de logiciels sous licence. Ce qui permettrait aux sociétés de continuer à pouvoir utiliser des solutions commercialisées par des entreprises américaines notamment.
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Face aux sanctions, le Kremlin envisagerait de légaliser le piratage de logiciels étrangers
Face aux sanctions, le Kremlin envisagerait de légaliser le piratage de logiciels étrangers © Unsplash

Les autorités russes cherchent des solutions pour faire face à l'avalanche de sanctions économiques prises dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine. Elles envisageraient notamment d'actionner la légalisation du piratage de logiciels avec licence "en provenance de pays soutenant les sanctions", d'après une information du média économique russe Kommersant, repérée par Ars Technica. Cette possibilité est déjà inscrite dans l'arsenal législatif russe mais n'aurait jamais été mise en oeuvre. 

Les entreprises tech se retirent
Cette mesure permettrait aux entreprises de pouvoir toujours utiliser des solutions commercialisées par des sociétés étrangères même si ces dernières se retirent du marché russe. Elles sont de plus en plus nombreuses à suspendre les ventes de produits et de services : Microsoft, Apple, Samsung, Ericsson, Intel, PayPal, AMD, la Semiconductor Industry Association qui regroupe IBM, Nvidia, Qualcomm, ARM, Toshiba… Or, comme la plupart des pays, la Russie est dépendante des logiciels et des technologies américaines. 

Vraisemblablement, cette stratégie exempterait les sociétés technologiques chinoises. En effet, elles voient dans le retrait occidental une opportunité de s'imposer dans les secteurs des smartphones et de l'automobile en Russie. Mais investir le marché russe semble très compliqué d'un point de vue tant logistique que juridique. 

Le risque d'utiliser des logiciels piratés
A noter qu'aujourd'hui, la majorité des logiciels sont distribués en mode SaaS, par lequel les utilisateurs paient la solution en fonction de son usage en s'acquittant d'un abonnement. Pour récupérer les versions piratées des logiciels, des générateurs de clés de licences – également appelés "keygens" – existent. Au-delà de l'atteinte à la propriété intellectuelle, le piratage d'un logiciel est dangereux pour une entreprise comme pour un particulier car il a plus de risque d'être infecté par des virus.

La position des autorités russes montre à quel point les acteurs nationaux sont dépendants de la technologie américaine. Cette problématique existe également en France. En effet, les entreprises utilisent majoritairement des solutions commercialisées par les Etats-Unis, comme en témoigne le vent de panique provoqué par la décision sur Google Analytics de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Elle a décidé que la version actuelle de la fameuse solution d'analyse de l'audience ne respectait pas les obligations du Règlement général sur la protection des données (RGPD). En France, une personne physique risque une amende pouvant aller jusqu'à 150 000 euros et une peine d'emprisonnement de 2 ans pour le piratage de logiciel. 

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