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Facebook a soumis 690 000 abonnés à une manipulation émotionnelle en 2012

Facebook reconnaît avoir testé la contagion émotionnelle en "manipulant" le flux d'actualité de 690 000 de ses abonnés pendant une semaine en 2012. Une pratique conforme aux termes d'utilisation signés par les utilisateurs, se défend le réseau social.
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Facebook a soumis 690 000 abonnés à une manipulation émotionnelle en 2012
Facebook a soumis 690 000 abonnés à une manipulation émotionnelle en 2012 © Pshab - Flickr - CC

Petits tests émotionnels entre amis. Facebook a mené une expérience de masse, en janvier 2012, sur près de 690 000 de ses membres. Pendant une semaine, à l'initiative d'un "data scientist" de Facebook et de deux chercheurs universitaires, le  flux d'actualité des "cobayes" a été modifié, sans qu'ils en soient informés. Une partie a reçu des publications à connotation positive, l'autre moitié des messages négatifs. Objectif : tester la "contagion émotionnelle" sur les réseaux sociaux. Pour schématiser, certains membres du réseau social ont donc passé une mauvaise semaine, sans trop savoir pourquoi, tandis que d'autres ont vu (un peu plus) la vie en rose.

Cette expérience était restée secrète jusqu'à la publication de l'étude sur le site du PNAS (Proceedings of the National academy of science of the United states of America). La parution, au début du mois de juin, est d'abord passée inaperçue. Mais il a fallu que quelques fins limiers ne mettent la main sur le document pour qu'il se propage, comme une trainée de poudre, dans les dernières 72 heures, provoquant l'indignation générale.

facebook se défend

Pas de quoi fouetter un chat, répond en substance Facebook, qui se défend en expliquant que l'utilisation de données "à des fins scientifiques" ou d'amélioration de service fait partie de ses conditions générales d'utilisation. "Nous menons des recherches pour améliorer notre service et faire en sorte que les contenus que voient les gens sur Facebook soient les plus pertinents et engageants possibles", a déclaré un porte-parole de l'entreprise à Forbes. "Une partie de ce travail consiste à comprendre comme les gens réagissent à différents types de contenu, qu'il soit de tonalité positive ou négative, des postes de leurs amis ou informations publiées par les pages qu'ils suivent". Le réseau social précise que les données ont été anonymisées.

L'affaire pose la question de ce à quoi un abonné consent réellement lorsqu'il adhère aux conditions générales d'utilisation d'un service et l'interprétation qui peut en être faite par celui-ci. Les CGU de Facebook compte 9000 mots et la possibilité de voir ses données utilisées pour des études scientifiques est mentionnée en une seule phrase, sans être détaillée.

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