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Facebook maintient le chiffrement de bout en bout sur ses applications de messagerie

S'adressant aux gouvernements américain, britannique et australien, Facebook annonce qu'il n'accédera à leur demande d’obtenir un accès aux conversations se tenant sur ses services de messagerie. Malgré le maintien du chiffrement de bout en bout, il se dit prêt à collaborer.
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Facebook maintient le chiffrement de bout en bout sur ses applications de messagerie
Facebook maintient le chiffrement de bout en bout sur ses applications de messagerie © Sam Azgor – Flickr – C.C

C’est une fin de non-recevoir. Dans une lettre rendue publique lundi 9 décembre 2019, Facebook a indiqué aux gouvernements américain, britannique et australien qu’il ne compte pas mettre un terme au chiffrement de bout-en-bout sur ses applications de messagerie comme ils lui avaient demandé. Le groupe de Mark Zuckerberg estime, en effet, qu’il est techniquement impossible de créer une porte dérobée (backdoor) qui permettrait aux autorités d’accéder aux échanges entre utilisateurs, tout en garantissant qu'elles seules y auront accès.

 

DES MESURES PRISES EN INTERNE

"Il est impossible de créer une telle porte dérobée dans un seul objectif, sans imaginer que d’autres essaient de la détourner, écrivent ainsi Will Cathcart et Stan Chudnovsky, respectivement à la tête de WhatsApp et de Messenger. Les correspondances des utilisateurs seraient moins protégées et les vrais gagnants seraient les personnes qui cherchent à tirer parti de cet affaiblissement de la sécurité. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons envisager."

 

Facebook a profité de cette communication officielle pour mettre l’accent sur ses "efforts et investissements en matière d’intelligence artificielle et de modération réalisée par des humains". Ce qui permettrait à WhatsApp de détecter et bannir 2 millions de comptes tous les mois sur la base d’abus et non-respect de la charte d’utilisation du service.

 

Une position alignée sur Google, Apple et Microsoft 

Le groupe de Mark Zuckerberg s’est, par le passé, dit inquiet qu’une telle mesure permette aux régimes totalitaires d’intensifier la répression envers les opposants politiques, les dissidents ou encore les journalistes... "quand elle ne représente pas un cadeau aux criminels", a-t-il ajouté. Facebook et ses filiales veulent néanmoins montrer leur bonne volonté à aider les pouvoirs publics. Chacun a exprimé son désir de leur prêter main forte dès lors que leurs requêtes s’inscrivent "à la fois dans un cadre légal et qui ne porte pas atteinte à la sécurité" des membres de sa communauté. Le groupe a assuré que des ponts existent entre ses applications pour suspendre tout accès à un potentiel malfaiteur.

 

Comme le réseau social, Google, Apple et Microsoft ont, eux aussi, fait part de leurs refus de partager de tels accès avec les autorités. Aucun des trois gouvernements requérants n’a, pour l’heure, réagi à la lettre de Facebook. Difficile d’imaginer qu’ils se contenteront d’accepter une telle décision. Face à un manque de coopération des géants du numérique, leur restera alors la possibilité de légiférer sur la question. L’Australie a d’ores et déjà voté une loi permettant à la police d’accéder aux messages dans certaines conditions. Le Royaume-Uni en a proposé une allant exactement dans le même sens.

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